L’école Peyrefitte est au maire d'Aix les Bains ce que le sparadrap était au capitaine Haddock

Et ça ne va pas le lâcher, pour le plus grand malheur des finances de la Ville...

... Et peut-être aussi le sien !


L'information aurait presque pu passer inaperçue. Voici quelques jours, le très discret Hebdo des Savoie publiait une double interview, celle du maire et celle de la dirigeante de l'école d'esthétique. Il y était question du report (de l'annulation?) des travaux annoncés et promis dans le cadre de la rénovation des Anciens Thermes. Des travaux qui auraient dû déjà commencer et qui sont pourtant remis au calendes grecques.


Douze ans. Douze ans que la manipulation dure. C'est au printemps 2005 que le député-maire d'Aix les Bains a confirmé son intention de faire racheter les bâtiments des Anciens Thermes par la Ville à l'Etat. Pour concrétiser cette volonté partagée, l'Etat, via le préfet de la Savoie, acceptait alors d'accorder à la mairie une autorisation d'occupation temporaire (A.O.T.) des bâtiments. Aussitôt Dord s'engouffrait dans cette brèche. Il installait divers services municipaux ou para municipaux dans les lieux. Il proposait à l'hôpital de Chambéry d'y monter une annexe psychiatrique. Il lançait une foultitude de promesses en tout genre, comme celle de créer dans les lieux un dojo départemental, qui s'en souvient? Ça partait dans tous les sens, un véritable concours d'idées plus ou moins farfelues. Personne n'y comprenait rien. Quel était alors l'avenir des bâtiments: public? privé? commercial? social? sportif? administratif? Nul ne pouvait le dire.
Cerise sur le gâteau, en 2005 Dord concédait à la société ITCC-Peyrefitte un droit d'installation dans les lieux quasiment à vie.


Dès lors, la convention signée avec l'école d'esthétique en 2005 n'allait plus le lâcher comme le sparadrap avec le capitaine Haddock.

Dans notre article mis en ligne le 29 janvier dernier (voir ICI) on n'hésitait pas à laisser entendre que la société ITCC Peyrefite avait le sort de Dominique Dord entre ses mains. A tout moment la Sté peut exiger de lui qu'il tienne l'engagement qu'il a (imprudemment et illégalement) signé il y a 12 ans. A savoir de transformer une simple autorisation d'occupation temporaire à un loyer ridicule en un bail commercial à vie aux mêmes conditions financières. Et, cela, les dirigeants de Peyrefitte l'ont très bien compris. C'est d'ailleurs le message qu'ils ont entendu faire passer à travers l'article de l'Hebdo des Savoie:


Ils ont raison de ne pas être inquiets, les Peyrefitte suite aux revirements de l'ex-trésorier de l'UMP. Le projet de Dord avec Bouygues SA, celui que le maire a fait adopter par son conseil municipal en juin dernier, a du plomb dans l'aile. Ce projet consistait à faire réaliser par Bouygues des travaux dans l'aile sud du bâtiment afin d'y reloger la société Peyrefite, alors contrainte de quitter les locaux qu'elle occupe depuis plus de 10 ans. Le permis de construire devait obligatoirement être déposé avant la fin de l'année.

Une promesse jamais tenue

Or Bouygues n'a pas déposé le moindre permis, ce qui fait dire à certains que l'accord passé entre la mairie et la multinationale du BTP serait d'ores et déjà caduc. Il est vrai que la SA Bouygues a eu l'impression qu'on l'avait un peu bernée en lui laissant croire que l'école d'esthétique était prête à "mettre le prix" pour acquérir ses nouveaux locaux. Seulement, quand on lui a présenté le devis, la famille Peyrefitte a fait semblant de tomber de sa chaise. Près de 7 millions d'euros pour 3000 mètres carrés, cela alors qu'en 2012, et devant notaire, Dominique Dord s'était engagé à leur revendre les actuels locaux (1800 mètres carrés) pour 750.000 euros...
C'était à l'issue d'un déjeuner (bien arrosé?) entre le représentant du député-maire aixois et le délégué général de l'Ecole ITCC Peyrefitte, en présence du notaire de la mairie d'Aix-les-Bains. Alors qu'une convention signée en 2005 prévoyait que Peyrefitte obtiendrait un bail commercial dès que la Ville serait propriétaire des lieux, les deux parties avaient finalement convenu ce jour-là qu'il était préférable que la société devienne propriétaire des 1800 mètres carrés qu'elle occupait depuis 6 ans. Un prix plancher de cession avait été arrêté par le député-maire à 400 euros le mètre carré, un prix qui avait été accepté par le représentant de la société. La scène se déroulait à l'été 2012.
Un an plus tard, ne voyant toujours rien venir, le délégué général relançait directement le député-maire et demandait à ce que l'acte de vente soit enfin conclu. L'accord tacite passé devant notaire ne sera jamais entériné...

me l'architecte a jeté l'éponge


On peut alors comprendre pourquoi les Peyrefitte ont refusé une nouvelle offre à 7 millions d'euros: "Je me demande même comment on a pu nous proposer un tel montant", fait semblant de s'indigner Carole Peyrefitte avant de se moquer ouvertement de la mairie et de son manager  "Nous sommes une entreprise privée, nous ne tournons pas avec des fonds publics". Le député-maire a dû apprécier l'allusion à peine voilée à sa façon de dépenser allègrement les fonds publics.

Du fait de ce refus, Bouygues a renoncé à réaliser les travaux prévus et n'a pas déposé le permis de construire. Pour ne rien arranger, face à ces changements de cap, le cabinet d'architecte Patriarche vient de jeter l'éponge. C'était pourtant lui qui s'était battu pour faire accepter le projet aux Bâtiments de France.

Une nouvelle facture de 10 millions d'euros pour la Ville

Dans ces conditions, Bouygues SA a pu envisager un temps de se retirer purement et simplement de cette histoire de fou. Toutefois, pour maintenir les apparences, le groupe du BTP a avancé une nouvelle proposition au député-maire: commencer le chantier par l'extension du parking souterrain à partir de celui de l'hôtel de ville. Ils ne sont pas idiots chez Bouygues. En faisant cette proposition ils ne risquent pas leurs propres finances: les 10 millions d'euros de coût prévisionnel de ce parking sont entièrement à la charge de la Ville! Aïe, aïe, aïe...
Et pourtant, Dord serait prêt à accepter cette proposition. Du moins dès qu'il aura réglé un autre problème. On vient en effet de découvrir que le sous-sol où est prévu le futur parking n'appartient ni à la Ville ni aux Thermes mais... au Département! Et personne ne s'en était aperçu plus tôt!

Si même les Pieds Nickelés s'en mêlent...

Pour l'heure, c'est donc le retour à la case départ.
Le député-maire serait d'ailleurs contraint de faire revenir le sujet devant le conseil municipal le mois prochain. Pour lui, l'important c'est que le scandale n'éclate pas à la veille des élections législatives. Il est vrai qu'avec cette affaire, le candidat perpétuel qu'est Dominique Dord risque peut-être encore plus de déboires que son maître à penser n'en a connus avec son Penelope-gate.


à suivre: CONCUSSION, un vilain gros mot ?

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