l'humeur du week-end: NOUS SOMMES TOUS DES BENJAMIN GRIVOIS

ET ÇA SEXE PLIQUE

14 février 2020

Une affaire politique? Non! Une affaire de corne cul !

Ah, qu'ils étaient pitoyables tous ces personnages qui, dès l'annonce de la démission de Benjamin Griveaux, s'indignaient en prétendant que la démocratie était en danger.
La démocratie, mon cul, leur aurait répliqué Zazie avant de monter dans le métro.


Diffuser sur internet, sans le consentement du principal intéressé, des images à connotation sexuelle et très personnelles, c'est dégueulasse. Pas de doute la-dessus.
L'auteur de cette diffusion et ses complices méritent d'être trainés devant un tribunal et d'être condamnés pour atteinte à la vie privée. Un poing sur la g... c'est tout.
Une fois que c'est dit, voir ses parties génitales exposées contre son gré, on peut comprendre que cela ne fasse pas (forcément) plaisir. Mais il n'y a pas de quoi non plus en faire des tonnes, ni des "éditions spéciales" sur des radios nationales, ni des heures d'antenne et de débat sur les télés publiques et privées. Après tout, tout le monde à un sexe.
Et pour ce qui est de ce que les autres en font, ONAN à rien à foutre faire.

Et d'ailleurs, par solidarité avec le Benjamin, en voilà un exemplaire tiré de la collection personnelle de l'auteur de ces lignes et qui n'en a pas honte:

Bon, c'est vrai que si cette exhibition sexuelle est accompagnée de commentaires laissant entendre que le propriétaire de ces attributs entretient une relation sexuelle avec une autre personne que sa conjointe, on comprend que ça devient tout de suite plus gênant pour l'intéressé.
Mais quel est le rapport avec la politique si cette relation a eu lieu avec une personne majeure et consentante? Aucun. Découvrir qu'un homme (politique ou pas) peut avoir des relations sexuelles imagées avec une femme autre que son épouse ce n'est pas une information. C'est une banalité, à défaut d'une évidence.
Et pourtant, ce vendredi, toute la classe politique française a donné son avis sur la diffusion (très très restreinte) d'images scabreuses de B. Griveaux, depuis candidat démissionnaire à la mairie de Paris.

Dans cette occurrence, on se dit que le candidat Griveaux aurait beaucoup mieux fait de se placer en victime et de ne pas démissionner. Les électeurs auraient pu comprendre ce moment d'égarement et cela ne pouvait que lui faire gagner des voix. Dans cette occurrence, aurait-il reçu alors le soutien de tous ses adversaires, même les plus déterminés? Peu probable. C'était facile de pleurer sur le sort d'un Griveaux qui n'était plus un rival, sans doute moins facile de venir à son secours s'il était resté candidat.

Finalement ils sont bien contents de l'aubaine ces politiciens, hommes et femmes confondues. Leur feinte indignation et leur feint soutien leur permet de jouer à leur tour les victimes, de prétendre que la démocratie serait en danger à cause de cette atteinte à la vie privée. Et d'en profiter pour dénoncer l'acharnement des "réseaux sociaux" et d'une "certaine presse", sans jamais la nommer. Même celle qui se contente pourtant de fouiller dans leurs affaires bien publiques. Comme une presse qui révélerait qu'un élu ou un candidat aurait embauché sa femme, ou qu'il ferait de fausses déclarations et qu'il mentirait effrontément, par exemple...
Et, à la réflexion, on se demande si ce curieux étalement de la vie privée de Griveaux n'arrange pas tout le monde politicien. Et pas seulement ses adversaires directs.

Quant à la (petite) histoire, elle retiendra que cet étalement de sa vie privée a fini par chasser Griveaux du Paradis parisien auquel il aspirait.
Un peu comme Adam et Eve...


Adam et Ève chassés de l'Éden est une fresque réalisée par Masaccio en 1424-1425  (photo extraite de la collection de l'auteur)

Adam et Eve ont été chassés du Paradis parce qu'ils avaient joué avec leurs parties sexuelles. Ô quelle bonne blague! Aujourd'hui cette fresque est même exposée dans une église. Oui, une église. Elle figure sur un pilastre de la chapelle Brancacci de Santa Maria del Carmine à Florence.
Moralité: on a moins de fausse pudeur dans les églises italiennes que dans le microcosme politique français.

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