Chronique du Confinement:


Le nouveau syndrome de Stockholm a frappé

29,1 millions de téléspectateurs ont écouté E. Macron lors de son intervention télévisée du 24 novembre leur annoncer qu'il allait bientôt les libérer... Du moins si ils continuaient à bien se tenir.


Voilà qui fait penser au syndrome de Stockholm.
Tout comme les virus, les syndromes peuvent aussi muter.

J.C.



23 novembre
A défaut d'être solaire, une présidence un peu Solère

En plein confinement  (qui ne va pas s'arrêter là) la bonne presse nous apprend (sans sourciller) que le député Thierry Solère, ex-chiraquien, ex-sarkoziste, ex-filloniste, ex-jupéiste et (futur ex?) macroniste, vient d'être appelé à l'Elysée par le président de la république pour conseiller ce dernier dans ces moments difficiles où le pays court à vau-l'eau, moralement et financièrement.

Que voilà une bonne nouvelle qui devrait réjouir tous ceux que la politique actuelle mène au bord du gouffre!

Est-il utile de rappeler que Solère est vraiment l'homme de la situation puisque, comme le soulignaient quelques titres de la presse voici juste quelques mois:

...Eh, oui! Le député Solère a été mis en examen pour fraude fiscale, détournement de fonds publics par dépositaire de l'autorité publique et trafic d'influence, des faits présumés commis entre 2003 et 2017. Rien de moins que tout cela!

Et après on s'étonnerait de constater que la Çolère monte dans le pays?

Que conclure de ce choix? Qu'il n'y a plus de gens réputés honnêtes pour se mouiller avec la présidence actuelle et qu'à l'Elysée on fait "les fonds de tiroirs"?
Ou quelle autre version encore plus incongrue?

J. Cérien

* Le professeur Jean Cérien est diplômé de la faculté des Sciences étranges, docteur honoris causa de la faculté de Se Taire (Wisconsin) ou encore membre éminent de la faculté Lipton Earl Grey. Il lui est parfois reproché de n'avoir fréquenté ni la faculté de médecine, ni celle de théologie pas plus que celle des Sciences Humaines. De là à prétendre que le professeur Jean Cérien n'aurait pas toutes ses facultés, cela reste à démontrer. Et en tout cas pas moins de facultés que ceux qui ont pignon sur écrans de télé.




22 novembre

Déclinaison n'est pas raison

J'ai connu (pas personnellement j'en conviens) tous les présidents de la cinquième république. Quand je les énumère de façon chronologique, je comprends le sens du verbe décliner.
Charles de Gaulle a combattu sur le front pendant la guerre 14-18 et a été fait prisonnier. Dans la guerre contre l'Allemagne nazie, il reste l'homme du 18 juin 1940. Celui qui permit à la France de se ranger parmi les vainqueurs en 1945. Il est aussi celui qui mit fin à la guerre d'Algérie.
Georges Pompidou a participé comme officier aux combats contre l'Allemagne nazie en 1940. Il sera plus tard décoré de la Croix de Guerre.
Valérie Giscard d'Estaing a participé, comme engagé volontaire, aux combats pour la libération de la France au printemps 1945. Il recevra lui aussi la Croix de Guerre.
François Mitterrand était officier au début de la guerre 39-45. Il fut fait prisonnier. Par la suite, après avoir reçu la Francisque, il entrera en résistance sous le pseudonyme de Morland.
Jacques Chirac, alors qu'il aurait pu y échapper, s'est volontairement engagé dans l'armée lors de la guerre en Algérie. Il a pu en mesurer les atrocités. Est-ce pour cette raison qu'en 2003 il s'opposa à la guerre en Irak?
Nicolas Sarkozy, à défaut d'avoir fait un vrai service militaire (il passait la cireuse à l'intendance) a été à l'origine du déclenchement de la guerre en Libye.
François Hollande, après avoir été réformé pour myopie, a fini par se faire accepter dans l'armée et obtenir le grade de lieutenant sans jamais avoir porté les armes. En 2015, après le Bataclan, il a réuni une vingtaine de chefs d'Etat autour de lui pour mener la guerre contre le terrorisme.
Emmanuel Macron n'a pas accompli de service militaire. En mars 2020 il a déclaré "Nous sommes en guerre". Il a désigné l'ennemi: un virus! Et il a enrôlé Jean Castex comme ministre désarmé.
La France de Macron est aujourd'hui le seul pays à exiger de ses citoyens une attestation de déplacement. Aucun chef d'Etat français avant lui n'avait jamais osé pareille restriction de liberté.

Décliner: 1) tendre vers sa fin. 2) s'affaiblir. (les dictionnaires).
Exemple: De Gaulle puis Pompidou puis Giscard puis Mitterrand puis Chirac puis Sarkozy puis Hollande et enfin Macron...
Fermez le ban.

J. Cérien


20 Novembre

Le jeu des citations célèbres:

Parmi ces dix citations, l'une est de Monsieur le Premier Ministre Jean Castex que le monde entier nous envie mais que personne ne vient nous enlever. Saurez-vous retrouver laquelle?
La réponse se trouve plus bas, sous la vidéo du professeur Raoult.


19 novembre

Les Fourberies de ...


- Que diable allaient-ils faire dans cette galère?
- Une méchante destinée conduit quelquefois les personnes.
(d'après Molière, Les Fourberies de Scapin)

Eh, oui, qu'allaient-ils faire dans cette galère, et, surtout, pourquoi nous ont-ils entraînés avec eux dans cette méchante destinée?
Pourquoi ces gens dont l'incompétence est désormais notoire, des gens qui n'avaient, pour beaucoup d'entre eux, aucune expérience de la vie réelle, pourquoi ces gens se sont-ils crus capables de prendre des décisions qui allaient engager pour longtemps le destin d'une nation, d'un peuple? Telle est la question.
L'Histoire, celle avec un grand H et une grande hache, tranchera un jour cette énigme. Hélas pas dans le vif mais dans ce qui sera alors le passé. Un passé bien décomposé.
On sait maintenant que tout cela finira mal et que c'est désormais la panique en ce pays d'Absurdie qu'on appelait jadis la France. Pour ceux qui prétendaient gouverner, il n'y a plus de solution, rien que des dilemmes. Au mieux, si l'on ose dire, des pis-allers. Sauf, bien sûr, à vouloir à tout prix confiner (sic) le pouvoir pour eux-seuls. Ce qui n'est pas le moindre danger.

En d'autres temps, en d'autres lieux, on aurait mené les mêmes du Capitole jusqu'au sommet de la Roche Tarpéienne.
Et leur sort en aurait été... jeté! Alea jacta est (rires)
C'était le bon temps de la démocratie.

J. Cérien


* Le professeur Jean Cérien est diplômé de la faculté des Sciences étranges, docteur honoris causa de la faculté de Se Taire (Wisconsin) ou encore membre éminent de la faculté Lipton Earl Grey. Il lui est parfois reproché de n'avoir fréquenté ni la faculté de médecine, ni celle de théologie pas plus que celle des Sciences Humaines. De là à prétendre que le professeur Jean Cérien n'aurait pas toutes ses facultés, cela reste à démontrer. Et en tout cas pas moins de facultés que ceux qui ont pignon sur écrans de télé.


18 novembre

Rendez-nous les choses de la vie

Les Choses de la Vie, c'était un film de Claude Sautet. Un film bouleversant.
Il apprenait, entre autres, à la génération vivant dans les années soixante-dix, à réaliser l'importance de ces multiples petites choses qui font le sel de l'existence. Le sourire de l'inconnu(e) qui passe, le plaisir d'une rencontre, la joie de se retrouver en terrasse avec les amis, ces longues soirées où l'on refait le monde, ces sorties à la campagne, ces roulades dans l'herbe, ces escapades au bord de mer, ce plaisir de pédaler en toute liberté. Cette sensation de humer l'air et de se sentir libre. De se sentir vivre, tout simplement.  Bref, toutes ces choses qui font le bonheur de la vie quotidienne, qui font aussi le sens d'une vie. Toutes ces choses dont on est en train de priver 60 millions de Français.

Il est vrai que pour les décideurs, les effets du confinement ne sont pas perceptibles. Ils continuent d
e vaquer à leurs occupations, ils se déplacent quand ils le veulent, comme ils le veulent. Ils invitent qui ils en ont envie à la table de leur ministère. Sans doute même retrouvent-ils, le temps d'un week-end, leur maison de campagne, loin des  citoyens ordinaires. Probablement, ou possiblement, n'ont-ils aucune idée des dégâts que leurs décisions absconses sont en train de provoquer chez nombre de gens simples. Encouragés par des faiseurs d'opinion stipendiés dont le revenu mensuel dépasse bien souvent le revenu annuel de la majorité des citoyens, nos gouvernants s'imaginent peut-être qu'ils sont au-dessus du lot. Meilleurs que les autres. Supérieurs. La science infuse incarnée dans leur personne.

Toutefois, pour un peu qu'ils prêtent l'oreille, ceux-là ne pourront plus plus douter longtemps que le pays est au bord de l'implosion. L'on ignore encore quand et comment cela se produira. Ce que l'on sait c'est que la situation que ce gouvernement imprévoyant a créée (avec la pénurie de lits et le re-confinement) ne pourra pas durer éternellement.
L'homme qui saute du quarantième étage peut bien se dire en passant devant le vingtième niveau que "jusqu'ici, tout va bien"... Plus dure sera la chute!

Il faut être sacrément imbécile ou outrageusement trop sûr de soi pour avoir laissé s'installer une telle situation sans avoir prévu auparavant comment en sortir.
Avant qu'il ne soit trop tard, qu'on nous rende vite le goût des choses de la vie.

J. Cérien



17 novembre

Arrêtons d'avoir peur


..

Sans commentaire.
Quand des gens intelligents parlent de ce qu'ils connaissent le mieux, les imbéciles font mieux de se taire.

 J.C.


Solution du jeu des citations: toutes sont de Coluche, sauf la numéro 8 qui est bien de Jean Castex à propos du confinement. A défaut de rester dans les mémoires comme premier ministre, il pourra y rester comme comique.



16 novembre
Quand on lui coupe les pattes la grenouille...


par le professeur Jean Cérien*


Avant propos: Le scientifique prit la grenouille, la posa sur la table et lui dit "saute". Et la grenouille sauta. Après lui avoir coupé une patte antérieure, le scientifique ordonna à la grenouille "saute!". Et la grenouille sauta. Il lui coupa la seconde patte antérieure et réitéra l'ordre. Et la grenouille sauta, plus difficilement, mais elle sauta. Il lui coupa une patte postérieure et cria "saute!". Et la grenouille sauta, de travers, mais elle sauta. Le scientifique lui coupa alors la dernière patte et relança son ordre. "Saute!". Il cria plus fort "Saute!". Mais la grenouille ne bougeait plus. Alors le scientifique prit son cahier d'observations et nota: quand on lui coupe les quatre pattes, la grenouille devient sourde.

L'histoire du jour
Les membres du CNPS (Conseil National Pseudo Scientifique) se retrouvaient en ce lundi matin dans la salle qui leur était réservée sous l'immeuble de la présidence. A l'ordre du jour une seule question: après avoir fait admettre aux citoyens du pays qu'ils devaient remplir une attestation pour s'autoriser à quitter leur domicile pendant une heure et à moins d'un kilomètre, qu'est-ce qu'on allait bien pouvoir inventer comme autre mesure absconse pour vérifier la docilité de ces braves gens.
Comme toujours -lors de l'ouverture des débats- les idées les plus farfelues destinées à faire rire les membres du Conseil fusèrent. Et si on les obligeait à remplir leur attestation en caractères gothiques et à l'encre de Chine, lança l'un. Ou à les remplir sur des billets de 100 euros qui seraient confisqués en cas de contrôle, lança un autre. Et pourquoi pas à se tatouer les dates de sorties autorisées sur le bras pour qu'il n'y ait plus de tricherie, dit encore celui-ci. Ou à les obliger à se déplacer à cloche pied... surenchérit un autre. Ce fut un vrai festival d'hilarité mais bientôt il fut temps de passer aux choses sérieuses.
Une heure plus tard tous étaient tombés d'accord sur une nouvelle loi à programmer.
Considérant que les excès alimentaires conduisaient à des risques graves pour la santé, - obésité, maladies cardiaques, diabètes, cholestérol, et caetera, toutes pathologies entraînant la surcharge des hôpitaux-, désormais les Français devraient se limiter à ne prendre qu'un seul repas par jour. Ils devraient en outre rédiger une attestation précisant la quantité de graisse, de sucre, de sel, de féculent, de produits laitiers ou autres lipides qu'ils s'apprêtaient à consommer. Un décret en fixerait les normes. Cette attestation devrait alors être transmise par voie électronique aux autorités désignées avant de pouvoir passer à table. Les contrevenants seraient punis d'une amende de cinquième classe et d'une peine de prison en cas de récidive.
Après avoir relu le texte retenu par ses collègues, le secrétaire de séance prit la parole: "Ne craignez vous pas que ces mesures soient jugées inacceptables par les Français..." Les autres partirent dans un grand éclat de rire que le président de séance conclut par ces mots: "Qu'est-ce que des gens qui ont accepté de remplir et de signer une attestation pour être autorisés à quitter leur domicile pendant une heure afin de se rendre à moins d'un kilomètre de chez eux pourraient bien refuser de faire par la suite..."

Quand on leur coupe les pattes, les Français deviennent-ils sourds?

J. Cérien



14 novembre

L'improbable scénario devenu réalité

C'était en octobre 1990. Ludo venait d'épouse Aline. Une petite foule les avait accompagnés à la mairie. La salle était trop petite pour contenir tout le monde. Après la cérémonie il s'était formé un cortège. Les voitures étaient décorées de fleurs blanches. Les mariés avaient donné rendez-vous dans une auberge, à la sortie de la ville. Ils étaient une bonne cinquantaine d'invités à prendre place autour des grandes tables dressées dans une salle décorée de guirlandes et parsemée de fleurs. Tousétaient heureux de se retrouver. Certains des convives avaient fait plusieurs centaines de kilomètres pour la circonstance. Un cousin de la mariée et son épouse étaient même venus d'Australie. L'ambiance était chaleureuse. Le champagne et les vins fins faisaient bientôt rougir les joues et sauter les barrières. Entre les plats un orchestre invitait à danser sur la piste. Les corps se rapprochaient, se serraient. Vers minuit une folle farandole avait entrainé tout le monde à l'extérieur. Chacun reprenait à tue-tête le refrain à la mode "à la queue-leu-leu- à la queue-leu-leu".
Une voiture de police était passée près de là. Ses occupants avait regardé le spectacle en souriant. Pendant que certains des fêtards faisaient le tour du véhicule en continuant de chanter, un des convives avait pris une bouteille de champagne et avait offert une coupe aux trois policiers. Ils avaient trinqué à la santé des mariés avant de reprendre la route. Vive la mariée, avait même lancé un des policiers! Tout le monde était joyeux. Tous étaient heureux, insouciants. Confiants en l'avenir.
Quand ils sont revenus dans l'auberge ils ont aperçu un vieil homme qui était resté assis dans un fauteuil en osier et qui les regardait d'un air triste. Ludo, le marié, s'est approché de lui pour lui demander pourquoi il ne participait pas à la liesse.
Le Papy le regarda d'un air las et lui déclara: "Tu vois mon gars, dans trente ans, quand tes enfants se marieront, ils ne pourront pas avoir plus de six personnes autour d'eux, ni à la mairie, ni pour la réception. D'ailleurs, il n'y aura pas de réception. Et tu n'en seras même pas étonné. Tu ne seras pas étonné parce que cela fera déjà des semaines, des mois, que toi et les autres seraient privés de liberté. Tu te seras habitué à t'enfermer chez toi. Habitué à ne plus sortir à plus d'un kilomètre de ton domicile. Habitué à ne pas profiter de cette autorisation pendant plus d'un heure. Habitué à devoir te munir d'une attestation pour avoir le droit d'errer pendant une heure maximum. Habitué à voir des policiers armés jusqu'aux dents vérifier que tu obéis bien aux nouvelles règles. Habitué à ne plus pouvoir aller chez le coiffeur, à ne plus pouvoir te rendre à la librairie. Ta femme se sera habituée à ne plus pouvoir se rendre chez son esthéticienne. Autour de toi les élèves, les collégiens, les lycéens se seront, tout comme toi pour aller au boulot, habitués à se rendre en cours avec des masques chirurgicaux sur le visage. Vous vous serez tous habitués à ne plus vous arrêter pour entreprendre un dialogue avec les autres. Habitués à ne plus avoir le droit de vous rassembler, à ne plus vous retrouver en famille. A ne plus vous étreindre. Vous vous serez habitués à ce que l'Etat menace
de lourdes peines d'amende et de prison ceux qui ne respecteraient pas ces règles..."

En entendant cela, tous les convives sont partis d'un grand éclat de rire. Ils ne l'ont pas laissé finir. Nul n'en doutait, Papy déraillait complètement. Il avait sûrement abusé de l'alcool. Jamais une telle situation ne pourrait se produire dans ce pays dont les Lumières avaient éclairé le monde. Ce pays des Droits de l'Homme et dont la devise était "Liberté, Egalité, Fraternité". En ce mois d'octobre 1990, tous en auraient mis leur main au feu.

Ouille, ouille, ouille, ça brûle!

J. Cérien




13 novembre
Le silence des agneaux.

Vous entendez leur silence? Il est assourdissant. Il en fait mal aux oreilles.
Il est passé où le Martinez, la grande gueule de la CGT? Et qu'est devenu le bon Berger de la CFDT? Et le Veyrier de la prétendue Force ouvrière? Et les autres? Tous les autres défenseurs de la classe ouvrière?

Il n'y a donc rien qui les gène? Non? Même pas le fait que les droits des travailleurs qu'ils sont censés défendre sont bafoués, foulés aux pieds. Quasi enterrés.
Ils vivent peut-être ailleurs, nos leaders syndicaux? Alors on va leur raconter ce qui se passe dans ce pays.

On va leur apprendre qu'en Fr
ance, en cet automne 2020, on oblige (oui, oui, on oblige) les travailleurs à se rendre à l'usine, au bureau (sauf pour les rares qui peuvent télétravailler), sur les chantiers ou encore dans les super ou hyper marchés. Ou dans les établissements hospitaliers. Et pour cela, on les oblige à prendre des métros, des bus, des trains, surpeuplés. Ou bien à faire des kilomètres en voiture. A l'aller avec retour dans les mêmes conditions. Entre temps ces travailleurs auront passé sept ou huit heures à proximité (malgré la fameuse distanciation) de leurs autres collègues ou des clients. Ou des patients. C'est leur vie, laborieuse.
Mais quand arrivent le week-end ou autres jours de repos hebdomadaires, alors là, plus question pour ces travailleurs de prendre la voiture ou un transport en commun pour aller respirer un peu d'air pur. Plus question de profiter de plus d'une heure de loisir, plus d'une heure de détente ou de sport en dehors de chez soi et à plus d'un kilomètre.Quant à ceux qui auraient sacrifié leur vacances d'été en pensant profiter du mois de novembre pour s'offrir un dépaysement, pour ceux-là, c'est la double peine. Congés payés mon cul, aurait dit une héroïne de Raymond Queneau.
C'est quand même curieux. On croyait que le repos hebdomadaire et le droit aux congés payés faisaient partie des luttes sociales revendiquées par les syndicats. Et voilà qu'un gouvernement a décidé que le repos hebdomadaire se passerait at home, même si ce n'est pas un très sweet home. Et que les congés payés ce serait à domicile. Do mi si la do ré, on connaît la musique. Et puis, rien, rien que le silence?
Et on n'a toujours pas entendu un leader (rires) syndical se prononcer à propos de ces ukases gouvernementaux. Tant il est vrai que qui gouverne ment tôt. Ou tard...
Il est vrai aussi que l'on n'a pas davantage entendu les syndicats de police...
Mais on en parlera plus tard de ceux-là.

J. Cérien





11 novembre


Vivre et laisser mourir

Selon des statistiques officielles il y a eu un peu plus de 600.000 morts en France en 2019. Soit près de 2.000 par jour. Ou 12.000 par semaine. Ou 63.000 par mois. Et cela n'effrayait personne. Il faut dire qu'on n'en tenait pas une comptabilité au jour le jour répercutée par des médias.
Ce nombre est en constante augmentation depuis des années compte tenu que la population n'a cessé d'augmenter et en même temps de vieillir. Ainsi, s'il  y a davantage de morts en 2020 que les années précédentes ce sera essentiellement dû à la démographie.

Parmi ces morts, on en dénombre chaque année quelque 70.000 dont le décès serait dû au tabagisme. Et pourtant, en ces temps de confinement, on continue de vendre des cigarettes dans des emballages où il est imprimé en gros caractères "Fumer Tue!"
On en compte à peu près 45.000 qui auraient succombé en raison d'une trop grande consommation d'alcool. Pendant le confinement on continue de vendre dans les super-marchés des bouteilles de pastis, de rhum ou de whisky, breuvages qui seraient, paraît-il, des fournitures essentielles. De fait, au lieu de boire un verre ou deux au bistrot, on peut juste se péter la gueule peinard chez soi à moindre coût. Et tant pis pour l'entourage.
Chaque année on dénombre aussi près de 12.000 morts par suicide. Des suicides souvent dus à la solitude, à l'angoisse, à l'absence de lien social, au désespoir financier ou autre perte d'emploi ou de reconnaissance. Des situations rendues plus extrêmes encore par le confinement.
A ceux-là on peut ajouter une vingtaine de milliers de morts par accidents dits domestiques, du latin domesticus, à la maison. C'est sans doute pourquoi notre gouvernement oblige actuellement les gens à rester chez eux.
Enfin, on notera une autre statistique incontournable: la durée de vie moyenne des Français tourne autour de 85 ans. C'est une moyenne. Mais c'est aussi la moyenne d'âge des morts par Covid comme on oublie de nous le rappeler.
En résumé, une seule évidence s'impose: la vie est une maladie mortelle.
Il faut donc se hâter d'en profiter. Pleinement. Sans contrainte excessive. En liberté.
Alors, messieurs du pouvoir, arrêtez de faire peur et d'enfermer vos concitoyens. Arrêtez d'emmerder les Français comme disait Georges Pompidou. 

Ou encore, VIVRE ET LAISSER MOURIR comme le proclamait l'agent 007


J. Cérien
 



10 novembre

Soudain, la nostalgie de la RDA


Dans les années soixante dix l'auteur de ces lignes a eu l'occasion, pour des raisons purement professionnelles, de se déplacer au sein de feue la République Démocratique allemande (RDA). Tout, ou presque, dans ce pays y était contraste avec ce que l'on vivait dans notre monde occidental.

Cela commençait à la frontière. Côté Ouest, des militaires américains débonnaires contrôlaient les passeports et s'assuraient que nous avions tous un visa en règle. Et ils nous souhaitaient bon courage en nous laissant partir après avoir levé une simple barrière. Après la traversée d'un "no man's land" d'une centaine de mètres, c'était changement de décor. Côté Est le comité d'accueil semblait avoir revêtu les uniformes, les casquettes ou les casques de sinistre mémoire. Nous qui n'avions connu la guerre qu'à travers des films, on aurait pu se croire revenus trente ans en arrière. Nous étions bientôt entourés d'une patrouille en arme qui faisait d'abord le tour de la voiture comme pour compter le nombre de passagers. On aurait voulu forcer le passage que, devant nous, d'imposantes barrières hérissées de pointes métalliques nous auraient retenus. Et puis les autres n'avaient pas l'air de rigoler avec leur arme dirigée en notre direction. Bientôt on nous réclamait nos ausweiss, en l'occurrence nos passeports qui allaient être contrôlés. Méticuleusement. Longuement. En s'assurant, de près, que la photo correspondait bien à son porteur. Puis un engin roulant, genre de cric de mécanicien mais muni de miroirs, se baladait sous la voiture pour vérifier que personne ne s'y était caché. Après la vérification de la durée de notre séjour sur le visa, nous étions invités à changer nos marks ouestcontre des marks est. A l'époque le mark est n'avait aucune valeur reconnue dans le monde occidental. La somme ainsi échangée était, nous disait-on, destinée à pourvoir à nos besoins pendant que nous serions sur le territoire de la RDA. Nous n'allions pas tarder à découvrir que certains commerçants de l'est acceptaient d'autant plus volontiers nos marks de l'ouest qu'ils savaient comment les utiliser. Il existait en RDA quelques magasins appelés Intershop et réservés en principe aux oligarques et aux étrangers. C'étaient les seuls commerces où l'on pouvait se procurer des produits de l'ouest alors inaccessibles aux citoyens locaux de base. A condition de payer avec des devises étrangères. Faut-il dire aussi que notre Opel Kadett de base faisait un rude effet au milieu des Traban..?

Pendant toute la durée de notre séjour nous avons été régulièrement contrôlés et surveillés. Dans les hôtels il y avait même une sorte de police secrète, souvent tenue par des matrones, des chaisières plutôt. Elles étaient chargées de veiller à ce que les Allemands (et surtout les Allemandes en ce qui concernait notre équipe de mâles) ne viennent pas se corrompre en notre compagnie. Cela ne nous a pas empêchés de faire de belles rencontres et de découvrir que le voeu le plus cher de ces gens c'était d'aller vivre à l'ouest.
En RDA personne ne manquait du nécessaire. Les transports publics étaient quasiment gratuits. Les écoles formaient des têtes bien faites. Il y avait des logements et du travail pour tous, pas de chômage. Pas non plus de problèmes de vandalismes. Sur les bords de la Baltique il faisait bon se prélasser au soleil ou se baigner. Les citoyens de l'est qui le souhaitaient pouvaient (presque librement) traverser le pays dans tous les sens. Ceux qui en avaient les moyens pouvaient même voyager dans les autres pays de la galaxie soviétique.

Et pourtant il régnait en RDA une forme de tristesse et de résignation qui nous a tous marqués et qui a perduré longtemps après notre retour en occident. Quel soulagement quand, selon un protocole encore renforcé, nous avons franchi la frontière dans l'autre sens. On retrouvait l'ouest et bientôt la France. Et on
mesurait à quel point nous avions la chance de vivre dans un pays de liberté, même si la fin des Trente Glorieuses annonçait des lendemains plus difficiles.

Pourquoi cette anecdote vieille de près d'un demi siècle? Parce qu'en ce mois de novembre il me paraît soudain qu'il devait être plus agréable de vivre en RDA dans les années soixante dix qu'en France en 2020. En RDA, en dépit de leur aussi pitoyable classe dirigeante, les citoyens avaient au moins l'espoir.

J. Cérien




9 novembre


Félicie aussi

Félicie venait de fêter ses 82 automnes. Toujours d'humeur guillerette, elle mettait un peu de joie partout où elle passait. Ce matin-là, en sortant de la boulangerie, Félicie avait baissé son masque pour respirer un peu d'air frais. Elle avait poursuivi son chemin pendant quelques dizaines de mètres avec le masque sous le menton quand elle se retrouva nez à nez avec une patrouille de police.
Pour défaut du port du masque, le policier lui dressa un procès verbal. Combien cela va-t-il me coûter, demanda Félicie? Pas moins de 135 euros si c'est la première fois, répondit le policier. Mais c'est plus de 10% de ma petite retraite, gémit Félicie. Tant, pis, fallait respecter la loi, moi je ne fais que l'appliquer, répondit l'homme en uniforme.

La semaine suivante Félicie, portant bien son masque, effectuait sa petite promenade quotidienne d'une heure quand elle tomba sur une autre patrouille de police qui la contrôla. Sûre d'être dans son bon droit, Félicie montra l'attestation qu'elle avait laborieusement mais scrupuleusement recopiée à la main suivant un modèle que lui avait donné un de ses jeunes voisins d'immeuble. Après avoir vérifié son adresse, le policier sortit un smartphone pour constater, via un GPS, que Félicie se trouvait très exactement à 1250 mètres de son domicile. Félicie fit valoir valoir qu'elle ne disposait d'aucun outil pour mesurer la distance parcourue et qu'elle se croyait dans les limites permises. Vous ne respectez pas la loi, je vais vous dresser un procès verbal,
lui asséna le policier intraitable. Encore, mais vous m'en avez déjà dressé un la semaine dernière et cela va encore me coûter 135 euros, plus d'un dixième de ma retraite, soupira Félicie! Ah, non! Si vous êtes en récidive, cette fois ce n'est plus 135 euros que cela va vous coûter mais 1500. Félicie blêmit. Mais c'est plus que ce que je perçois comme retraite par mois, pleura-t-elle. Je n'y peux rien, moi je ne fais qu'appliquer la loi, répondit le policier et vous, vous n'avez qu'à la respecter.
Félicie allait s'éloigner quand le policier la rappela. Et gare à vous si je vous y reprends. Car une prochaine fois, c'est 3750 euros d'amende que vous risquez, plus une peine de prison de 6 mois et des travaux d'intérêt général. Alors, à votre âge, vous feriez mieux de rester chez vous.

Félicie rentra chez elle. Elle se demandait comment elle allait faire pour payer les deux premières amendes. Cette perspective lui tirait des larmes. Quant à l'idée qu'elle pourrait être condamnée à davantage encore, voire à aller en prison, cela l'effrayait.
La peur s'était soudain emparée d'elle. La peur ainsi qu'un grand sentiment d'incompréhension et d'injustice. Déjà que ses petits-enfants n'avaient plus le droit de venir lui dire bonjour, alors à quoi bon vivre..?
Félicie cessa de rire ou de sourire. Elle décida ne de plus sortir de chez elle. Elle vécut les jours suivants dans une tristesse et une angoisse permanentes.

Deux semaines s'étaient écoulée depuis le dernier contrôle de police quand la factrice, constatant que la boite aux lettres de Félicie regorgeait de courriers et de prospectus divers, donna l'alerte.
Le concierge de la résidence, à qui Félicie, par prudence et
depuis longtemps, avait confié une clé, après avoir sonné et frappé en vain à la porte, se résolut à pénétrer dans l'appartement. A son entrée, Félicie resta figée dans son fauteuil, les yeux ouverts vers la fenêtre donnant sur la rue. Une rue où elle ne descendrait plus jamais.

Un médecin mandé sur place ne trouva pas d'explication à ce décès. Alors, comme Félicie avait cessé de respirer depuis plusieurs jours, comme cause de la mort on écrivit "Covid-19".

J. Cérien




8 novembre


la fabrique du consentement

Voici un demi siècle le professeur Stanley Milgran (Université de Yale, Connecticut) avait déjà théorisé la fabrique du consentement. Son expérience consistait à prendre des individus au hasard et à leur annoncer qu'ils seraient divisés en deux groupes. Un groupe, celui des sachants, donnerait des ordres, l'autre, celui des exécutants, serait censés y obéir.

Une fois en situation, le sachant recevait du professeur qui le surveillait et le dirigeait une liste d'ordres à faire réaliser, à distance, par un exécutant. Au début les consignes à respecter étaient simples et facilement suivies. Puis la difficulté commençait et l'exécutant hésitait. Le sachant devait alors lui infliger une légère décharge électrique. Au second manquement à la consigne, la décharge devenait plus forte. A la troisième erreur, la secousse électrique était si forte qu'elle provoquait des cris de douleur de l'exécutant. Le sachant, toujours sous l'autorité du professeur, était encouragé à ne rien céder. Au manquement suivant, la puissance de la décharge était telle que l'exécutant criait grâce. Encouragé par le professeur, le sachant n'en poursuivait pas moins son rôle. Jusqu'au quasi évanouissement de l'autre sous la puissance de la décharge.

L'expérience fut ainsi menée avec un certain nombre prétendus "sachants" choisis au ha
sard. Une forte propension d'entre eux ne montrèrent aucun scrupule ni aucun remords à punir sévèrement un inconnu qui n'obéissait pas à leurs ordres, conformément aux directives du professeur. Et même quand on leur révélait la supercherie (en réalité les exécutants étaient des complices du professeur et les décharges électriques n'étaient qu'un leurre) ils ne semblaient pas honteux d'avoir pensé maltraiter d'autres gens qui ne leur avaient rien fait, cela au seul prétexte que les ordres étaient venus d'en haut et qu'ils ne se discutaient pas.

S'ils s'en trouvent parmi les lecteurs qui verraient un rapprochement quelconque entre ce qui précède et les ordres idiots qui pourraient être donnés par un gouvernement et le fait que des policiers et des gendarmes pourraient veiller à ce que les citoyens ordinaires les respectent,
sous peine de leur infliger de lourdes et douloureuses sanctions <
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