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16 janvier 2012

Le « restaurant pour riche » qui fait scandale et laisse sans voix la  « gauche caviar »

 

Il n’a échappé à personne que nous allons vivre une période économique difficile, que de nombreux sacrifices vont être exigés des Français, que les dépenses publiques vont être sérieusement réduites tandis que les impôts et les charges diverses vont être amenés à augmenter ou à proliférer. Cela n’a échappé à personne sauf à un énergumène local et à quelques uns de ses affidés qui ont décidé de jeter l’argent des contribuables par les fenêtres pour satisfaire à leurs petits caprices, voire pour des opérations financières plus douteuses encore.

 

Une chose est sûre : si l’opposition* et l’ensemble de la presse locale s’emparaient véritablement du dossier dit de la Chambotte, cela ferait un tel scandale que le président de la CALB et d’autres seraient amenés à rendre publiquement des comptes, et finalement à démissionner. Car ce qu’on reproche aujourd’hui à Monsieur Dord c’est tout simplement de gaspiller pour des motifs non légitimes l’argent des contribuables.

Voyons d’abord les faits bruts tels que personne aujourd’hui ne saurait les contester.

Sous l’impulsion de son président, la Communauté d’agglomération du Lac du Bourget (CALB) a décidé de racheter le restaurant du belvédère de la Chambotte pour 1,2 million d’euro, puis de le détruire afin d’en reconstruire un autre au même endroit pour un montant de travaux de 1,2 million d’euros, hors équipement intérieur. En résumé : la collectivité publique va se rendre propriétaire d’un restaurant d’une capacité de 50 couverts, situé en dehors des limites géographiques de la CALB, pour une dépense totale de plus de 2,5 millions d’euros. Deux millions et demi d’euros, pour le rachat d’un restaurant, on dit bien d’un restaurant et de rien d’autre, à ce stade de l’information, les contribuables devraient se poser déjà quelques questions.

Un resto privé = 2,5 million d'euros. Normal?

Premièrement : est-ce que la CALB a vocation, avec l’argent public, à racheter un restaurant, qui plus est en dehors de sa zone de compétence géographique ? La réponse est évidente : non ! Deuxième question : est-ce que par ces temps de rigueur, une collectivité publique peut dépenser 2,5 millions d’euros dans un « investissement » qui ne la concerne pas directement ? La réponse est encore non ! Troisième question : est-ce que Monsieur Dord, qui a empêché la collectivité publique locale aixoise de devenir propriétaire des Thermes nationaux et de tout leur patrimoine pour une somme équivalente au prix du rachat d’un modeste restaurant loin d’Aix les Bains, est un homme politique cohérent avec lui-même et avec les affaires publiques ? La réponse est non, et encore non. Autrement dit, jamais la collectivité publique aixoise n’aurait dû se lancer dans une telle aventure.

Mais il est un autre aspect de cette affaire qui risque de lui donner une bien curieuse tournure.

Naturellement, toute personne un peu sensée est amenée à se poser d'autres questions. Et surtout celle-ci: est-ce que la CALB a payé le « juste prix » en rachetant le restaurant à ses anciens propriétaires. Pour y répondre, un bref retour en arrière: après avoir connu une activité normale, le restaurant de la Chambotte était tombé bien bas. L’état des cuisines et autres installations sanitaires aurait même pu conduire les fonctionnaires de la Répression des Fraudes à demander sa fermeture administrative. Au point que les anciens propriétaires n'arrivaient pas à trouver un repreneur et qu’ils ont été bien « contents » de voir la CALB s’intéresser à eux (dans des conditions que l’on abordera dans un second article).

1,2 million d'euros pour un tas de ruines

Ainsi, pour un restaurant qui ne fonctionnait plus, qui était menacé de fermeture administrative et, qu’en fin de compte, elle a complètement rasé, la CALB a offert aux anciens propriétaires 1,2 million d'euros . Un million et deux cents mille euros pour un tas de ruines à déblayer, est-ce une bonne affaire ?

On peut aussi se demander quel serait le prix réel d'un restaurant de ce type en parfait état de recevoir du public. Pour répondre à cette ultime question, il suffit d’aller chercher sur internet les annonces de restaurants à vendre. Ce que nous avons fait. Et après 30 secondes de recherches, nous sommes tombés sur cette annonce:

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A vendre murs et fonds de commerce, emplacement privilégié, cadre très touristique et de renommée, avec nombreuses dépendances et parkings, le tout édifié sur un grand parc. Ce restaurant dispose d’une grande salle de 45 couverts au décor très raffiné, de deux salles plus intimes dont l’une voûtée (40 couverts) l’autre sous véranda (15 couverts), plus deux terrasses, l’une très ensoleillée donnant sur halte nautique et l’autre plus ombragée. l'annonce complète est accessible avec le lien suivant http://fonds-commerce.vivastreet.fr/annonces-commerce-pas-de-porte+marmande-47200/restaurant-a-vendre/28842250

Et savez vous à quel prix est proposé ce restaurant (murs et fonds) qui fait rêver? Serait-il cédé pour 2,5 millions d’euros comme à la Chambotte ? Non! Un million deux cents mille euros, peut-être alors? Non plus! On est même loin du compte. Le restaurant de l’annonce est proposé à 500.000 euros, soit cinq fois moins cher que ce que va coûter le restaurant de la Chambotte avec ses 50 couverts, sans parc, sans dépendances, sans clientèle. Précisons enfin que cette annonce, prélevée au hasard, est loin d’être exceptionnelle.

Rien qu’à cette aune, on mesure à quel point Monsieur Dord et sa bande ont embarqué les contribuables aixois dans une affaire totalement foireuse. On verra demain dans quelles conditions tout le monde s’est fait enfumer avec cette histoire et comment certains élus de la CALB n’hésitent plus à dire qu’ils regrettent de s’y être laissés embarqués.

Il y a quelques jours, un électeur d’une cité voisine réclamait la démission du maire de sa commune, lequel exigeait un casier judiciaire vierge d’un futur bistrotier alors que lui même avait été condamné pour malversations. Nous sommes sans doute là face à une affaire encore plus grave, tant dans son déroulement que dans ses conséquences. Qui réclamera le premier la démission de Monsieur Dord ?

(à suivre)

 

Un dernier pour la route : L’embarras de la gauche caviar aixoise

* Un restaurant de 50 couverts à 2,5 millions d'euros, c'est incontestablement un restaurant pour riches. En temps ordinaires, la gauche se serait emparée de l'affaire et aurait dénoncé avec virulence cette droite qui utilise l'argent public pour une telle dépense. Or, il est probable que l’opposition « de gauche » ne bougera pas dans cette affaire où certains de ses membres imminents sont englués jusqu’au cou.

Les quelques élus de la CALB étiquetés à gauche ont en effet admis sans sourciller toutes les étapes du rachat sur fonds publics du restaurant. Ainsi deux membres du bureau de la CALB, le conseiller général socialiste (JL Sarzier) et le conseiller régional socialiste ( A. Simonian), qui soutiennent F. Hollande dans sa rigueur morale (!), ont trouvé parfaitement normal qu’en ces temps de difficultés financières et budgétaires les contribuables aixois participent au rachat d’un restaurant privé à la Chambote pour 2,5 millions d’euros.

Quand des élus socialistes ferment les yeux sur deux millions et demi d’euros d’argent public gaspillés dans un restaurant privé, on ne peut s'empêcher de faire une allusion à « la gauche caviar » ?