20 septembre 2011
La vente qui ridiculise celle des TNAB et ses trois petits millions d'euros...
Le quotidien Sud-Ouest vient de consacrer une série d’articles à la vente d’un établissement thermal à Dax (Landes), articles dont la lecture vient méchamment contredire ceux qui prétendent encore que l’on a bien fait de céder les Thermes nationaux aixois à Valvital pour 3 millions d’euros. Comme personne d’autres à Aix n’osera faire la comparaison entre Aix et Dax, on va s’y intéresser ici.
Dax-Thermal est un petit établissement, comprenant un hôtel intégré, que l’on classerait dans la catégorie « familiale », avec une centaine de chambres 2 étoiles et une salle de restaurant pour les « pensions complètes ». Dax-Thermal emploie une cinquantaine de personnes, dont une vingtaine pour la partie soins thermaux, le reste pour l’hôtellerie ou la logistique. Dax-Thermal est l’un des quinze établissements autonomes qui font de Dax la première ville thermale de France avec un peu moins de 50.000 curistes annuels. A lui seul, Dax-Thermal pèse donc environ un quinzième de cette fréquentation, soit entre 3000 et 4000 curistes annuels. C’est à dire six à sept fois moins que les Thermes nationaux d’Aix les bains. Voilà pour les éléments de comparaison.
Après l'avoir été par le goupe Accord, Dax-Thermal était géré depuis quelques annaes par la Compagnie Thermale de Dax, laquelle CTD perdait régulièrement de l’argent, environ 3 millions d’euros au dernier exercice. La mairie (socialiste) de Dax avait même été amenée à prendre le contrôle de cette CTD en 2008 afin d’éviter le dépôt de bilan sans pour autant combler le déficit. Pour apurer les comptes, la mairie a finalement trouvé comme solution de se séparer de Dax-Thermal, l’un des quatre établissements gérés par la CTD.

Une procédure a ainsi été lancée en début d’année qui a vu huit concurrents s’affronter pour ce rachat, dont six sociétés spécialisées dans le thermalisme et deux dans l’hôtellerie. Aux termes de longues négociations, la cession de Dax Thermal vient d’être approuvée par le conseil municipal dacquois au groupe Santé Actions, un consortium qui investit régulièrement dans les établissements de santé et médicaux sociaux. Si le conseil municipal socialiste de Dax a entériné ce choix (l’opposition UMP s’est abstenue), c’est que le repreneur s’est engagé non seulement à garder l’établissement ouvert mais à le développer et à maintenir en place la totalité de son personnel. Et surtout le repreneur a, en plus, mis sur la table la somme de 4.930.000 euros. Près de cinq millions d’euros pour un établissement qui, rappelons-le, était en déficit et qui accueille moins de 4000 curistes par an !
5 millions à Dax, 3 millions à Aix...
Et maintenant comparons avec ce qui s’est passé à Aix où nous avions un établissement thermal qui, après avoir perdu de l’argent, était en train de rééquilibrer ses comptes. Un établissement qui accueillait encore 25.000 curistes annuels. Un établissement qui était vendu avec les 30.000 mètres carrés du bâtiment thermal le plus moderne d’Europe. Un établissement qui était vendu avec un parking souterrain tout neuf de 350 places, avec deux parkings aériens de centre-ville de 150 places, avec plusieurs hectares de terrain, avec une blanchisserie en activité, avec un parc de verdure et, surtout, avec le monopole absolu de l’eau thermale.
Etrangement à Aix, ce n’est pas huit, ni six, ni quatre mais seulement deux repreneurs qui se sont présentés (on n’ose pas mettre dans les repreneurs l’offre à 1 euro faite par Dord au nom de la mairie). Seulement deux candidats à la reprise pour le plus bel établissement d’Europe à Aix d’un côté, huit candidats, tous des professionnels avertis, pour le rachat de la petite station de Dax-Thermal de l’autre, cherchons l’erreur !

Voilà qui est déjà bien étonnant, n’est-il pas. Mais le plus surprenant reste quand même le prix : cinq millions d’euros à Dax pour un établissement de seconde zone, trois millions d’euros à Aix pour le plus bel ensemble thermal d’Europe et toutes ses dépendances. Faut-il en conclure que la municipalité socialiste dacquoise est capable de vendre très cher ce qui ne vaudrait rien et qu’elle a trouvé un pigeon prêt à mettre 5 millions d’euros pour une affaire qui ne vaudrait rien ? Ou plutôt faut-il mettre sérieusement en doute la parole du député-maire UMP d’Aix les Bains qui a prétendu que les TNAB ne valaient rien et en tout cas pas plus qu’un euro symbolique? Et qui, après avoir contribué à les faire sombrer, fait mine de se féliciter aujourd’hui de leur prétendu renouveau.
L’exemple dacquois nous conforte, hélas, dans tout ce que nous avons toujours écrit ici, à savoir que le déclin de l’activité des TNAB, version EPIC, ne devait rien au hasard. Pas plus que l’on devait au hasard l’absence de concurrents sérieux lors de la l'attribution à la société parisienne Valvital de l’établissement aixois. Un établissement que la gestion conduite par le député-maire UMP avait mené tout droit au bord du dépôt de bilan. Encore un hasard ?
Trop de coïncidences finissent par tuer le hasard. Peut-être qu’un jour les Aixois se réveilleront enfin avec le sentiment d’avoir été bernés sur toute la ligne. Mais que faudra-t-il encore leur mettre sous les yeux pour qu’ils en soient convaincus ?