25 janvier 2012
2002-2012 : Dix ans après, que reste-t-il des beaux discours pré-électoraux ?
Amusant de reprendre les articles de presse du premier semestre 2002, période précédant l’élection législative de juin, et de les comparer avec ce qu’on peut lire dans la même presse papier en 2012.
En janvier 2002, Dominique Dord finissait sa première année comme maire et se préparait à solliciter un second mandat de député. Il faisait alors le point avec la presse locale. Une occasion de découvrir, à l'en croire, qu’être député c’est très loin d’être une activité à temps plein, pas non plus à mi-temps, ni même à tiers temps...
Ainsi à la question « votre disponibilité ne souffre-t-elle pas de vos deux mandats, député et maire ? » le Dord répondait par la négative avec cette précision : « Je suis présent (à Aix) toute la semaine sauf le mardi et parfois le mercredi... ». Que voilà un bon job ! Une journée de présence par semaine à Paris pour une rétribution nette de 13.000 euros par mois, on comprend qu’après « quinze ans » de non activité il ait encore envie de rempiler.
En 2002 la presse lui demandait aussi où en étaient ses relations avec l’opposition. Dord ironisait alors en rappelant que l’attitude trop critique de Maucci, le chef de file de la gauche, « ne semble pas très appréciée (au parti socialiste) car il n’a pas été retenu pour les prochaines législatives ». Dans la même veine, Dord va pouvoir triompher en 2012 car non seulement le nouveau chef de file de la gauche n’a pas lui non plus été retenu pour les prochaines législatives mais, de surcroît, il n’y aura même pas de candidat socialiste contre le député sortant. On va finir par croire que c’est le député de droite qui dicte sa conduite à la gauche départementale.
L'eau ne rentre toujours pas mais l'argent oui!
On passera sur le « souffle nouveau » que le député-maire disait, en 2002, vouloir donner au thermalisme aixois, la comparaison avec les derniers souffles du thermalisme local dix ans plus tard serait trop cruelle. Alors on s’arrêtera sur un autre « détail », à savoir l’aménagement de toute la zone située entre la Cité de l’Entreprise et le Bd Garibaldi pour laquelle le député maire affirmait alors : « Nous avons une réflexion urbanistique, avec l’idée que l’eau du lac doit rentrer dans les terres pour redonner vie à tous ces terrains ».

Voilà une forte déclaration d’intention qu’il convient de comparer avec la réalité de « ces terrains » dix ans plus tard. Le constat s’impose : à défaut d’avoir fait rentrer l’eau du lac dans les terres, Dord a quand même réussi à faire rentrer beaucoup d’argent dans les caisses des marchands de béton. C’est déjà çà.
Ils l'ont, la réponse
C’est une manie chez les journalistes locaux, en janvier 2002 (tout comme en 2012) ils voulaient absolument savoir si Dord serait bien candidat aux élections législatives de juin. Réponse de l’intéressé : « Je ferai acte de candidature début avril et j’annoncerai qui fera partie de mon équipe de campagne. Néanmoins la campagne ne battra vraiment son plein qu’après la présidentielle ». La réponse de 2002 vaut sans doute pour 2012.
Enfin, on notera qu’en 2002, les journalistes locaux avaient encore quelques illusions (à moins que ce ne fût que de la basse flagornerie) puisqu’ils posaient à Dord la question suivante : « Dans le cadre d’une victoire de la droite à la présidentielle, vous voyez vous ministre ? ». Réponse de l’intéressé : « Je suis très heureux et très fier d’être cité comme pouvant faire partie du gouvernement. C’est en sorte une reconnaissance de mon travail.. ». Eh, oui, en 2002 Dord se voyait bien ministre. Et il a gardé les mêmes espérances pendant près de dix ans. C’en était comique, surtout quand il consultait son portable en permanence pendant les préparations des remaniements. Voilà en tout cas une question que les confrères locaux ne lui poseront certainement pas en 2012. Ou alors par dérision : « Monsieur Dord, si par extraordinaire la droite gagnait l’élection présidentielle 2012, est-ce que vous continueriez à nous faire croire que vous auriez pu être nommé ministre ? »
ça devrait (enfin) être sa fête..!
En marge de l’interview classique, le maire avait aussi tenu en 2002 à faire le point sur un sujet brûlant : le devenir du Parc de la Crémaillère dont la cession avait été décidée sous les critiques de la gauche. On ne résiste pas au plaisir de reprendre l’argumentaire de la mairie à ce sujet. Après avoir rappelé que la mairie avait échangé les trois hectares de la Crémaillère contre l’immeuble Zander, la mairie communiquait :

C’était une promesse de 2002, réitérée à quelques semaines de l’élection législative. Tous ceux qui ont fréquenté la salle des fêtes de 300 places que le député-maire UMP a inaugurée à Aix les Bains depuis cette promesse, vont gagner le droit de voter encore pour Dord en juin 2012. Ça risque de ne pas faire bézef de voix !
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Les lecteurs ont de l’humour
Ce titre paru hier matin dans le grand quotidien local d’information a inspiré les lecteurs

L’un d’eux nous écrit : « C’est mauvais signe, le bateau de Dord prend l’eau ». Un autre y va aussi de son commentaire : « On savait que Dord allait partir en laissant des « ardoises » derrière lui, on en a maintenant la certitude. »
Une chose est sûre : quand on parle de fuite à la mairie, ce n’est pas de la fuite des cerveaux dont il peut s’agir.