20 janvier 2012
Des ruines à un gros pétard mouillé, en passant par un BoBo, c'est la revue de la semaine!
Ils savaient que la CALB rachetait une ruine
Dans le précédent article consacré au restaurant de la Chambotte, il était écrit que l’affaire avait été traitée « en deux coups de cuiller à pot » un soir de novembre 2007 par le bureau de la CALB. Un lecteur a tenu à nous préciser que les choses n’avaient pas été aussi simples et que ce soir-là le débat avait duré plus longtemps que « trois coups de cuiller à pot ». Ce lecteur se rappelle qu’à l’occasion de cette proposition présentée par le président Quay-Thévenon, de nombreuses voix s’étaient interrogées sur la pertinence d’investir l’argent de la CALB en dehors de ses limites territoriales. Ce lecteur se souvient aussi ( !) que Bernard Vincent, à l’époque maire de Voglans, avait pris la parole pour annoncer qu’en rachetant le restaurant de la Chambotte, « la CALB ne rachetait qu’une ruine ». Mais il nous confirme que le président Quay-Thévenon avait démenti ces propos alarmistes et que la décision avait finalement été adoptée à l’unanimité moins une voix, celle du maire de Voglans. Quant au député-maire d’Aix les Bains, étrangement absent lors de cette importante réunion, il avait voté oui par procuration quitte à dire ensuite qu’il n’y était pas vraiment favorable alors que sans son accord le dossier ne serait jamais arrivé jusqu’au bureau de la CALB puisque c’était « la règle non écrite à cette époque ». Voilà, en gros, ce que ce lecteur, visiblement bien informé, tenait à préciser.
Ceci dit on lui donne volontiers acte de ces précisions qui ne font que confirmer ce que nous avons écrit. Car après avoir (mollement) protesté, tous les élus se sont couchés et ont voté les yeux fermés. Et si certains élus avaient connaissance des risques financiers que cette acquisition faisait courir à la CALB, leur responsabilité n’en est que plus grande. A l’époque si un seul élu avait osé dire « non » et avait pris les mesures réglementaires pour empêcher ce gâchis, l’affaire ne se serait pas conclue. Tous coupables, donc !
Fiat lux (que la lumière soit)
Les Aixois l’auront remarqué, CITEOS procède actuellement au remplacement des lampadaires sur le boulevard de Russie. Voilà qui, n’en doutons pas, donnera lieu prochainement à des beaux articles dans la presse papier pour faire remarquer que la privatisation de l’éclairage public dans le cadre du PPP (partenariat public privé) produit de bons effets. A quelques mois d’une échéance électorale, pour laquelle le maire concourt, cela ne peut pas lui faire de mal. C’est d’ailleurs là qu’est le piège des fameux PPP. Signé pour 15 ans, le PPP aixois prévoit une partie entretien et une partie investissement. L’entreprise, en accord avec le maire, a donc tout intérêt à faire réaliser le plus gros des investissements le plus rapidement possible et, de préférence, à la veille d’échéances électorales. Pour Aix c’est donc avant les législatives de 2012 et ensuite ce sera avant les municipales de 2014. Et après ? Après, si il y a un nouveau maire, il devra se débrouiller pour passer un avenant au contrat passé avec CITEOS afin, lui aussi, de montrer qu’il fait quelque chose pour la ville. Pour l’entreprise, ce sera du gagnant gagnant. Pour le contribuable ce sera du payant payant.
Le commerce aixois se vend... Bien?
Le commerce aixois se porte bien, on est prié de le croire. Pourtant une promenade dans les rues de la ville permet de découvrir une demi douzaine de boutiques qui ferment leur rideau définitivement. Apparemment les commerces alimentaires sont les plus frappés, et ce n’est guère un bon signe de vitalité. L’un des derniers traiteurs du centre ville vient de tirer sa révérence de même qu’une chocolaterie artisanale située dans la même rue. Mais d’autres activités commerciales sont elles aussi touchées, à commencer par l’habillement. Les agents immobiliers indiquent par ailleurs qu’il y a rarement eu d’autant d’affaires en vente qu’en ce moment. « Dans certaines rues, un commerce sur deux pourrait être concerné » dit l’un d’eux en montrant les fiches relevées sur internet. Effectivement, une rapide balade sur internet permet de découvrir que de nombreux commerçants aixois cherchent actuellement à céder leur affaire, y compris dans des secteurs qui apparaissaient hier encore très porteurs. Ils ont gagné trop d’argent où ils ne croient plus à la ville d’avenir ?
Tout augmente
A propos de la Chambotte, un autre lecteur nous a fait remarquer que l’architecte qui a été choisi pour piloter le projet de reconstruction était un Aixois, ce qui, selon lui, laisserait penser que Dominique Dord a bien eu son mot à dire au moment du choix. Effectivement Jean-Luc Petithomme, l’architecte retenu pourt la Chambotte, a déjà eu l’occasion de travailler pour le député-maire d’Aix les Bains. A l’occasion des travaux de réhabilitation des locaux du « Gai-taillis » sa collaboration aurait même dû rester dans les mémoires. Ainsi, dans un premier temps, M. Petithomme avait évalué les travaux à « seulement » 400.000 euros. Le conseil municipal, unanime, l’avait alors engagé à lancer le chantier. Mais, six mois plus tard, le même architecte réévaluait le coût des travaux pour le porter à 559.000 euros. Il en fallait plus pour déstabiliser Dominique Dord qui demandait à son conseil municipal d’approuver sans réserve cette augmentation de 40%. Ce qui fut fait. Bis repetita placent, pour la Chambotte, le même architecte, qui avait d’abord évalué les travaux à 800.000 euro, les a ensuite réévalués à 1.000.000 d’euros. Soit une augmentation de 25% (pour commencer) approuvée sans réserve par le même Dord. Les élus de la CALB savent désormais à quoi s’attendre.
ça roule pour lui (à l'électricité)
Mais ce n’est pas seulement à la rubrique travaux qu’on retrouve le nom de M. Petithomme dans les archives de la mairie d’Aix les Bains. On le rencontre aussi à la rubrique « subvention ». Ainsi, à la lecture d’un récent budget, on découvre que le député-maire a accordé à l’architecte une subvention pour lui permettre d’acheter un vélo électrique. Les modestes contribuables aixois apprendront à cette occasion - avec bonheur on le suppose- que leurs impôts locaux peuvent aussi permettre à de « pauvres » architectes de s’acheter un vélo de BoBo.
On vit vraiment une époque formidable dans une ville remarquablement dirigée par un maire dont le côté social ne sera jamais assez souligné.
Nom d’un pétard (mouillé) !
Qui a été le plus ridicule, la gendarmerie qui avait souhaité que l'opération soit rendue publique, ou le Daubé invité à suivre l’événement pour un reportage digne de la série « enquête exclusive » ? Les deux, mon colonel ! Résumons l’histoire. Outre la presse quotidienne, la gendarmerie avait mobilisé ses forces et deux chiens (spécialement dressés pour rechercher de la drogue) pour une opération spectaculaire menée dans un lycée professionnel d’Aix les Bains. Après de vaines recherches dans les classes et auprès des élèves eux-mêmes, un chien renifleur a fini par trouver... un gramme d’herbe dans une voiture garée à l’extérieur de l’établissement. Un gramme, juste de quoi se rouler un joint ou deux. Ce qui n’a pas empêché le lendemain le daubé de faire toute sa première page avec le sujet :

Tout cela pour un gramme de shit. Le jour ou les forces de l’ordre arrêteront un trafiquant avec 50 grammes d’héro ou de coke, le daubé ne pourra pas faire moins que de publier un numéro spécial.
Un dernier pour le trip :
Une question insolente: si la même opération s’était déroulée un samedi soir dans certain night-club de la ville, se serait-elle soldée par le même fiasco ? C’est juste une question. Pas de quoi se mettre en pétard. Ni de faire parler la poudre.