28 décembre 2011
Thermes Valvital (2): l'exemple de Divonne les Bains vient conforter les pessimistes.
Voici, ci-dessous, la reproduction d'un article récemment paru dans un canard de Divonne les Bains, le Ricochet. Toute ressemblance avec des personnages existant à Aix les bains ne serait naturellement pas fortuite...
À son arrivée en 1991, Étienne Blanc a promis de développer le thermalisme. On allait voir ce qu’on allait voir.
Résultat: de 3200 curistes en 1990, on est passé à 1452 en 2009. Un triomphe! Plus t’as de curistes en moins, moins ta fréquentation elle baisse plus...
Étienne Blanc a commencé par privatiser. Il a trouvé en 1993 un groupe dont le PDG était déjà connu pour enchaîner les faillites. Pour l’aider, la ville lui a offert une forte subvention...
Puis, après la liquidation de la société choisie par É. Blanc, c’est la Compagnie Européenne des Bains, qui avait précisément été évincée deux ans plus tôt, qui a pris le contrôle des Thermes. Cette société, devenue aujourd’hui Valvital, s’est ainsi implantée à Divonne.
Depuis, la mairie a consenti un bail de 65 ans pour un très modeste loyer : 19 000 euros par an, même pas le prix du très bel appartement dévolu au directeur des Thermes. Le tout accompagné de droit à construire et de subventions..
Avec une note d’humour, le rédacteur du Ricochet décrit une situation thermale qui devrait rappeler quelque chose aux Aixois. Il suffit de remplacer Etienne Blanc par Dominique Dord et de remettre les chiffres à l’échelle locale pour se demander si l’histoire ne se déroule pas ici comme là-bas.
Comme à Divonne les Bains, le député-maire d’Aix les Bains avait promis, dès son élection, de développer le thermalisme dans sa ville. Comme à Divonne, Dord a pris lui-même les choses en mains . Comme à Divonne il a confié la marche de l’EPIC, qu’il avait créé, à un gentil rêveur qui n’avait aucune expérience en matière de thermalisme et de gestion de 600 personnes. Comme à Divonne l’EPIC-TNAB a foncé vers la catastrophe. Comme à Divonne l’EPIC s’est trouvé en situation de dépôt de bilan, ce qui a conduit à la privatisation des Thermes. Comme à Divonne, une fois les Thermes au fond du gouffre, c’est la Société Valvital qui a en pris le contrôle. Comme à Divonne, des conditions exceptionnelles ont été faites à Valvital. Comme à Divonne les contribuables n’ont pas fini de payer cet immense gâchis. Etonnant, non ?
Ah, on allait oublier de souligner un détail : le maire de la ville de Divonne les bains est également député. Un député UMP. Tout comme celui d’Aix les Bains. Décidément, cela en fait des coïncidences. Même si trop de coïncidences finissent par faire douter des coïncidences.
Notre député à nous est un cran au-dessus
Enfin, il ne serait pas équitable de ne pas signaler une différence notable entre la situation divonnaise et la situation aixoise. A Divonne, Valvital n’est pas propriétaire des Thermes, ni de l’eau thermale. La Sté paie un loyer, même s'il est estimé dérisoire. Par contre, à Aix les Bains, Valvital a tout empoché, la marque, le chiffre d’affaires, l’établissement tout entier, ses annexes, ses parkings, ses terrains, son Parc de Verdure, sa blanchisserie et ses sources d’eau thermale.
Y a pas à dire, en matière d’échec et de bradage de patrimoine, Dominique Dord n’a de leçon à recevoir de personne. Et surtout pas d’un obscur député-maire divonnais même pas fichu, lui, d’être le trésorier de l’UMP.
La suite de l’histoire on la connaît, elle a été annoncée depuis longtemps dans la presse dérangeante locale. Valvital, qui détient une partie de l’avenir économique d’Aix entre ses mains, va désormais imposer sa volonté à la Ville. Le limogeage de Philippe Plat est un signe. L’ancien directeur entretenait trop de liens avec le milieu économique aixois. Il avait formé un réseau avec certains hôteliers ou médecins. Il avait aussi su retourner quelques représentants influents du personnel. Il finissait par se prendre pour le patron. Bernard Riac ne pouvait pas le laisser plus longtemps en place. Riac est un homme d’affaires, un vrai. Le thermalisme est un bisness qui doit rapporter. Et vite. En tout cas avant qu’un prochain gouvernement, en recherche d’économies, ne diminue le remboursement des cures…
Le président Riac, devenu aussi directeur général des TNAB depuis quelques jours, va naturellement chercher à rentrer tout d’abord dans son investissement de 3 millions d'euros. Avec la vente des parkings, du Parc de Verdure ou encore de la blanchisserie, cela ne devrait pas poser de difficultés. Il négociera ensuite un loyer symbolique pour son occupation des anciens Thermes de la place Mollard. Pour cela, il n’aura qu’à s’appuyer sur le loyer, tout aussi symbolique, accordé à Peyrefitte. Puis il négociera une aide supplémentaire pour les navettes. Puis une subvention pour faire la promotion et la publicité des Thermes aixois. Etc, etc. Et Dord ne saura rien refuser à un type qui tient une bonne partie de la survie économique d’Aix les Bains entre ses mains. A l’heure où le tourisme local bat de l’aile, quel maire oserait affronter le P-DG d’une société qui fait encore venir à Aix 26.000 curistes par an ?
Les Aixois n’ont donc pas fini de payer pour l’erreur qu’ils ont faite en confiant aveuglément les destinées de la ville à un député UMP inconséquent et trop préoccupé de lui-même. Ce sera comme à Divonne, mais à la puissance dix. Personne ne pourra dire n’avoir pas été prévenu.
ci-dessous reproduction de l'article paru dans le Ricochet de Divonne
