Un vote unanime... Suivi par une cérémonie des Voeux d'Or

Pour un vote unanime, ce fut un vote unanime: cent pour cent d'avis favorables, voilà qui est sans appel. Seul petit bémol, dans le même temps on peut également considérer que l'abstention a frôlé les 99,8%...

Ce vote unanime et favorable, manifesté par une demi douzaine de lecteurs (pour les autres, qui ne dit mot consent) concernait la nouvelle présentation de ce journal en ligne qui est apparu plus clair, plus moderne, plus accessible sur les tablettes et autres smartphones.
Voilà des mois, des années que je résistais régulièrement à toute proposition de modernisation et cela mérite une explication même si pour cela je dois parler d'un temps que les moins de 20, 40, 50 ans (ou plus) ne peuvent pas connaître.

La presse écrite en ce temps-là était encore un métier très à part dont l'aristocratie ne se trouvait pas chez les journalistes mais chez les blouses grises. En ces temps-là, quand le journaliste avait rédigé son papier, qu'il l'avait dicté à une dactylo ou qu'il l'avait transmis par télex au siège du journal, une autre aventure commençait. Le papier tombait d'abord dans les mains d'un secrétaire de rédaction qui le relisait, en corrigeait (éventuellement) les fautes ou les erreurs avant de le transmettre à l'imprimerie. Le papier atterrissait alors sur la table du linotypiste, lequel était à l'oeuvre devant une imposante machine qui allait chercher les caractères en plomb, lesquels s'aligneraient pour composer des mots, des phrases, un article.
En ce temps là, dans la presse écrite, dessous sa blouse grise, le linotypiste était à la fois un artiste qui jouait sur sa machine avec la même virtuosité qu'un pianiste, et un érudit qui possédait la maitrise de l'orthographe sur le bout des doigts. Dans le journal où je débutais, le linotypiste tenait la sortie du journal entre ses mains. Le "chef" linotypiste était le second salaire de l'entreprise, derrière le grand patron. Autant dire que le journaliste stagiaire se faisait tout petit et humble devant ce personnage.
J'ai gardé de cette époque le souvenir de l'ambiance tendue autour du marbre, de l'odeur de l'encre et du papier ou encore de ces mises en pages réalisées à la main dans des cadres en bois avec des caractères en plomb et des photos sur supports métalliques. Si bien que des années plus tard, en 2007, en préparant la première maquette du Journal d'Aix-les-Bains, un peu par nostalgie, beaucoup parce que j'étais loin d'avoir assimilé toutes les subtilités qu'offrait l'informatique, j'ai essayé d'imiter, de retrouver le style des journaux d'antan -enfin, d'hier- en conservant des caractères et une mise en page plutôt désuète mais qui s'accordaient encore avec la technique du moment. Depuis, la technique a très sensiblement évolué et les supports de lecture que (presque) chacun a désormais dans sa poche font qu'il a fallu sacrifier à la modernité, sous la pression de la (plus) jeune génération (merci à Ch.).
D'autres améliorations suivront pour rendre ce journal en ligne plus attractif et pour continuer d'asticoter tous ceux qui s'imaginent détenir un pouvoir de droit divin et se permettent de mépriser le vulgum pecus, tout cela parce que des citoyens, qui n'avaient guère le choix, leur ont imprudemment confié les clefs de la cité et de ses coffres.

J. Girard

La cérémonie des Voeux d'Or

Justement, à propos d'asticoter nos zozos de z'élites locales, voici encore un exemple de comportement qui ne plaide pas en leur faveur.
En ce mois de janvier 2016, Dominique Dord a invité les Aixois à venir écouter (religieusement) sa voix à l'occasion de la présentation de ses voeux. Il ne doute de rien et encore moins de lui. Pour ce faire, il leur a préparé une carte quasiment dorée à l'or fin, à tel point qu'on se demande bien ce qui l'a retenu de ne pas changer l'orthographe de son nom en Dominique d'Or. L'idée a certainement dû l'effleurer:

Sur cette carte, outre les étoiles Dord, on remarque que c'est au Centre Culturel et des Congrès André Grosjean que le député-maire convie la piétaille. Petit rappel: le 8 mars 2015 décédait, à l'âge de 89 ans, André Grosjean, ancien maire de la ville. Dès le conseil municipal suivant, éploré par ce deuil cruel et la disparition de celui qu'il avait maintes fois roulé dans la farine, Dominique Dord annonçait que dorénavant et désormais, voire plus ou davantage, le Centre des Congrès local s'appelait Centre des Congrès André Grosjean. Promis, juré, craché.

Mais, Ô surprise, dix mois après cette annonce, la piétaille se rendant ce lundi 10 janvier à la cérémonie des voeux d'Or, a eu la surprise de constater que le nom de Grosjean ne figurait toujours pas sur le fronton du Centre des Congrès,


ni sur la partie annexe.

Ce n'est pas grave. Le 8 mars prochain, imitant not' président commémOrateur, D'Or pourra inaugurer une plaque en la mémoire d'André Grosjean. Une occasion de plus d'avoir une photo dans son quotidien unique et préféré.
Comme le chantait (presque) Méphistophélès, le voeu d'Or est toujours debout.




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