Elis, c'est déjà plié et inutile de repasser..!

Comme on a l'humeur joueuse, on va prendre le pari que l'affaire de l'implantation d'une blanchisserie industrielle à Aix les bains est comme le linge qui va sortir de chez Elis: c'est plié, y'a plus qu'à ranger!

Souvenirs, souvenirs. C'était en 2006. En ce mois d'octobre de l'an VI après DD, le magazine Aixaspérant publiait un numéro hors série annonçant la fin des Thermes nationaux.

Il s'agissait, plus précisément, de la fin des Thermes en tant que service public et de leur très prochaine privatisation. Tout était décrit dans ce numéro avec un sens de l'anticipation qui étonne encore aujourd'hui: l'estimation des différentes composantes de l'activité thermale, le désengagement de l'Etat, la transformation de l'EPIC en société anonyme, l'éparpillement des biens et, enfin, la vente à un propriétaire privé.
Le magazine n'avait pas eu grand mérite sinon celui de s'être procuré un document "confidentiel" connu de seuls quelques rares initiés et de l'avoir interprété au plus juste. Ce qui avait valu à ses rédacteurs une volée de bois vert et d'injures de la part du député-maire (alors président de l'EPIC des Thermes) et de ses sbires, lesquels avaient tenté, par tous les moyens, de démentir l'information, la bonne presse quotidienne locale relayant sans hésiter leurs élucubrations et éructations
. Et pourtant, à peine deux ans plus tard l'Etat faisait savoir qu'il allait se désengager de cette activité. Et, en 2010, après quelques combats d'arrière-garde sans grand enthousiasme,  l'affaire était définitivement pliée. Valvital devenait le propriétaire des Thermes après le refus du député-maire de voir la mairie prendre la succession de l'Etat. Tout se passait comme cela avait été écrit...

C'est un peu Elis au Pays des Merveilles, tout est possible

Eh bien il y a gros à parier que, pour ce qui est de l'installation d'une blanchisserie industrielle au parc d'activités des Combaruches d'Aix les Bains, il en aille déjà de même. Et que malgré les protestations tardives, l'affaire est déjà pliée. Tout vient conforter cette idée, y compris que cette fois, à défaut d'indiscrétions dans une presse iconoclaste, c'est la puissance publique locale qui donne le "la". Ainsi, comme on l'a vu précédemment, c'est la très officielle Agence Economique de la Savoie qui, dès le mois de juillet dernier, alors que rien n'était encore monté, a annoncé comme avérée l'implantation d'Elis dans l'ex-cité thermale. Et c'est encore la très officielle Agence Economique de la Savoie qui, le 1er décembre dernier, a fait savoir que le maire d'Aix les Bains venait de signer le permis de construire pour cette usine:

Quand une société comme Elis dépose et obtient un permis de construire dans un délai aussi bref (rappelons que la première fois qu'il a été question de son implantation à Aix c'était en mai dernier) et sans même avoir attendu l'avis du préfet chargé d'étudier "l'enregistrement" de sa demande pour une installation classée, c'est qu'elle a reçu bien des assurances. A partir de là, personne ne verra sans doute d'offense si l'on ose penser que la procédure actuellement à "enquête" ne va être qu'une formalité et qu'à l'issue du délai légal de cinq mois le préfet va émettre un avis favorable... Peut-être après avoir accepté quelques concessions et ajouté quelques promesses (qui ne coûteront rien) concernant l'environnement par exemple.

Il restera quand même une question: pourquoi personne ne s'est manifesté plus tôt alors que l'arrivée d'Elis était annoncée comme certaine depuis l'été 2015? Pourquoi a-t-il fallu attendre quasiment la fin de la procédure d'enquête publique pour que deux mouvements tirent, enfin, le signal d'alarme? Deux réponses possibles à ces questions. Une, parce que tout le monde s'en fout. Deux, parce que finalement ça arrange bien tout le monde ou presque.

En attendant, si quelqu'un peut nous fournir une bonne raison, même une seule, pour expliquer pourquoi le député-maire d'Aix les Bains, président de la communauté d'agglo, a choisi de voir implanter une blanchisserie industrielle à Aix les bains, on est preneurs. Avant d'inventer cette bonne raison il n'est sans doute pas inutile de se rappeler que:
1) les risques pour l'environnement avec une telle installation ne sont pas nuls -  2) que le problème de la surconsommation en eau potable n'est toujours pas réglé - 3) que le problème du traitement des eaux usées ne l'est pas non plus - 4) que cette installation va générer des dépenses (voiries, réseaux) non négligeables pour la collectivité aixoise - - 5) qu'il n'existe aucun engagement d'Elis sur de véritables créations d'emplois ni que ceux-ci seraient réservés en priorité aux Aixois - 6) et enfin, que depuis la réforme des finances publiques, les collectivités locales n'ont plus vraiment d'intérêt à faire venir chez elles ce genre d'entreprises industrielles puisqu'elles ne perçoivent plus la taxe professionnelle et que le montant de la compensation que l'Etat verse aux dites collectivités a été définitivement figé à ce qu'il était au titre de l'année 2012.

Bon, alors, elle vient cette bonne raison...








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