On se doutait qu’ils avaient plus d’un tour et d’une tour dans leur sac:

Dord et Bouygues font, chacun à sa manière, preuve de beaucoup... de détachements !

 
Un observateur indépendant et attentif dirait que l’affaire a l’air d’être plutôt mal barrée. Si le député-maire, de son côté, affecte de faire preuve de beaucoup de détachement, son partenaire dans ce projet, le groupe Bouygues, c’est plutôt les détachements qu’il affectionne. Même si les deux parties ont plus d’un tour ou plus d’une tour dans leur besace, on ne parierait pas un kopek sur la réussite de leur entreprise commune, à savoir la réhabilitation des Anciens Thermes...

Dans l’édition de mars 2016 du journal de Oui-Oui (encore appelé journal municipal d’information), Dominique Dord a affecté de faire comme si le dossier des Anciens Thermes ne soulevait aucune objection.
Avec une apparence de sérénité et de certitudes, l’article du bulletin municipal présente ainsi le calendrier des opérations: fin des études d’ici la fin de l’année et adoption, seulement ensuite, d’une délibération pour céder le bâtiment au groupe Bouygues. Ce qui semblerait être un « timing » correct ». Pourtant, lors de la dernière réunion de conseil ou devant des Aixois sélectionnés pour leur présumée aptitude à avaler des couleuvres, ce ne fut pas la même chanson. D. Dord a en effet annoncé publiquement que le conseil municipal se prononcerait dès le mois de juin prochain, c'est à dire bien avant même la fin des études. Alors, qui croire ? Le maire quand il s’exprime dans son bulletin. Ou Dord quand il parle à la tribune ?

Autre contradiction. Devant la représentation municipale, Dord a annoncé que la Ville consacrerait au maximum 15 millions d’euros pour racheter des surfaces. Ou pas, a-t-il ajouté, laissant entendre que la Ville pourrait très bien ne rien dépenser si elle décidait de ne rien racheter. Sauf que dans l’article du bulletin municipal, c’est encore une version différente. Les fameux 15 millions d’euros y sont bien prévus mais pas « seulement pour l’achat d’espaces pour les services déjà présents MAIS aussi le réaménagement prévisible des voiries et des espaces publics jouxtant le bâtiment. »

Et c’est peut-être là qui il y a anguille sous roche. Car le réaménagement des voiries et des espaces publics environnants ce ne sera pas une simple éventualité mais une certitude. Une certitude pas vraiment gratuite.


Une arrivée massive de Polonais et de Roumains ?


Supposons que, en juin prochain, la mairie décide de céder le bâtiment à Bouygues, après l’avoir dépollué et avoir refait les toits de Pécriaux, aux frais des contribuables bien sûr. Supposons que dans la délibération figure une discrète mais réelle référence à la participation financière de la Ville au « réaménagement prévisible des voiries et des espaces publics jouxtant le bâtiment » avec obligation, pour la Ville, d’y satisfaire. Qui sait alors à combien se monterait à l’avenir, pour les contribuables locaux, l’addition de ces seuls réaménagements de voirie et d’environnement? Cette dépense pourra-t-elle atteindre 15 millions d’euros, le seul montant que le maire a consenti à lâcher? C’est possible. C’est même à craindre si, d’aventure, Dord n’était plus maire de la Ville au moment de l’addition. Et surtout quand on sait que le groupe Bouygues est loin d’être une entreprise philanthropique (c’est une figure de style). Ci-dessous, extrait d'un article du magazine Le Moniteur:

Ainsi, ce mardi, le magazine Cash Investigation est revenu sur la curieuse façon dont le groupe Bouygues gérait ses entreprises et son personnel. Il a été rappelé que le Groupe a été récemment condamné en première instance (l’affaire n’est pas close) à des amendes pour « travail dissimulé ». A savoir, il employait 460 ouvriers polonais et roumains sur un chantier français et cela sans payer les charges sociales en France. Des travailleurs étrangers sous-payés qu’on appelle aussi des travailleurs détachés.  Entre le faux détachement du roi de l’esbroufe et les vrais faux détachements du roi du béton, l’affaire de la réhabilitation des Anciens Thermes paraît curieusement engagée.

Note aux benêts :
Sous ses airs détachés, le député-maire L.R. (très énervé) n’est pas vraiment serein. Il supporte de moins en moins les critiques au point d’en devenir tout rouge et d’avoir du mal à déglutir. C’est en tout cas une version que nous a suggérée Serge Gathier...

Dans une précédente mise en ligne on avait cité un passage de l’intervention de l’élu FN lors de la dernière séance du conseil en demandant si quelqu’un était capable de nous expliquer ce que signifiait : lorsque nous avons pris la municipalité en 2001, nous avons étudié ce sujet. Et avant qu’on soit obligés de retaper notre maire, eh bien nous avons passé cette étude... »
C’est l’auteur de la formule lui-même qui nous a fourni une explication que l’on résume ainsi. A l’issue d’une longue intervention très critique de F. Maucci sur le projet des Anciens Thermes, le maire était rouge de colère. Après avoir donné la parole à S. Gathier, D. Dord, tenta de boire un verre d’eau et sembla avoir des difficultés à avaler le liquide. S’apercevant que le député-maire était mal à l’aise, Gathier avait alors fait cet aparté : « Et avant qu’on soit obligé de retaper notre maire » puis avait poursuivi son propos sur les Thermes.

« Si en plus du son, la mairie diffusait aussi les images, tout le monde aurait vu qu’à ce moment là je me tournais vers le maire et aurait compris le sens de ma phrase » a conclu l’ancien premier adjoint.
C’est noté.



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