Maladie de parking(wil)son, attention à la rechute !

ou quand les lueurs du passé devraient éclairer l'avenir


Dans son dauphiné dimanche, le député-maire d'Aix-les-Bains a proposé de construire un parking de 200 places, sur deux niveaux en sous-sol, sous la place Clémenceau, reconnaissant ainsi que la ville qu'il administre depuis 15 ans manquait cruellement de parkings. Voilà qui nous rappelle des péripéties que les Aixois depuis moins de 10 ans ne peuvent pas connaître... Et que les autres ont peut-être oublié.

La ville n'aurait sans doute pas manqué de places de parkings si son maire actuel n'en avait supprimé quelques centaines depuis son élection en 2001. Après les 200 places du parking "Verlaine", cédé en 2003 à la SA Grosse pour réaliser la résidence qui porte le même nom, c'est au parking Wilson que le maire s'était attaqué.
Souvenons-nous, ce n'est pas si vieux:


Entre la voie ferrée et le boulevard Wilson il existait bien, depuis des décennies, un parking public gratuit capable d'accueillir 150 voitures. A cet emplacement, et à peu de frais, il aurait été fort aisé de réaliser un parking paysager sur trois niveaux, soit 450 places. Avantage de ce parking, non seulement il aurait été utile pour les voyageurs SNCF et ,de plus, situé tout à proximité du centre ville, il était le lieu idéal pour laisser sa voiture le temps de faire ses courses en ville. Mais Dominique Dord avait d'autres "projets" en tête dont chacun peut aujourd'hui admirer (sic) l'aboutissement. Après bien des péripéties, le maire a finalement vendu l'emplacement de ce parking public à la Sollar pour y réaliser ça:

Ça, c'est certainement l'une des constructions les plus moches et les plus inutiles qui aient été réalisées ces dernières années sur Aix-les-Bains. Avec son architecture qui semble dater des années soixante, avec ces espèces de containeurs sur le toit, avec des fenêtres d'appartements qui donnent, soit directement sur la voie ferrée, soit sur une des avenue les plus bruyantes et polluées, difficile de dire que cette réalisation est une réussite. Quel mépris que d'avoir installé des logements dits sociaux dans cet univers minéral et si peu accueillant.

Quant au rez-de-chaussée de ces bâtiments, c'est une désolation. Le promoteur y avait prévu des surfaces commerciales qui sont restées depuis désespérément vides. Un commerçant avait bien tenté le coup et avait ouvert une boutique de luminaires. Il a renoncé et son pas-de-porte n'a toujours pas trouvé preneur:


Une boutique de luminaires à cet emplacement: on aurait dû avertir le commerçant qu'Aix les bains n'était pas dirigé par des lumières!

Quant aux autres surfaces, dites commerciales, elles sont restées soit vacantes (au grand dam de l'Agence Guy Hocquet) soit occupées par... Pôle-Emploi. Mais même les employés de ce service public se plaignent de leurs conditions de travail. Et pour cause, la lumière du jour ne pénètre jamais dans ces locaux et on y travaille en permanence sous un éclairage artificiel.
Dès lors on se dit que c'était une bien curieuse idée que d'avoir voulu une telle construction plutôt qu'un parking. Mais...
Mais les contribuables aixois ont échappé au pire. Car un parking, à cet emplacement, Dord en avait bien prévu un...

40.000 euros la place de parking en location, l'étonnante trouvaille de Dord

En 2006, le député-maire s'était entiché d'un bien curieux projet. La société Icade, en accord avec la Sollar, lui avait monté une sacrée usine à gaz. En gros, il était question que la Ville cède gratuitement le terrain de l'îlot Wilson à Icade par un bail de 99 ans. En échange, la société Icade faisait réaliser à cet emplacement 224 places de parking. Jusque là, tout allait bien. Sauf que, dans le contrat que Dord avait accepté et fait accepter par sa majorité, la ville prenait ensuite location de ces places pour 295.000 euros bruts par an, loyer auquel s'ajoutaient la TVA (non récupérable) les impôts, les taxes et les assurances. Soit environ 360.000 euros de loyer net par an à la charge de la ville et pour une durée incompressible de 30 ans. Autrement dit, au bout de 30 ans, la Ville n'aurait toujours été propriétaire de rien et elle aurait déboursé plus de 10 millions d'euros. Soit 40.000 euros par emplacement de parking, le tout sur un terrain, rappelons-le, appartenant à la Ville. Voilà le contrat que Dord s'apprêtait à signer en 2007.
A cette lecture, certains vont croire qu'ici on galèje, qu'on exagère, voire qu'on invente, tellement tout cela paraît ahurissant! Pourtant voici la preuve que nous n'exagérons rien, que nous n'inventons rien:

Ceci est un extrait du contrat que D. Dord allait signer en 2008 avec Icade après l'avoir fait entériner par les béni-oui-oui de sa majorité. Tout ce qui est rappelé plus haut y est écrit. Et si ce projet totalement fou n'est pas allé à son terme c'est parce que l'opposition de gauche de l'époque et un ancien maire (G. Ferrari) ont saisi, chacun de leur côté, la justice administrative avec des arguments solides. Des arguments tellement solides que Dord a renoncé à ce projet fou avant même que la justice ne se prononce.


Pourquoi ressortir aujourd'hui cette histoire qui date de plus de 8 ans? Tout simplement parce que ce qui se prépare avec Bouygues, à propos des anciens Thermes, pourrait fort bien ressembler, à l'arrivée, à ce qui se tramait en 2008 avec Icade et le parking Wilson. Une sorte d'usine à gaz à la sortie de laquelle le contribuable serait le pigeon.
Il n'est pas inutile d'éclairer
l'avenir à la lueur du passé.


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