Là-bas: la nuit, debout. Ici: le jour, couchés !

Indignés ou résignés, telle est la question.


La presse et quelques intellectuels semblent porter un intérêt tout particulier à ces manifestations spontanées qui se sont créées dans quelques grandes villes françaises, Paris, Nantes, etc. A la nuit tombée des citoyens, jeunes ou moins jeunes, cadres, étudiants, ouvriers, chômeurs ou retraités, envahissent pacifiquement l'espace public pour engager des discussions.

On y parle de qualité de vie, emploi, formation, avenir, sécurité, enseignement, de tous ces sujets dont des politiciens se sont accaparés pour mieux les escamoter. A cette occasion on redécouvre l'agora qui est un peu le berceau de la démocratie à la Grecque, ce lieu où l'on venait échanger entre gens libres.
Un lieu où les citoyens prennent librement la parole et ne s'en remettent plus aveuglément à des politiciens dont la principale (sinon unique) ambition est de se faire réélire. Face au délitement évident de notre société, à l'absence de solutions venues "d'en haut", les gens d'en bas ont redécouvert que c'était à eux d'exercer le pouvoir et non pas de le remettre, sous couvert d'élections bidon, à une caste qui, une fois élue, ne tient plus compte des aspirations des électeurs.

Indignés ou résignés?

Pendant que certains se comportent en citoyens indignés, dans la région d'Aix les Bains d'autres apparaissent étrangement résignés. Et l'on ne parle pas que de ces petits élus qui tremblent devant le ténor aixois, au point de renier leurs engagements et de voter contre les intérêts de leurs administrés comme on le démontrera par ailleurs. Mais on parle aussi des habitants, lesquels, dans une trop large majorité, semblent estimer qu'il suffit d'aller déposer tous les six ans un bulletin dans une urne pour être un citoyen. D'un côté les indignés, ici les résignés!

Ah, si ces citoyens avaient une réelle conscience de leur pouvoir. Chez les Romains, qui pratiquaient aussi une forme de démocratie, les citoyens étaient sans pitié pour ceux qui les trompaient ou tentaient de le faire. A cette époque bénie des Dieux, les élites qui fautaient étaient éliminées en étant jetées du haut de ce promontoire qui dominait Rome et le Capitole, le lieu du pouvoir.  Il en est resté cette expression qui a traversé les siècles (un peu grâce à Mirabeau) qui rappelle
que la roche tarpéienne est toute proche du Capitole.

En termes savoyards cela pourrait se traduire aujourd'hui par cette formule: le rocher de la Chambotte est tout proche de l'hôtel de ville.
A la place de Dord et de ses comparses, à la veille de choix très contestables et très contestés, on s'empresserait alors de supplier: de grâce, ne nous précipitons pas!

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