Dominique Dord de nouveau rattrapé par l'affaire Bygmalion

Son système de défense devient de plus en plus précaire


Si, autour d'Aix les Bains, ses propos laissent de plus en plus perplexes et suspicieux la plupart de ses interlocuteurs, il semble que le député-maire Les Républicains ne soit guère plus convaincant à Paris. Dans le dossier d'instruction de l'affaire appelée (sans doute improprement) Bygmalion, des fuites bien orchestrées viennent mettre à mal l'une des versions que l'ex-trésorier de l'UMP avait tenté de rendre crédible.

Rappelons que l'ancien trésorier avait jusqu'à présent soutenu deux thèses quelque peu contradictoires. D'un côté, il avait prétendu devant le juge d'instruction qu'il n'était pas au courant de l'existence de fausses factures et que, soit on avait abusé sa bonne foi, soit on avait imité sa signature à son insu. Ce qui lui avait valu d'être placé sous le statut de témoin assisté et non pas d'être mis en examen. De l'autre, à des journalistes de la presse parisienne, il avait déclaré avoir alerté Sarkozy sur les risques d'une surfacturation.
Voici comment l'hebdomadaire l'Express, dans son édition du 5 février 2014, relatait les propos de Dord:   
Interrogés sur les soupçons de surfacturation, voici ce que répondaient les principaux acteurs. Le député Dominique Dord (soutien de François Fillon), qui fut trésorier de l'UMP de 2010 à la fin de 2012: "On peut imaginer que tout cela ait été facturé allègrement. J'avais alerté Nicolas Sarkozy: tu es sûr que tu ne laisses pas les copains de Jean-François [Copé] se gaver? Il m'avait répondu: non! Les surfacturations? C'est improuvable! Combien vaut un meeting que l'organise dans des conditions d'urgence absolue? Combien vaut le savoir-faire? Certaines prestations sont très difficiles à évaluer."

Ainsi, d'un côté il n'était au courant de rien, de l'autre il avait eu des soupçons. Dord tenait là une double version, un double langage digne de son désormais célèbre cri de guerre "c'est pas d'ma faute".
Sauf que la première version a été démontée par la directrice financière de l'ex-UMP qui a gardé des traces de ses échanges de mails avec le trésorier. Sauf que la seconde version sur les copains de Copé qui se seraient gavés vient elle aussi de perdre tout crédit si l'on en croit les "fuites" du dossier. Une expertise indépendante aurait en effet démontré que Bygmalion n'avait pas surfacturé ses prestations à l'UMP, voire même qu'elle y aurait gagné moins d'argent que ses concurrentes en pareille situation. C'est en tout cas l'information qui a été reprise par l'ensemble des médias nationaux et que la page locale de nos journaux papier passera sans doute sous silence. Ci-dessous extrait de la page LePoint.fr

Si le rapport des experts était validé par les magistrats, cela établirait que c'était bien à la demande de l'UMP que Bygmalion aurait réalisé des "fausses" factures pour de "vraies" prestations au service du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy.
Ce que les dirigeants de la société ont toujours soutenu.
Dans ces conditions, il serait de plus en plus difficile pour Dord de prétendre qu'il n'était au courant de rien, lui à qui Sarko aurait répondu qu'il ne fallait pas s'inquiéter vu que "les surfacturations, c'est improuvable. Combien vaut un meeting que j'organise dans des conditions d'urgence absolue".

Après ce nouveau rebondissement, ça va être encore plus compliqué pour celui qui aurait signé pour 18 millions d'euros, en paiement de fausses factures, de jouer encore longtemps les innocents. Sauf à clamer très fort: " Le parti m'avait choisi pour ma médiocrité. Je n'étais que l'idiot utile, celui à qui on ne disait rien et qui n'a rien vu ".

Une version crédible ?



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