Ça sent de plus en plus l'embrouille...


Cette fois il aura pris son temps. Alors que c'est lundi dernier que le Collectif opposé à son projet a tenu son point de presse, c'est seulement dans l'édition du daubé de ce samedi que le député-maire Les Rép. a apporté sa réponse. Une réponse qui occupe, quand même, toute la page aixoise du canard... C'est dire si l'affaire sent l'embrouille...


Comme on pouvait s'y attendre, dans cette page entière Dominique Dord trouve largement l'occasion de tenter de discréditer les auteurs de la pétition ainsi que les naïfs qui l'ont signée. "Ce n'est qu'un coup politique de la part de l'extrême gauche" assène-t-il. Certes, sur la photo du daubé on pouvait apercevoir la présence de Dominique Fié, élu municipal Front de Gauche, mais peut-on pour autant prétendre que les 1500 signataires (présumés) de la pétition seraient tous de la gauche? Dord a la réponse toute prête pour expliquer pourquoi ceux-là auraient signé : " Je pense qu'ils ont été manipulés par des informations déformées." Des crétins des Alpes, en d'autres mots, des gens incapables de discerner le vrai du faux, selon Dord. Pas très élégant comme système de défense, ça sent même le raclage de fond de tiroir à arguments.

Sur le fond de l'affaire, rien de neuf si ce n'est que Dord aurait reçu une contre proposition émanant d'Aixois dont des architectes. Une proposition qu'il s'apprête à repousser négligemment sous des prétextes aussi futiles que " la Direction régionales des affaires culturelles n'est pas favorable à cette solution". Comme si c'était la DRAC qui faisait la pluie et le beau temps à Aix! Farceur, va!
Et plus il argumente, plus il s'enfonce. Il affirme ainsi que le projet (celui qu'il a lui-même présenté à huis clos aux élus) n'a rien à voir avec ce qui va se passer puisque ce projet "est en pleine évolution" et que tout peut encore changer. Tiens donc. Et alors, les réunions qu'il tient, à huis clos, pour montrer son projet, c'est donc du pipeau? Si c'est lui qui le dit...
Le projet serait donc non finalisé et en pleine évolution mais malgré cela Dord n'en démord pas "Pour l'heure nous maintenons le calendrier de proposer au Conseil municipal de signer le compromis de vente avec Bouygues/SAS en juin prochain afin de lancer les permis de construire avant la fin de l'année. La vente ferme n'interviendra pas avant septembre 2017, une fois les permis acceptés. D'ici là le projet continuera d'évoluer... " déclare-t-il au daubé qui ne relève pas l'énormité de la chose. Et là, on ne comprend plus rien...


En effet, un compromis de vente ce n'est rien d'autre qu'une vente avec effet différé. Tous les propriétaires le savent bien, signer un compromis de vente c'est s'engager définitivement à vendre ce bien sauf à risquer d'y être contraint (en justice) par l'acquéreur, voire à payer de lourdes pénalités. L'acquéreur, lui, pour sa part et quand c'est un professionnel, peut juste mettre une condition suspensive: l'obtention du permis de construire. C'est ce que va faire Bouygues, Dord le confirme. Ce qui, résumé, donne ceci: si, le mois prochain, le conseil municipal autorise le maire à signer un compromis pour la vente de l'ensemble des anciens Thermes au consortium Bouygues, tout va ensuite échapper à la Ville puisque le projet continuera "son évolution" au gré du consortium et, jusqu'où, on n'en sait rien. Lequel consortium tiendra alors la mairie en laisse. Ainsi, soit à la fin de l'année 2017 la Ville accordera le permis, y compris en cédant à toutes les exigences du pétitionnaire, soit elle refusera le permis et elle se retrouvera, au mieux, à la case départ, au pire à payer des indemnités. Un vrai marché de dupe. Une histoire de fou.

Mais il y a plus intéressant encore. Au hasard de ses déclarations, Dord a lâché une information qui mérite qu'on s'y attarde. Avant que le projet Bouygues ne soit finalisé, un autre permis de construire "devrait être déposé avant fin 2016 pour des travaux en 2017 qui s'achèveront en 2018" a-t-il déclaré au daubé. Tiens donc. Un projet qui serait donc en marge du projet Bouygues puisque le permis de ce dernier ne sera prêt, au mieux, qu'en septembre 2017. Mais qui est donc derrière ce projet? Dord le précise, c'est l'Ecole Peyrefitte qui rachèterait l'aile sud des anciens Thermes, ceci "pour être dans ses nouveaux locaux à la rentrée de septembre 2018". Mais Peyrefitte les rachète à qui, ces locaux? A Bouygues, qui en sera virtuel propriétaire en juin prochain, ou à la mairie? Et combien la famille Peyrefitte est-elle prête à payer ces deux ou trois mille mètres carrés qui lui sont promis dans ce lieu prestigieux? En voilà de bonnes questions...

De bonnes questions à laquelle on tentera (la semaine prochaine) d'apporter de bonnes réponses car on a reçu...
Mais, patience.
Bon week-end de Pentecôte...