Des fois j'ai envie de me barrer!

Sans blague? Alors, chiche !


C'était à la mi-mai. Ce soir-là, Dominique Dord recevait, en petit comité, quelques Aixois triés sur le volet dans le but de les convaincre du bien fondé de ses choix en matière de rénovation (sic) des anciens Thermes nationaux. Il avait eu beau s'y prendre avec ses mimiques habituelles et sa duplicité coutumière, le courant ne passait pas avec tout le monde.

Une participante, qui souhaitait une autre destination pour les bâtiments, conclut son intervention en laissant entendre qu'elle ne se faisait guère d'illusions puisque de toute façon ce serait en définitive "le fait du Prince". Venant après un certain nombre de critiques bien fondées, cette ultime remarque eut le don de faire sortir Dord de ses gonds. Etait-ce par tactique pour impressionner et faire taire ses opposants ou une véritable exaspération et un pétage de plomb en public? Toujours est-il que, voici, rapporté par le gentil Essor Savoyard, en quels termes Dord a répondu à cette intervenante:


Cette attaque virulente, sans commune mesure avec les critiques polies et argumentées qui l'avaient précédée, mit un terme aux débats et calma les ardeurs contestataires. C'était le but. Il manqua juste un spectateur assez culotté pour se lever et s'exclamer:
"Dominique Dord, permets que je te tutoie puisque tu tutoies tout le monde avec cette fausse complicité que tu affectes si bien. Tes propos sont inadmissibles en démocratie. Tu nous a invités pour discuter du projet des anciens Thermes mais dès que quelqu'un est en désaccord avec toi, tu t'emportes et tu tentes de le déstabiliser avec des attaques d'une rare virulence.Vieille tactique stalinienne. C'est dégueulasse, comme tu dis. Car tu oublies que si tu es là, à ce poste, c'est parce que l'on t'a élu, rien d'autre. Nous sommes tes employeurs, c'est avec nos impôts que tu vis grassement. Alors un peu de respect pour nous. Pour qui te prends tu? Pour le sauveur, le messie, celui qui ne se trompe jamais? Les qualités qu'il faut développer pour être élu, la roublardise, le mensonge, les faux cadeaux, les promesses illusoires, sont diamétralement opposées à celles qu'il faut démontrer pour être un bon dirigeant. Ce n'est donc pas parce que tu as été élu, par un électeur sur trois, que tu as la science infuse et que tu as raison sur tout. Et quand bien même, un peu de cette humilité qui te fait tant défaut devrait te permettre d'écouter poliment les critiques et d'en tenir compte. Tu n'es venu à Aix-les-Bains que par opportunisme, parce que les Chambériens n'avaient pas voulu de toi. Depuis quinze ans que tu y es élu tu n'as jamais habité la ville. Mais c'est quand même toi qui déciderait de tout à la place des vrais Aixois? Malgré leur opposition? Quelle morgue, quelle suffisance, quel mépris des gens! Tu es l'archétype du politicien que les Français rejettent avec violence. Regarde ce que tu as fait de cette ville. Elle devient irrespirable, on n'y circule plus, il n'y a plus d'espaces verts, tu as tout vendu le patrimoine, il pousse du béton partout, sans parler de son activité thermale ancestrale bradée... Mais tu t'en fiches. Toi, tu fais carrière et après toi le déluge. Des fois tu as des envies de te barrer, nous dis-tu? Cela parce que l'on te critique? Alors, surtout, un conseil, ne résiste pas à ces envies. Chiche. Barre-toi. Tu ne trouveras pas grand monde pour te retenir et pas davantage pour te pleurer. Mais tu ne te barreras pas. Enfin pas tout de suite. C'est encore une promesse en l'air. Une de plus dans ton long parcours de bonimenteur".

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