Aux innocents les mains pleines...

Présomption, mon C.., comme aurait dit Zazie


A chaque article publié ici concernant l'affaire Bygmalion, on n'a jamais manqué de noter que les gens mis en cause étaient réputés innocents tant qu'ils n'avaient pas été reconnus officiellement et définitivement coupables. C'est valable pour l'ex-trésorier de l'UMP qui, bien que placé en situation de témoin assisté par un juge d'instruction, n'a toutefois encore été ni convoqué devant un tribunal, ni jugé, ni condamné.

Pourquoi ce rappel? Tout simplement parce que si Monsieur Dord semble si chatouilleux avec la présomption d'innocence quand il s'agit de sa petite personne, il l'est beaucoup moins quand il s'agit des autres. En particulier quand il s'agit d'employés de sa mairie dont il a décidé de se séparer pour des raisons qui restent obscures.

Ainsi, l'on se souvient (ou pas) qu'en décembre dernier, le maire avait refusé d'accorder la protection fonctionnelle à un agent au motif que celui-ci aurait été "reconnu coupable" de piratage informatique. Voici comment Dord avait résumé la situation dans un avis transmis aux élus et à la presse:

De surcroît,
en séance publique du conseil municipal, dans un long rapport ânonné par l'indéfinissable Gigi Mollie, le nom de cet agent avait été cité à plusieurs reprises en signalant, à la demande de Dominique Dord, que la "culpabilité" de cet agent était "avérée" et ne faisait aucun doute.

Or il se trouve que cet agent, malgré une enquête de la police judiciaire mandée par le procureur au printemps 2015, n'a jamais été mis en examen et qu'il n'a pas davantage, lui, été placé sous le statut de témoin assisté. D'ailleurs, il n'y a pas eu d'ouverture d'information malgré le ramdam que la mairie avait cru bon de faire autour de cette histoire. Et si cet agent vient tout juste de recevoir une convocation à comparaître devant le tribunal de Chambéry, c'est bien parce que le maire a dégoté, parmi son personnel préféré, six employées (rien que des femmes!) qui se sont portées (volontairement?) partie civile, au motif que l'agent en question aurait "supprimé, ouvert, retardé ou détourné" des correspondances leur revenant. En gros qu'il aurait eu frauduleusement accès à leurs mails personnels via le serveur de la mairie.

Bon, on ignorait que des employées municipales étaient autorisées à recevoir des mails personnels sur leur lieu de travail, pendant les horaires de bureau, ceci en utilisant le "système de traitement automatisé de données" (l'ordinateur central de la mairie), et donc aux frais des contribuables. Mais passons sur ce détail... Ce qui est surtout amusant, si l'on peut dire, c'est que l'audience de justice à laquelle l'agent est convoqué n'aura lieu que dans cinq mois, le 18 novembre prochain, confer cet extrait de la citation:



Voilà qui, sans contestation possible, prouve que le 5 et le 15 décembre derniers, quand Dord et son Mollie-mélo ont affirmé que l'agent avait été "reconnu coupable", c'était une pure invention de leur part. Une atteinte éhontée à la présomption d'innocence!

Autrement dit, alors que Dord revendique à son profit la présomption d'innocence pour une affaire à 18 millions d'euros minimum, dans le même temps il refuse que cette présomption soit appliquée à un de "ses" employés pour un présumé piratage de mails.


Il est vraiment sans vergogne, ce type!


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