Comment une simple réunion de conseil va mener dans deux impasses

Et les citoyens n'ont pas fini d'en payer les conséquences



C'est comme si il n'avait rien retenu de la leçon que les Britanniques viennent d'infliger aux politiciens européens. Ce jeudi soir, face à la contestation de pure forme de son opposition de gauche, face à un Front national qui va sûrement s'abstenir avec sa détermination (!) habituelle, face à l'inertie et au mutisme de sa majorité de droite, le maire d'Aix les Bains va irréversiblement engager la ville et l'agglomération dans deux impasses qui risquent de coûter cher...




A l'ordre du jour de cette séance, en apéritif, Dominique Dord va proposer et obtenir la disparition de la ville d'Aix les Bains et des autres communes environnantes dans un conglomérat abscons qui, à l'échelon local, va très vite ressembler à cette Europe technocratique que les citoyens rejettent majoritairement.
Nos politiciens nationaux,
souvent avec complaisance, parfois avec lâcheté, toujours sans se soucier d'autre chose que de leurs intérêts immédiats, ont laissé faire de l'Europe un machin incompréhensible où l'on s'exprime en un volapük que les citoyens n'entendent plus. Dans la même veine, les élus locaux du bassin aixois vont accepter de voir, dès le 1er janvier prochain, leur commune disparaître, administrativement parlant, dans un Grand Lac auquel personne, à commencer par eux-mêmes, n'a toujours rien compris. Par peur de déplaire, par peur de perdre leurs petits avantages, ces élus vont voter lundi soir à une large majorité comme le maire-président va le leur demander. Et ceci sans tenir le moindre compte de l'avis des habitants qui sont leur mandants. C'est triste, pitoyable et profondément antidémocratique.

C'est triste parce que l'on peut d'ores et déjà envisager que le futur Grand Lac sera, pour les communes membres, ce que l'Union soviétique était pour les pays satellites de Moscou. A deux différences près. Une, c'est que les petits maires du coin, eux, ne pourront même plus décider du jour du ramassage des ordures dans leur commune puisque tout demain sera décidé par l'Organe Central du Comité exécutif. Deux, en cas de tentative de rébellion, ils n'auront toutefois pas à craindre l'intervention des chars puisqu'il suffira au Président du Soviet suprême Grand Lac de menacer de fermer le tiroir à billets pour que tout rentre très vite dans l'ordre. Ça se passe d'ailleurs déjà un peu comme cela à la CALB, alors, pourquoi se gênerait-il.
Tout cela, jusqu'à ce que, dans quelques années, tout comme avec cette Europe qui fut pourtant à l'origine une excellente idée, le peuple excédé ne rejette à la fois le (bon) principe de la coopération intercommunale et ceux qui la représentent.

L'autre malheur annoncé n'arrivera lundi qu'en fin de séance, au moment où les béni-oui-oui aixois, par lâcheté, par complaisance, par intérêt ou simplement par méconnaissance (ce ne sont pas tous des premiers de la classe!) donneront carte blanche, oui, carte blanche, à leur maire afin qu'il négocie, seul avec Bouygues, l'avenir des Anciens Thermes. Car une fois que le principe de la cession au roi du béton aura été acté lundi soir, le maire n'aura plus à demander l'avis de qui que ce soit avant d'accorder à Bouygues ce que le bétonneur ou d'autres lui réclameront.
Signer un
tel chèque en blanc à un type qui, en sa qualité (sic) de trésorier d'un parti, n'a pas vu s'envoler frauduleusement 18 millions d'euros, voilà ce que les élus majoritaires aixois vont voter lundi soir. Une telle unanimité dans une telle stupidité, il vaudra mieux en rire avant d'avoir à en pleurer.

Note aux benêts qui vont voter jeudi soir: Dans le pré-rapport que le maire a transmis à ses ouailles, il assure, à propos des fameuses tours de 17 étages qui ont tant défrayé la chronique (complaisante) et tant effrayé les Aixois (crédules), que leur hauteur ne dépassera plus le gabarit de l'actuel hôpital Reine Hortense. C'est écrit, c'est promis. Etonnant, non?
Toutefois, si on y réfléchit deux minutes, peut-on croire que si Dord avait vraiment eu l'intention de créer des tours de 17 étages il l'aurait annoncé aussi tôt, en mars dernier? Peut-on croire qu'il aurait attiré l'attention sur cette hérésie avant que la vente à Bouygues soit votée, alors qu'il disait dans le même temps que rien n'était encore arrêté..? Peut-on croire qu'il aurait pour une fois bêtement dévoilé son jeu alors qu'il nous a habitués à jouer ses coups en douce..? Ben, non, hein! On n'y croit pas un seul instant. Les tours de 17 étages, c'était juste fait pour détourner l'attention. Et ça a bien fonctionné, y compris grâce à la bonne presse locale pas très regardante. Pendant que l'on discutait des tours, on ne parlait pas d'autre chose. Par exemple, on ne parlait pas de Peyrefitte (tiens, dans la délibération, on n'en parle toujours pas). Et puis on ne parlait pas non plus de l'autre projet que Dord pourrait bien avoir pour l'utilisation publique (et le financement public) d'une partie des anciens Thermes.


à suivre...


 



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