D. Dord a fait entrer de plain pied la religion dans la vie politique locale

Communautarisme? Vous avez dit communautarisme?



Communautarisme. Que pouvait-on attendre d'autre d'un député-maire qui, dans sa biographie autorisée distribuée aux électeurs avant les municipales de 2008, avait osé publier une photographie le représentant en premier communiant?

Photo extraite de "Le pari audacieux de Dominique Dord" par Ahcène Madani, paru peu avant les Municipales de 2008.

Jusqu'en 2001 les maires qui s'étaient succédé à Aix-les-Bains s'étaient tous bien gardés d'afficher des convictions religieuses. Avec Dominique Dord, tout allait changer. Est-ce pour faire pardonner sa proximité avec un milieu catho plutôt traditionaliste ou bien par pur électoralisme, toujours est-il que dès les premières années de son mandat de maire, Dord allait faire entrer le monde religieux dans la vie publique et politique aixoise.

C'est sous couvert d'une manifestation prétendument historique que la relation entre Dord et la religion musulmane allait s'ouvrir. Prenant prétexte à des accords de paix entre le Maroc et la France préalablement discutés (mais non signés!) à Aix-les-Bains cinquante ans plus tôt, en 2005 le député-maire décidait d'organiser de grandes festivités dans la ville où il venait de se faire élire. Etait-ce déjà en signe d'allégeance si Dord profitait de cette occasion pour implanter au coeur de la ville, dans un lieu hautement symbolique, un monument incongru édifié en l'honneur de feu le Commandeur des Croyants qu'était Mohammed V, un monument, qui plus est, orné de la fameuse étoile à cinq branches, symbole des cinq piliers de l'Islam?

Plaque annonçant la fontaine marocaine en zéliges créée en novembre 2005 au milieu du Parc de Verdure.

Les relations entre la Ville d'Aix les Bains et la religion musulmane étaient désormais gravées dans le marbre. A partir de là, entre Dord et "les musulmans" commençait une grande histoire. Bien sûr, par un oecuménisme censé dissimuler ce communautarisme exacerbé, Dominique Dord ne manquait jamais d'honorer également les représentants des autres religions monothéistes. On le vit ainsi, grâce à la presse aux ordres, recevoir en l'hôtel de ville avec tous les honneurs dus à son rang (?) le Grand Rabbin de France... C'était avant que ce dernier ne soit rattrapé par une vilaine affaire de plagiat et que la photo ne disparaisse des archives de la Ville. On le vit aussi, toujours dans le cadre très officiel de l'hôtel de ville, recevoir en grand tralala le curé de la paroisse Notre Dame en partance pour d'autres cieux.

Dominique Dord faisant l'éloge du Père Pichon (à droite) en le recevant à l'hôtel de ville à l'occasion de son départ.

Mais c'est surtout avec les musulmans que Dominique Dord semblait préférer s'afficher. On le vit ainsi dans la bonne presse locale, et à plusieurs reprises, photographié dans la mosquée du Boulevard Lepic en compagnie des dignitaires locaux. A cette occasion, lui et ses hôtes ne manquaient jamais de rappeler que c'était le député-maire qui avait signé le permis de construire du bâtiment et que c'était la mairie qui subventionnait l'association culturelle (à ne pas confondre avec cultuelle?) des musulmans logée dans le même lieu.

Dominique Dord, reçu seul à la mosquée du Boulevard Lepic, en remerciement de son  action.

Tous ces "beaux gestes" n'étaient sans doute pas désintéressés. A l'aube des élections municipales lui ouvrant un troisième mandat, Dominique Dord et ses nouveaux amis n'hésitaient plus à afficher publiquement leur proximité. Tant et si bien qu'en février 2014, c'est très officiellement qu'un membre (prétendument influent) de la communauté musulmane de Marlioz apparaissait dans la liste du maire sortant pour les municipales. Lors de l'inauguration de la permanence électorale, le candidat Dord était accueilli avec force "youyou" par une forte représentation de cette communauté. Une communauté qui se croyait désormais en terrain conquis puisque l'un de ses représentants se permettait même d'adresser à la presse ce conseil :

Extrait d'un article de l'Essor Savoyard de février 2014.

Dites bien que toute la communauté musulmane était présente ce matin. Une précision que Dord se gardait bien de démentir, ni même de tempérer. Dès lors (une petite partie de) la presse pouvait bien dénoncer les dérives prétendument religieuses commises dans un bâtiment municipal transformé en lieu de prières, le maire se gardait d'intervenir.
Alors que la religion ne relève que de l'intime et n'aurait jamais dû quitter la sphère privée, Dord l'avait faite entrer de plain pied dans la vie publique et politique locale
. Au point de favoriser et de tolérer l'installation d'une mosquée dans un bâtiment appartenant à la mairie, ce qui était contraire à la loi. Au point de ne pas réagir alors que des riverains s'inquiétaient de voir que ce lieu de prière faussement clandestin était fréquenté par des gens venus des départements de l'Isère ou du Rhône. Au point d'ignorer les rapports alarmants que quelques uns de ses collaborateurs lui faisaient passer à propos du changement d'attitude de certains "jeunes".

Ce sera l'histoire (à suivre) de cette mosquée illégale trop longtemps tolérée par le député-maire en dépit des alertes et des articles parus dans la presse électronique ou dans une partie de la presse locale papier,
la moins inféodée...




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