Poursuivons notre balade aixoise avec un curieux petit cabanon...

Quand on pense que pendant des décennies on a emm... les Aixois avec les permis de construire


L'histoire avait connu son triste (voire tragique) épilogue sous Dominique Dord même si elle avait commencé sous le mandat de l'un de ses prédécesseurs.

Un couple ayant choisi de passer sa retraite à Aix les Bains y avait acquis, sur les hauteurs, un terrain afin d'y construire la maison de ses rêves. Le permis de construire avait été accordé et les travaux déjà bien engagés quand ce couple s'avisa que si l'on avançait la maison d'un mètre vers l'ouest, elle offrirait une vue plus étendue. Un permis modificatif fut déposé.
Persuadé que ce ne serait qu'une formalité, l'architecte ordonna à l'entreprise de tenir compte, à priori, de la modification. Et la maison fut construite selon les nouveaux plans. Hélas des voisins ne l'entendirent pas ainsi et il s'ensuivit une bataille juridique longue et coûteuse. Curieusement, la municipalité (avant Dord) prit alors le parti des opposants. Le couple perdit en première instance, en appel et en cassation, devant le tribunal administratif comme devant le tribunal correctionnel. L'addition fut lourde. Financièrement et moralement.


A l'arrivée de la nouvelle municipalité en 2001 la mairie avait déjà engagé un procès contre les deux retraités pour les obliger à détruire cette maison dont le gros oeuvre avait été achevé. Il était encore possible d'arranger les choses, à l'amiable. L'auteur de ces lignes se souvient qu'il était alors intervenu directement auprès de Dord pour qu'il prenne une mesure de bienveilance envers ces pauvres gens qui venaient de perdre une fortune en frais de procès et condamnations diverses et auxquels on demandait de détruire la maison. Une maison qui aurait dû être celle de leurs rêves et qui était devenue celle de leur cauchemar. Dord ne donna pas suite à cette requête. Le couple de retraité finit dans la ruine et le désespoir.

 A Aix, pendant des années, à travers les permis de construire, l'administration a ainsi imposé des normes qui pouvaient aller jusqu'à la pente des toits, la couleur des tuiles ou la forme des fenêtres. Aujourd'hui on construit n'importe où et n'importe quoi dans Aix les Bains. Entre d'anciennes villas de style aux façades peintes et aux toits pentus et ardoisés, on voit se construire des immeubles cubiques aux murs lambrissés de PVC et avec des toits terrasse. Plus surprenant encore, au détour d'une balade, on tombe sur ceci:

Nul ne doute que ce "pavillon" ne permette à ses futurs occupants de vivre dans le confort, ni qu'il trouverait aisément sa place dans un quartier moderne. Une question se pose quand même: quand l'administration municipale autorise cette implantation au beau milieu de maisons traditionnelles, dont certaines vieilles de près d'un siècle, est-il encore utile qu'elle impose ailleurs des normes et des permis de construire aux futurs constructeurs?
Cette ville est en train de ne plus ressembler à rien. On dirait même que certains s'acharnent à la dénaturer.



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