Que vaut, aujourd'hui, l'avis des élus locaux ?

ou la caporalisation de la " coopération intercommunale " !

Il ne faut plus être, il faut se vendre ! Pour se vendre, il faut être identifié comme une marque, si l'on en croit " la bonne parole " délivrée par nos dirigeants libéraux du moment, gauche, centre et droite confondus. Sur la toile des prédateurs de la mondialisation : seuls Riviera des Alpes, Grand Lac, ou Chambéry-Grand lac seront dignes d’être aperçus pour être mieux consommés, mieux croqués ! 

Voilà pourquoi nos communes ancestrales, nos identités locales, doivent disparaître dans les technostructures intercommunales. Ainsi, le complexe politico-technocrate a élaboré et fait voter, en août 2015, la loi NOTRe, au Parlement, à Paris, puis l’a mise en musique, à coup de baguette et de pression, en province et dans les départements.

En Savoie, l’arrêté du Préfet du 24 novembre 2016 constitue un exemple révélateur de cette caporalisation de la « coopération intercommunale » , imposée à des élus locaux abasourdis et dépassés par cette offensive technocratique éclair, inspirée de l’idéologie libérale qui règne sans partage, à Paris comme à Bruxelles. 

Le 24 novembre 2016, malgré les refus des conseils communautaires des Bauges et de Chambéry-Métropole, d’une majorité de communes de ces deux agglomérations , de la commission départementale de la coopération intercommunale de la Savoie, malgré l’absence des conditions de majorité requises pour la fusion par l’alinéa 3 de l’article 35 de cette fameuse loi NOTRe du 7 août 2015, le préfet de la Savoie a prononcé la fusion des Bauges et de Chambéry, le mariage de la carpe et du lapin, pour le 1er janvier 2017  !

Et là, silence dans les rangs. Silence complet puisque même la presse n’a pas pipé mot ! De toute façon, il ne fallait pas attendre plus de celle-ci !

Même silence d’ailleurs en ce qui concerne l'arrêté préfectoral du 17 novembre 2016 créant, au 1er janvier 2017, le futur Grand Lac, et où il apparaît que seules…les communes de Drumettaz-Clarafond, le Montcel, Vions, Chanaz et Motz s’étaient opposées à ce projet de fusion...Les communes de Trévignin, Tresserve, et la Chapelle-du-Mont-du-Chat s’étant elles abstenues… Elles aussi n'étaient donc pas favorables ?

Après l'effacement voulu de l'échelon national historique, puis la création de grandes régions technocratiques artificielles, soi-disant plus à même d’être compétitives avec les grandes régions européennes, qui, elles, recouvrent souvent une réalité historique, économique et politique très ancienne, nous voilà arrivés à la création de grandes technostructures intercommunales pilotées par de coûteux cabinets de consultants, où la réflexion et la bonne volonté de l’élu local font figure d’anachronismes, avant d’être l’objet de moqueries entre-soi !

A force de ne penser qu’à bétonner notre environnement et à ravaler la façade institutionnelle pour mieux se vendre, la France a oublié l’essentiel : un vision industrielle stratégique et, corrélativement, les investissements en matière de recherche-développement et de gains de productivité qui doivent l'accompagner. Résultat : l'industrie est en berne. Cette force vive de notre pays a été rachetée par des capitaux étrangers ou délocalisée à l’étranger. 

Alors que l’on trouve sans peine deux ou trois millions d’euros pour construire, encore, un nouveau rond-point, personne n’a été capable d’aider l’entreprise Lisa-Airplanes, implantée à Savoie-Technolac, à collecter deux millions d’euros pour poursuivre son activité dans l’aéronautique. Deux investisseurs chinois, dont l’un originaire de la campagne, l’ont fait et ont racheté cette entreprise innovante, française.  "http://www.lebulletinvoglanais.fr/dominique-dord-et-l-affaire-de-la-chambotte/les-affaires-immobilières-au-détriment-de-l-innovation/" Y-a-t-il exemple plus parlant ?

Le sort en est donc jeté. A l’avenir de parler !

Marcel GIRARDIN   Conseiller municipal de Voglans

Ci-dessous : extrait de l'arrêté préfectoral du 24 novembre 2016                                         

 

    Ci-dessous : extrait de l' arrêté préfectoral du 17 novembre 2016

 

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