Sous un prétexte de déchets, le président de la CALB veut tous nous ficher...

... à partir d'une plateforme basée à San Francisco !


Mais qu'est-ce qui lui est passé par la tête. Pourquoi le président de la CALB veut-il tous nous ficher en nous contraignant à lui fournir des renseignements qu'aucune loi ne nous oblige à lui donner. Et pourquoi fait-il traiter ce fichier par une société basée aux États-unis, à San Francisco?
Une vraie histoire de fous qui a failli passer inaperçu.


Tout commence par une annonce en apparence anodine largement répandue sur les sites dépendants ou partenaires de la Communauté d'agglomération


Sous des airs attrayants et ludiques, la CALB nous annonce que désormais il va falloir se faire enregistrer auprès d'elle avant d'être autorisé à aller se débarrasser de ses encombrants dans les déchetteries. Surprenant, non?

Les déchetteries ont été inventées et développées, et avec un certain succès reconnaissons-le, pour éviter que les gens n'abandonnent n'importe où leurs déchets encombrants ou non-ménagers. Cela fait des années que cela fonctionne à la satisfaction de tous.
L'équilibre financier de ces déchetteries étant entièrement supporté par l'ensemble des contribuables locaux, on ne voit pas pourquoi, soudainement, les utilisateurs seraient obligés de se faire enregistrer préalablement auprès de la communauté qui les gère.
Ce "flicage" n'a quand même pas pour but d'éviter que des habitants d'autres communautés ne viennent profiter de nos déchetteries? Et si tant est que des habitants de Novalaise, de Rumilly ou d'Albigny profiteraient d'un passage à Drumettaz pour se décharger d'encombrants, ce serait vraisemblablement très marginal et ne justifierait pas un "flicage" de l'ensemble des utilisateurs. Et quand bien même la CALB voudrait absolument s'assurer que chaque utilisateur de la déchetterie locale est autorisé à y faire un dépôt, il lui suffirait d'exiger au passage une copie de la taxe foncière ou d'habitation, voire une carte distribuée gratuitement dans chaque mairie. Et le tour serait joué, sans que personne n'ait eu besoin de se faire préalablement en-re-gis-trer!


Alors à quoi rime ce fichage? On se pose d'autant plus la question que la curiosité de la CALB ne s'arrête pas à un simple enregistrement ni à une simple déclaration. Non. Pour nous enregistrer, la CALB exige qu'on lui fournisse un justificatif de domicile (bof!) mais aussi et surtout... Une copie de la carte grise du véhicule autorisé à pénétrer sur le site de la déchetterie. Et là, on ne s'interroge plus, on s'indigne, on se révolte même.

Big Brother is Watching Us. Why ?

Pour justifier cette curieuse exigence, la CALB prétend que c'est à partir du contrôle de leur plaque d'immatriculation que les véhicules seront autorisés à pénétrer sur les sites des déchetteries. Sans s'attarder sur l'incongruité ou l'efficacité de ce genre de contrôle, il y a quand même un truc qui n'est pas clair.  Pourquoi ne pas se contenter d'une simple déclaration sur le ou les numéros du ou des véhicules ? Pourquoi exiger la copie de la carte grise du ou des dits véhicules? Qu'est-ce que la CALB peut bien faire avec la copie intégrale de tous les certificats d'immatriculation des véhicules que possèdent l'ensemble des citoyens de l'agglomération? Rappelons que sur ce certificat, outre le numéro d'immatriculation et l'adresse du propriétaire, on trouve la marque, le modèle, la puissance, la date d'achat, voire le mode d'achat (leasing) du véhicule.

Que peut bien faire la CALB avec ce genre de renseignements?

On a longtemps cherché une réponse à cette question. Et c'est un ami informaticien qui nous l'a apportée. Et attention, ça fait peur !


Notre ami informaticien a découvert que ce n'est pas sur un site propre à Grand-Lac que les données des utilisateurs vont être traitées mais sur une plate-forme qui l'a intrigué. Un truc comme https://form.jotformeu.com/70000000. Poussant plus loin ses investigations, il découvre que tout est écrit en anglais. Une adresse attire son attention: 1700 Montgomery St San Francisco, CA 94111. Eh, oui, le site dédié aux déchetteries aixoises passerait par les States, chez l'oncle Donald. Est-ce à dire que toutes les informations que les utilisateurs vont donner à la CALB Grand-Lac vont se retrouver sur un serveur américain? Pas forcément mais, une chose est sûre, elles vont, au moins pour un temps, quitter le site interne de la CALB pour voyager. Et alors, diront certains..?

Alors, dans ces conditions, rien n'empêcherait une grosse société extra nationale, qui n'en aurait rien à faire des lois françaises, de mettre la main sur ce fichier. Ensuite, elle pourrait revendre à qui elle veut les données ainsi recueillies au fil des années. Et un fichier sur lequel on trouverait les noms et adresses de tous les habitants d'un secteur, avec le nombre de véhicules qu'ils possèdent, la marque, le genre, la fréquence avec laquelle ils en changent, ça peut valoir très cher.
Non seulement ça peut valoir très cher, nous a confié cet informaticien, mais c'est aussi une intrusion dans la vie personnelle de chacun. Il a été démontré que des sites spécialisés, à partir de ce genre d'informations, sont capables de prévoir les réactions des gens, de susciter des impulsions d'achat, voire même de prévoir des grossesses...

Conclusion, selon notre expert en informatique, le président de la CALB a pris le risque de mettre en fichier des données très personnelles des habitants de la communauté de l'agglomération et nul ne peut prévoir ce qu'il adviendra, tôt ou tard, de ce fichier.
Voilà en tout cas une bonne raison, pour ceux qui se méfient déjà de facebook et autre tweeter, de refuser de se faire ficher à la CALB  avant d'aller déposer ses encombrants dans les déchetteries.
Car, à ce rythme, si on accepte aujourd'hui de passer sous les fourches caudines de la CALB, demain faudra-t-il se faire "pucer" sous la peau pour être autorisé à déposer nos ordures ménagères ou les papiers recyclables dans les horribles containers? Ou à côté quand ils débordent..?

Au fait qu'en dit la CNIL, (la commission nationale informatique et liberté) ?
A-t-elle été consultée au moins?






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