Une voie verte qui va faire grise mine: les frustrés, comptez-vous !

On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts


suite de l'article mis en ligne le 28 février


Comme on l'a précédemment laissé entendre, la fameuse "voie verte" de Cotefort, décidée par Dominique Dord, aura surtout été l'occasion de viabiliser, aux frais des contribuables de l'agglomération, plusieurs hectares de terrains privés sur le territoire aixois. C'est désormais une évidence.

A cette aune, on devine qui sont les gagnants de l'opération. Au premier chef, il y a les propriétaires des terrains concernés, hier invendables, aujourd'hui constructibles. En second lieu, on trouve les opérateurs immobiliers, tel le cabinet d'architecte aixois Chanéac. Un cabinet qui va trouver là l'occasion de se rattraper si l'on se souvient que c'est Chanéac qui avait été retenu pour l'opération immobilière programmée sur les trois hectares du site de la Crémaillère, au Bois Vidal. Une affaire qui avait lamentablement capoté. Parmi les gagnants on trouve aussi la puissante Cogedim, l'un des leaders de la promotion immobilière en France. Quant au châtelain de Brison, promoteur immobilier à ses heures, accessoirement député-maire d'Aix-les-Bains et grand superviseur de l'opération, à plus d'un titre il est le grand gagnant de l'opération...

La voie verte, elle, s'apprête à faire grise mine

Voyons maintenant les perdants potentiels ou à prévoir. D'un simple point de vue purement moral ou intellectuel, classons parmi les perdants les "béni-oui-oui" des deux assemblées, municipale et intercommunale, qui n'ont pas su (ou pas voulu) voir que derrière l'opération "voie verte" se préparait une opération immobilière de grande ampleur. Classons-y aussi les (rares) cyclistes ou promeneurs qui furent enthousiasmés par la perspective d'une voie verte. Ceux-là ne vont pas tarder à déchanter car un immense chantier -qui va courir sur une dizaine d'années- s'annonce dans le secteur. On peut en effet facilement imaginer que la traversée et le voisinage de camions et d'engins de travaux vont beaucoup enlever à cette voie verte le côté tranquille et bucolique qui faisait son charme. Et l'on ne parle pas du futur environnement très urbanisé. La voie verte va vite faire grise mine.

Intéressons nous aussi aux futurs acquéreurs de logements dans un site idyllique et enchanteur, tel que cela est présenté dans l'article du supplément du daubé (voir mise en ligne du 28 février). Ce projet, qui ne prévoit la création que d'une cinquantaine de logements, apparaît très mesuré et s'intégrant parfaitement à l'environnement. Or, ce que l'article a oublié de préciser, c'est qu'il ne s'agit là que d'une première tranche d'un programme qui en comporte cinq. En effet, au PLU, ce n'est pas 50 logements qui ont été prévus mais 240, quasiment cinq fois plus!
Une telle densité de logements sur 45.000 mètres carrés maximum de terrain (hors dessertes), cela fait un ratio de un logement par 180 mètres carrés au sol. C'est quasiment une petite ville dans la ville qui va naître là. Et il y a un autre détail que l'article publicitaire a omis de fournir, à savoir que parmi les 240 logements, les promoteurs vont avoir l'obligation de réaliser, pour chacune des tranches, 20% au moins de logements locatifs sociaux. Soit un minimum de cinquante logements locatifs sociaux. L'entre-soi recherché par certains candidats acquéreurs, ceux auxquels s'adresse la publicité, risque d'en prendre un coup.


Reste enfin, parmi les perdants potentiels ou prévisibles, les riverains de l'ancien lotissement de Cotefort qui ont vu la mairie s'emparer autoritairement de leur voirie interne, jusque là privée ou privative. A ceux-là, le député-maire a promis que la "voie verte", celle qui traverse le futur lotissement pour aboutir dans l'ancien, ne serait jamais ouverte à la circulation automobile. C'est le genre de promesse qui n'engage que ceux qui la reçoivent. Car il est probable que le jour où les 240 logements nouveaux seront achevés, et compte tenu des conditions difficiles de circulation vers le haut, les autorités locales décideront d'organiser une sortie supplémentaire vers le bas, c'est à dire en traversant l'ancien lotissement. Et comme la voirie sera municipale, personne ne pourra s'y opposer.

Si ceux-là doutent encore de leur sort, qu'ils aillent interroger les habitants du lotissement le Clos des Mûriers, situé géographiquement sur la commune de Brison-Saint-Innocent, c'est à dire bien en amont des futures résidences. Ces riverains avaient choisi d'acquérir une maison individuelle dans un lotissement en cul de sac entouré de forêt. Peinards qu'ils se croyaient! Leur tranquillité vient d'en prendre un coup quand ils ont découvert que la voie principale (pour le moment) d'accès aux futures constructions c'était celle de leur lotissement jadis si tranquille.

Le paisible Clos des Mûriers: finie la tranquillité?

Depuis, ces Saintinois voient passer régulièrement les camions et autres engins se rendant sur un chantier situé, lui, sur Aix-les-Bains. Ils en ont conclu que leur maire leur avait joué un vilain tour. Ce qui a fait dire à l'un d'eux "On a élu ce maire parce qu'il se disait indépendant et l'on découvre qu'il est le petit caniche de Monsieur Dord". Pas gentil pour les caniches car on en connaît qui grognent et se rebellent... 



Que voilà de beaux sujets de méditation à l'heure où les citoyens, au moins ceux qui commencent à se dessiller les yeux, s'interrogent sur la crédibilité et la probité des élus, y compris des "tyranneaux" locaux comme les appelle l'ancien procureur Eric de Montgolfier en parlant des Dord ou de ses semblables.
" Trop de maires se comportent en tyranneaux, imposant à des majorités prosternées des choix qu'ils ont seuls inspirés". (E. de Montgolfier dans "On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts" ed. Cherche Midi)

à suivre


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