Le pari courageux (ou pas?) de Marina Ferrari...

Pour plagier le livre hagiographique sur D. Dord



Elle en veut, elle en rêve mais osera-t-elle franchir le Rubicon. Rien n'est moins sûr.

Cela fera bientôt quinze ans que, dans l'ombre de son tonton, Marina Ferrari caresse le secret espoir d'ajouter son prénom dans le marbre où sont inscrits les maires successif d'Aix-les-Bains.
L'exemple de son oncle, Gratien Ferrari, n'a cessé de la motiver. Il faut dire aussi que le tonton y avait mis beaucoup du sien. C'est Gratien, l'ancien maire et ancien député, qui se sacrifia (et sacrifia aussi un ami, comme il le regretta plus tard!) pour lancer sa nièce dans le grand bain politique.

En 2007, tonton Gratien se dépensa sans compter pour permettre à Marina, alors anonyme membre de l'UDF, de participer à la campagne législative... Contre le sortant, Dominique Dord!
Grâce à Tonton et à ses réseaux (et à ses finances) la nièce réussit peu ou prou cette première percée. Certes, suppléante d'un illustre inconnu, elle ne fut pas qualifiée pour le second tour mais elle fit comprendre à Dord qu'il faudrait désormais compter avec elle dans la vie politique municipale aixoise.


De fait, au lendemain des législatives qui avaient vu le tandem Bezat-Ferrari réaliser un score de 9% parmi une pléthore de candidats, l'oncle et la nièce se mirent à croire que les municipales de 2008 leur ouvriraient des portes. Pendant les mois qui suivirent Gratien Ferrari fit jouer ses réseaux, mobilisa des financements et s'apprêta à lancer sa nièce dans la compétition municipale en constituant une équipe autour d'elle.

Mais voilà, alors qu'une véritable chance de marquer les esprits (et des points en même temps) s'offrait réellement à Marina, à trois mois du scrutin elle décida de choisir la facilité et la trahison. Plutôt que de courir le risque d'une possible défaite, elle préféra rejoindre (en 4ème position) la liste de Dominique Dord et abandonna son tonton en pleine dépression. Le coup fut rude pour l'ancien député-maire et se transforma ipso facto en un drame familial. Marina s'est ainsi retrouvée au ban de la famille Ferrari. Quand on est prêt à payer ce prix pour son entrée en politique, on peut dès lors abandonner tous les scrupules.

Grâce à cette trahison, Marina Ferrari fit son entrée dans le marigot municipal aixois. Elle s'y trouva à l'aise. Quelques années plus tard, devenue, sans avoir convaincu, 1ère adjointe et conseillère départementale, doit-elle désormais se résigner à n'être que l'éternelle seconde et à ne jamais inscrire son prénom au tableau des maires de la ville..?

Car si d'aventure, Renaud Beretti, le successeur de Dord, venait à être élu en mars prochain (ce qui est loin d'être gagné) il est évident qu'à cinquante deux ans il ne serait pas prêt à abandonner prochainement la place. Et comme, compte tenu de l'état de décomposition de l'UMP, le poste de maire deviendrait pour Beretti son bâton de maréchal, on ne le voit pas le quitter volontairement.
De fait, si la Marina veut accomplir cette prouesse (et promesse) de devenir maire comme l'avait été Tonton, elle n'a aujourd'hui qu'une seule opportunité, à savoir conduire elle-même une liste estampillée En Marche au premier tour. Elle pourrait, dans cette perspective, proposer à Beretti un contrat selon lequel les deux listes se rejoindraient au second tour derrière celle qui aurait fait le meilleur score. Et que de ce score dépendrait le choix du (de la) prochain(e) maire... Et Beretti serait bien en peine de rejeter brutalement une telle proposition.

Sur le papier l'idée paraît excellente, d'autant plus qu'un récent sondage n'annonçait pas pour l'intéri-maire sortant une réélection dans un fauteuil en 2020. Le score de l'UMP aux Européennes est venu le confirmer. Couper l'herbe sous le pied à d'autres listes potentielles en ratissant large et en divisant les électeurs au premier tour des Municipales pour mieux les réunir au second serait sans doute une bonne stratégie. Seulement pour mettre en pratique cette stratégie, il faudrait que le courage et la volonté l'emportent sur la facilité et le désir de paraître. Pas comme en 2008.
Il est vrai qu'à l'époque la stature présumée du maire en place pouvait encore faire peur.
Mais aujourd'hui, qui a peur de Beretti?



En 2008, juste avant les municipales, le maire sortant avait commandité sous forme de livre une véritable hagiographie de sa personne intitulée "Le pari courageux de Dominique Dord", d'où le titre de cet article.

Dans cet ouvrage on avait même eu droit à une photo du courageux en premier...
communiant! Déjà en ce temps-là on ne lui donnait pas le Bon Dieu... sans confession!

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