Humour: un scénario loufoque, délirant, farfelu et invraisemblable

LE PEU GLORIEUX RETOUR DES CHARLOTS, VERSION AIXOISE

Pour finir l'année en gaîté, mieux vaut en rire...

 Cinéma grand format: on pensait avoir tout vu et tout entendu avec cette équipe de Charlots mais leur dernier scénario, qui a fait un temps preuve d'une imagination débordante, finit par sombrer dans une sorte de méli-mélo mégalo et invraisemblable.

On vous résume le pitch de ce mauvais film comme le ferait un critique de cinéma...


L'action du film commence en 2005 quand l'aîné des Charlots décide de racheter les bâtiments des Anciens thermes à l'État. Devant des électeurs ébahis par tant d'audace il promet d'y installer durablement une école universitaire (oui, universitaire!) d'esthétique. Rires garantis dans la salle. Puis, il annonce qu'il va y implanter un dojo départemental (rires). Il promet aussi d'y créer une médiathèque. Rires. En attendant il y installe l'office de tourisme (rires). Et aussi une annexe de l'Hôpital Psychiatrique. Là on sent que ça devient vraiment loufoque. En même temps, Charlot l'aîné dépense les millions d'euros à la volée pour restructurer les vieux bâtiments. L'argent coule à flot et le spectateur commence à se demander où il faut rire.
Le scénario saute alors quelques années. On arrive en 2017, l'aîné des Charlots découvre soudain que les bâtiments des Anciens thermes qu'il a rachetés vont coûter trop cher à rénover. Il ne sait plus quoi en faire. Les rires dans la salle se font discrets. Le public s'attend à ce que l'aîné des Charlots s'en aille faire un stage à l'annexe psychiatrique qu'il a lui-même ouverte dans les lieux, ce qui, à défaut d'être original, serait logique. Mais il n'y a plus rien de logique dans le scénario.
Par un rebondissement aussi inattendu que surprenant, Charlot l'aîné choisit de vendre l'ensemble des bâtiments des Anciens thermes à un copain promoteur immobilier. C'en est fini de l'antenne psychiatrique tout comme de l'université d'esthétique et autres occupations hétéroclites. Plus question de dojo ni de médiathèque. Vive la transformation des bâtiments en cellules commerciales et en appartements. Avec même, suprême bouffonnerie, un rajout moderne de huit étages au-dessus des anciens bâtiments thermaux. C'est du délire, on est presque dans la science fiction et le spectateur commence à décrocher.
Ce pourrait être la chute, surtout quand Charlot l'aîné annonce le prix de vente. Un vrai gag: 1,2 million d'euros alors qu'il a déjà dépensé près de 20 millions d'euros dans les lieux. Là on se dit que les scénaristes ont fait très fort dans l'outrance. C'est de moins en moins crédible. Comment le public peut-il avaler cela? Qui peut croire qu'un individu, en apparence normal, pourrait être aussi fou avec l'argent des autres? Mais on n'a pas encore tout vu. D'autres rebondissements encore plus farfelus sont à venir.
En effet, après avoir vendu l'ensemble des bâtiments à son copain promoteur pour ce prix ridicule, Charlot l'aîné passe le relai à Charlot le cadet.
Là, le scénario ne devient plus du tout crédible. Car Charlot cadet qui a d'abord assumé l'héritage de son aîné prépare un nouveau retournement de situation. Un mois après avoir confirmé la vente voulue par Charlot l'aîné, Charlot le cadet décide brusquement d'en racheter une partie au promoteur. On est dans la démence totale. Et quelle partie! Il s'agit de celle dont la rénovation va coûter le plus cher. Et cela pour ne pas rapporter un fifrelin. A ce stade on est en train de perdre le spectateur. Si Charlot l'aîné n'avait pas assez d'argent pour rénover la partie des bâtiments qui avait une vraie valeur marchande, on ne voit pas où son cadet va pouvoir trouver les fonds nécessaires pour rénover la partie la plus ancienne. Invendable. On devine que le promoteur, qui s'était d'abord engagé à les rénover à ses frais, est soudain ravi de se débarrasser de ce fardeau. Mais tout cela est irréaliste, croquignolet. Totalement délirant.
Jamais, dans les films qui portaient leur marque, les vrais Charlots n'avaient commis autant de bévues. Ce scénario est invraisemblable. Personne ne peut y croire. Même dans une comédie débridée, il y a des limites à ne pas franchir. On avait connu les vrais Charlots en plein délire au siècle dernier. Ils en ont tourné des niaiseries, Les Fous du Stade, la Grande Java, les Charlots en délire, Les Bidasses en Folie, Charlots Connexion
ou encore le Grand Bazar. A chaque fois ils poussaient l'invraisemblance dans ses extrêmes.
Mais trente ans après ces années folles, fallait-il vraiment aller plus loin dans le délire et produire ce pitoyable remake: les Charlots aixois et les Anciens thermes?
Un film à fuir (si c'est encore possible).

Opticon.

Note aux benêts qui vont voter en mars prochain:
Le scénario complètement délirant et stupide dont il est question ci-dessus n'est pas une simple vue de l'esprit. C'est une triste réalité. C'est vrai que Dominique Dord, alias Charlot l'aîné, a décidé seul de racheter les Anciens thermes, c'est vrai qu'il avait promis d'y installer durablement: un dojo départemental, une médiathèque, une école d'esthétique délivrant des diplômes universitaires, un office de tourisme, une annexe du CHS de Chambéry, des services municipaux... C'est vrai qu'il a dépensé dans les lieux plus de 20 millions d'euros. C'est vrai qu'il a ensuite vendu la totalité des bâtiments, soit 55.000 mètres carrés de locaux, pour 1,2 million d'euros à Bouygues et consorts. C'est vrai que Renaud Beretti, alias Charlot le cadet, a laissé faire. Mieux, il a approuvé ces errements par ses votes successifs. Non seulement il a cautionné la vente à Bouygues mais il l'a confirmée par un autre vote en novembre dernier. Et puis, fin décembre, le voilà qui annonce qu'il va racheter 4.200 mètres carrés dans les Anciens thermes. La partie la plus ancienne mais aussi celle qui n'a aucune valeur commerciale, celle pour laquelle la remise en état et la dépollution vont coûter le plus cher. Tout cela pour y installer, vers 2025 ou plus tard (ou jamais) la médiathèque que Dord avait promis aux Aixois en 2007. Et même que le daubé s'en extasie de bonheur:


Oui, il y a des jours où l'on se dit que les pires scénarios qu'un auteur n'oserait jamais imaginer, il y a des personnages politiques tels que Dord, Beretti et leur clique qui sont capables d'en faire des réalités dramatiques.
Et ce que les spectateurs refuseraient, les électeurs aixois vont l'approuver
Les Charlots ont de l'avenir à Aix-les-Bains.
Et bonne année quand même à tous !

Op.

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