Le cri des citoyens: FICHEZ NOUS... LA PAIX!

ILS ONT DE BONNES RAISONS DE SE MÉFIER DES TROUBADOURS


On s'est précédemment étonnés de constater que R. Beretti avait tenté de cacher sa présence à Albertville, en tant que directeur de cabinet du maire, de 1998 à 2001. Force est de constater que dans ces années-là l'atmosphère de la sous-préfecture savoyarde n'a pas senti que la dioxine. Elle a aussi été empoisonnée par une autre histoire qui, elle, sentait plutôt... le soufre!


On veut parler de l'affaire dite "fichier troubadour", une drôle (façon de parler) d'histoire qui a attiré l'attention des médias nationaux, confer cet article paru en 2005 dans le quotidien Libération:


En résumé, en septembre 2001 un officier de la police nationale avait constaté que la police municipale d'Albertville, placée sous les ordres directs du maire, avait constitué illégalement un curieux fichier.
Les policiers municipaux avaient ainsi relevé les plaques d'immatriculation d'automobilistes qu'ils soupçonnaient (sic) d'être soit homosexuels soit d'origine maghrébine. A partir de ces plaques, les cipaux avaient consulté, toujours illégalement, les fichiers nationaux pour obtenir l'identité et l'adresse des propriétaires des véhicules. C'est à partir de ces renseignements que la police municipale d'Albertville avait constitué ce qui était appelé le "fichier troubadour".

Selon les articles de presse de l'époque, le maire d'Albertville avait alors tout fait pour couvrir les auteurs de ce fichier immonde. Il avait même donné l'ordre à son directeur de cabinet d'aller le détruire. C'est un officier de la police nationale qui avait alerté la justice. Laquelle justice s'était empressée...de ne rien faire, sinon de rechercher l'auteur des fuites. C'est seulement quatre ans après que la Ligue des Droits de l'Homme avait saisi un juge d'instruction. Trop tard. Les faits étaient alors prescrits et aucun des auteurs, commanditaires ou "bénéficiaires" de ce fichier ne fut jamais inquiété.

La vérité nous oblige à préciser à ce stade qu'au moment où les faits ont éclaté (septembre 2001), Renaud Beretti n'était plus directeur de cabinet du maire et qu'aucun lien direct entre sa présence et l'existence de ce fichier scandaleux n'a jamais été démontré...

Reste quand même un curieux rapprochement avec l'histoire aixoise récente.
En effet, c'est quand il était chef de cabinet à Albertville que Beretti a pu apprécier l'intérêt d'avoir une police municipale directement sous les ordres de la mairie. Ce qui pourrait expliquer pourquoi, alors que Dord avait publiquement déclaré qu'il était hostile au renforcement de la police municipale, à son armement et à l'installation de caméra de vidéo surveillance (cf ci-dessous)...

extrait du rapport de la Chambre des Comptes de 2004 dans lequel Dord se déclarait hostile au renforcement des mesures de contrôle par la ville

...Oui, pourquoi malgré les réticences de Dord, Beretti a pu imposer à Aix les méthodes qu'il avait éprouvées à Albertville.

Car c'est bien Beretti qui a renforcé les effectifs de la PM aixoise, c'est bien lui qui a insisté pour que les policiers municipaux aixois soient lourdement armés, c'est lui qui a recruté un ancien du GIGN, c'est bien lui qui a imposé de couteuses (et pour l'heure totalement inutiles à l'intérêt public) caméras de vidéo surveillance un peu partout dans la ville. C'est encore Beretti qui a imposé à Aix un système de paiement du stationnement qui oblige les automobilistes à enregistrer le numéro de leur plaque d'immatriculation (tiens, tiens) en même temps que leur carte bancaire. Largement
de quoi constituer un fichier...
Et si on extrapole un peu, on notera que la plupart des Aixois (en tout cas tous ceux qui fréquentent les déchetteries) ont également communiqué à la CALB (Berreti en est le vice-président) le numéro d'immatriculation de leur voiture ainsi que leur nom et leur adresse. Soit encore un fichier informatique avec plaque d'immatriculation.

De là à penser qu'un esprit tordu pourrait, en mélangeant et en comparant tous ces fichiers informatiques, collecter nombre de renseignements sur les habitudes ou allées et venues de tel ou tel, cela ne relèverait pas d'une grande imagination.

Voilà qui pourrait expliquer pourquoi le candidat maire Beretti n'a pas eu envie que ses électeurs puissent faire quelque rapprochement entre sa présence à Albertville et les scandales qui ont émaillé la vie de cette petite cité savoyarde au début du siècle.
Il est vrai que le fait de savoir que le maire de sa ville a la possibilité de commander la police et de surveiller les allées et venues de chacun n'est pas de nature à rassurer ceux qui s'inquiètent du traçage, voire du flicage de tous qui devient la norme.

Alors si, en même temps, on se rappelle que ce genre de flicage peut conduire à des "fichiers troubadours" ou autres, c'est sûr que cela peut légitimement inquiéter les gens épris d'une liberté individuelle qui tend à disparaître. Et à les conduire à ne pas voter pour un maire qui a fait sa priorité de la surveillance de ses concitoyens.
Ces derniers ont sans doute envie de crier à l'ex directeur de cabinet professionnel:

Beretti, fichez-nous! D'accord! Mais fichez nous... la paix!

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