DÉBAT... OUI, MAIS PAS DES HAUTS

QUE RESTE-T-IL D'UNE CONFRONTATION TÉLÉVISÉE ENTRE TROIS CANDIDATS PRINCIPAUX PLUS UN ?


A l'origine, comme on peut le voir sur cette capture d'écran réalisée quelques minutes avant la diffusion...

...France 3 prétendait qu'il y avait "TROIS principaux candidats au fauteuil de maire" à Aix-les-bains. A savoir M. Ferrari, R. Beretti et A. Gimenez.
Mais, Ô surprise, au moment de la diffusion il y avait un quatrième intervenant, un inconnu sans doute, qui avait pris place à côté de l'intéri-maire:

En fait d'inconnu, il s'agissait de Dominique Fié, un candidat au moins aussi principal que les trois autres et qui avait dû batailler ferme pour être finalement invité. Sacrés journalistes de France3 Alpes, toujours aussi indépendants*.

(Le débat eut donc lieu en présence de ces quatre-là. Et quid de C. Derenty, qui avait lui aussi annoncé sa candidature et qu'un passage télé aurait pu conforter dans sa recherche de colistiers? Aux oubliettes de la télé...)


Les audiences relativement confidentielles de France 3 Alpes auront-elles une influence sur le choix des électeurs?
Le débat a-t-il consacré un vainqueur potentiel? On va essayer d'y répondre en imaginant ce que le téléspectateur a pu retenir des candidats.


Marina Ferrari: ce fut d'abord une agréable surprise. Ce fut aussi celle qui présentait le mieux. Et puis elle sût développer ses arguments avec beaucoup de clarté. On sentait qu'elle avait bien potassé son sujet. Elle exposait avec calme ses idées pour relancer le commerce local. Elle déplorait, avec justesse, que les dirigeants aixois n'avaient pas cru utile de s'associer à Chambéry et Annecy (deux agglos qui vont travailler ensemble) pour constituer une métropole attractive. Elle était pleine de bon sens. On aurait aimé la croire. Un d'un seul coup on se souvenait qu'elle avait été pendant douze années l'adjointe de Dord, à la mairie (et à la CALB). Et l'on se demandait pourquoi auparavant elle n'avait jamais fait ces propositions. Pourquoi elle avait suivi aveuglément dans ses errements l'ancien député-maire et président d'une modeste agglomération Grand Lac aujourd'hui isolée entre les agglomérations annecienne et chambérienne..?
Ah, si Marina avait été maire plus tôt... Et, de fait, indice de crédibilité: 5/10.


André Gimenez: Il fut le plus à l'aise des débatteurs. Calme et se départissant rarement de son sourire, il donnait l'impression de croire à son destin. Il a tenté un coup en mettant en avant un projet, sinon original mais dont il était le seul à être porteur: la remise en service d'un train à crémaillère pour desservir le Revard à partir d'Aix-les-Bains. Un projet qui serait porté par des investisseurs privés et qui attirerait ici une catégorie de touristes qui boudent actuellement une Riviera des Alpes pas crédible. Pourquoi pas. Il fut aussi très clair sur un autre point: si c'est lui le prochain maire il arrêtera la vente des Anciens thermes et renoncera aux tours végétalisées qui y sont prévues. Une conversion tardive? En 2018, lors du vote sur la vente des bâtiments à Bouygues, il n'était ni pour ni contre et s'était abstenu. Indice de crédibilité: 7/10.


Dominique Fié: Avec lui pas de surprise. Homme de gauche il était avant d'être candidat, homme de gauche il est resté. Alors il s'est ouvertement placé en opposition à ce qui a été fait dans la ville. Lui non plus n'est pas favorable à la vente des Anciens thermes et ce n'est pas nouveau. Il n'approuve pas davantage la folie immobilière qui s'est emparée d'Aix-les-Bains sous les trois précédents mandats. Lui aussi aimerait que l'on arrête un certain type de constructions pour favoriser d'autres catégories sociales. Et surtout il a eu la sagesse de ne pas venir exposer des projets pharaoniques auxquels plus personne ne croit. Et il n'a pas essayé de laisser croire que c'est lui qui demain sera maire. Mais en l'écoutant on se disait que si demain il pouvait faire entendre et partager un peu de sa vérité sociale à un autre maire, ce ne serait pas forcément inutile. Indice de crédibilité: 8/10.

Renaud Beretti: Lui, il a joué en permanence au funambule, il marchait sur un fil qui se détricotait au fil de ses pas. Dur, dur, de n'être que l'intéri-maire de Dord. La vente des Anciens thermes à Bouygues, il l'a approuvée du bout des lèvres tout en rappelant aussitôt que, lui, quand il a été élu maire (ah, il aime à le rappeler) il s'est empressé d'en racheter une partie. Comme il aime à prétendre (ce qui est faux mais bon, il n'était pas interdit de mentir) qu'il aurait mis fin à l'urbanisation intensive et anarchique menée depuis des lustres. En oubliant au passage que pendant ces mêmes lustres il était le premier conseiller du promoteur immobilier en chef qui s'appellait Dord. Pas à l'aise avec son court mandat (18 mois) de maire, pas à l'aise avec le bilan de son prédécesseur, il est certainement celui qui n'a pas laissé la meilleure impression. Un peu arrogant aussi parfois, on a même cru qu'à un moment il allait claquer à un concurrent qui le contredisait "On n'interrompt pas le maire quand il parle". Mais il s'est contenté de glisser une ironie tombée à plat.
Alors, quand un type qui est aux affaires publiques de la ville depuis 16 ans (quatre comme directeur de cabinet, onze comme 1er adjoint et un et demi comme maire) vient vous promettre pour demain tout le contraire de ce qu'il a encouragé ou fait hier... Indice de crédibilité 3/10




Et le grand perdant du débat est: Eh bien c'est le grand absent. Grand absent physiquement mais aussi moralement (si l'on ose dire). Celui qui a été aux affaires aixoises pendant 18 ans, qui a trusté toutes les responsabilités (maire, président de l'agglo) tout en étant député. Celui qui croyait avoir marqué la ville de sa belle empreinte. On aurait pu s'attendre à ce qu'à un moment Beretti ou Ferrari, à défaut de lui tresser des lauriers, fassent au moins référence à sa grande oeuvre. Rien, nib, que dalle, que pouic, tintin, des clous... Même chez les opposants, pas une allusion.
De profundis.

*Journalistes indépendants: A un moment, alors que D. Fié s'exprimait, le journaliste de France 3 l'interrompit: "On va donner la parole au maire". Réplique immédiate de Gimenez, vigilant : Au candidat, pas au maire. 
Eh, oui!



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