IL Y A PEU DE CHANCE QU'ON...

... DÉTRÔNE LE ROI DES...


Mais ce n'est pas une raison pour y renoncer!

Au hasard des lectures, voici un extrait d'un pamphlet publié par l'ancien procureur de la république E. de Montgolfier. Il a paru judicieux d'en publier ici et aujourd'hui un court extrait avec dix (10) renvois en illustration de la vie politique aixoise.


Bien des élus tiennent le suffrage universel pour un couronnement, même quand il les a désignés par dépit, ou à l'issue de ces fréquentes tractations qui marginalisent l'électeur, le réduisant à choisir, non le meilleur, mais celui qui semble le moins nocif (1). Aussitôt élu, le vainqueur croit l'être sans partage: son mandat ne saurait avoir de limites. Trop de maires, plutôt dans les villes où l'argent n'est pas rare, se comportent en tyranneaux, imposant à des majorités prosternées des choix qu'ils ont seuls inspirés (2). Le maire n'est plus seulement le premier: il est le maître et tout doit s'incliner quand il commande! Ainsi se constituent des féodalités qui engraissent: familiers et entourages pléthoriques contribuent moins au service de la collectivité qu'à assurer des prébendes (3). Cela se paie d'une docilité sans faille; du moins aussi longtemps que la proximité d'une alternance ne tente pas la trahison (4). Alors des chiens couchants se transforment en hyènes, déchirant à belles dents qui leur a donné la pâtée. Les stigmates du pouvoir s'affichent d'un bout à l'autre des régions. Outre les féaux, les serviteurs pullulent (5). Aussi peut-on concevoir que nos nouveaux seigneurs s'arcboutent à leur siège, éliminant sans vergogne qui aurait l'audace de prétendre leur succéder (6). Car le luxe crée l'accoutumance, l'habitude s'en prend aisément et ces privilégiés n'imaginent plus vivre comme la plupart de leurs électeurs. Quel délice de passer les portes sans avoir à les pousser et, tels des Ceaucescu de banlieue, d'étaler leur nom et leur image pour donner corps à leur mérite (7). Autre signe, le plus évident, le gaspillage des fonds collectifs (8). La profusion de marchés publics suscite la perplexité. Plus encore quand leur coût excède considérablement des prévisions qui rendaient acceptables des investissements dont l'utilité n'était guère apparente (9). Mais la gloire du prince n'a pas de prix! Pourtant, refusant la critique, les élus prétendent à l'impunité: quand des comptes sont exigés, beaucoup menacent de rendre leur tablier. On peine à déterminer ce qui les retient: le goût du martyre peut-être... (10)

1) Lassés des frasques et de l'incompétence du député D. Dord, en 2017 les électeurs locaux ont choisi celle qui leur semblait la "moins nocive", la jeune et inexpérimentée T. Degois.
2) Même pour les pires décisions (cf les Thermes, anciens et modernes) toute la majorité municipale docile, sans qu'il ne manquât jamais une seule voix, a suivi Dord dans ses errements. Bilan, une activité thermale passée sous intérêts privés, une perte financière de 20 millions d'euros d'argent public et un patrimoine immobilier inestimable envolé. Tous irresponsables?
3) Confer les confortables indemnités servies à des adjoints dont l'inutilité le dispute à la bêtise. Exemple: à quoi sert un adjoint au tourisme rémunéré par la Ville quand cette compétence est dévolue à la CALB, sinon à l'asservir?
4) Comme un ancien "cauchemar de Dord" devenu son fidèle toutou avant de devenir le caniche de Beretti.
5) Il n'y a jamais eu autant de monde et de dépenses inutiles à la communication de la Ville. De surcroît, bien que la CALB ait pris les deux tiers des compétences de la Ville, le nombre d'employés municipaux n'a cessé d'augmenter.
6) Confer la guerre picrocholine et fratricide à la fois entre R. Beretti et M. Ferrari, conflit entretenu par D. Dord et P. Mignola à coups de communiqués cinglants dans une presse locale trop heureuse de cette aubaine.
7) Plus de deux cents fois la photo de Beretti dans la presse locale depuis un an et demi.
8) Exemple: un million et demi d'euros d'argent public dépensés en travaux pour transformer un aquarium public en... un restaurant privé. Ou encore, les 3 millions d'euros de fonds publics pour un restaurant, désormais rentable mais privé, à la Chambotte.
9) Confer la modernisation (sic) de l'ex-piscine municipale (devenue Aqualac, appellation ridicule) d'abord évaluée à 2,5 millions pour atteindre près de 8 millions d'euros au final pour un résultat plus que décevant. Et que dire de la coûteuse passerelle censée permettre aux promeneurs de marcher le long du rivage et qui restait fermée... pendant la saison touristique.
10) Ils se plaignent tous de la difficulté de la tâche mais, sauf quand ils se font virer comme des malpropres, la plupart des sortants se battent comme des laquais pour rester en poste.
 


L'incendie rongeait la savane; un colibri vola jusqu'au lac le plus proche pour prélever un peu d'eau et revint la déverser sur le brasier. Goguenard un éléphant s'approcha: Crois tu pouvoir éteindre ainsi le feu? Non, répondit l'oiseau, mais j'aurai fait ma part. Quelle sera la tienne?  C'était la conclusion du livre d'E. de Montgolfier (On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts, édition Cherche Midi) et je la fais mienne.

J.G. Colibri

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