Pour nos zélées zélites, après leurre c'est toujours leurre

Et revoilà sur le devant de la scène le duo qu'on ressort dans les temps de crise, les fameux Paul et Mickey.
Inconnus et ignorés le restant de l'année, on ne fait appel à eux que dans les cas de crise et juste pour leur dire que leur heure n'est pas venue.

C'est ce qu'à encore répété le grand barbu qui s'avance, bu qui s'avance, bu qui s'avance et qui nous sert de premier
fusible ministre et qui se prend pour Agamemnon, ce seul nom le dispensant d'en dire plus long (cf la Belle Hélène). Une formule reprise par l'époux de la Reine, poux de la Reine, poux de la Reine, qui ayant fini de se prendre pour Jupiter se confond cette fois avec le roi Ménélas (cf bis la Belle Hélène). Et voilà ou tout cela nous mène... hélas!

Dans cette période que nous vivons où plus rien ne ressemble à rien, notre duo de polémistes attend son heure en vain.
Car, selon les rois tenants du pouvoir, ce n'est jamais l'heure de Paul et Mickey. Et, sur ce point, il n'y a pas de polémique.
Après leurre, pour nos zélites zautoproclamées, c'est encore et toujours leurre.


Sourions puisque c'est grave...

Opticon


25 avril

Le chêne et le Zozo, fable moderne

En ces temps difficiles on aimerait pouvoir s’arrêter sur les belles choses de la vie, celles que l’on ne prend plus le temps d'observer tant elles nous paraissent banales. Pourquoi ne pas mettre un peu de poésie dans notre vie? Alors allons-y…


Le matin, quand j’ouvre mes volets, la première chose que je vois c’est un chêne, un grand chêne qui pousse sur la propriété voisine de mon logis. Ce chêne est à lui seul un calendrier qu’on n’a pas besoin d’effeuiller, il s’en charge lui même. Il fait partie de mon univers, c'est "mon" chêne. Auprès de mon arbre je vivais heureux, chantait Brassens. Je lui fais écho.

L’été, de sa parure verte et touffue, mon chêne me protège des rayons du soleil. Quand vient l’automne, il se pare des couleurs de ce soleil qui s’apprête à se faire plus discret pendant de trop longs mois. Quand arrive l’hiver mon chêne se sépare doucement de ses feuilles flétries. Parfois, une feuille résiste et s’accroche pour ne céder qu’aux frimas de février. A travers la ramure diaphane de mon chêne, je peux alors contempler la ligne d’horizon.

Lorsque la période de confinement a commencé, mon chêne ne m’apparaissait qu’en bois sec quand j’ouvrais mes volets. Ce matin, ce matin de printemps, j’ai aperçu ses premiers bourgeons et cela m’a réjoui le coeur et l’âme. Les bourgeons, bientôt, se transformeront en feuilles précieuses et encore roulées sur elles-mêmes. Il me restera à espérer que le confinement sera levé quand ces feuilles s’épanouiront enfin, nous annonçant la proximité de l’été.

Quelle belle leçon de vie et de patience que celle que nous donne dame nature.
 Je m’apprêtais à en goûter tout le charme quand un ami, croyant me faire plaisir, me fit passer un message. Un message dans lequel il était question d’une émission de télé au cours de laquelle un personnage de la tragédie moderne, face à un aréopage détonnant, tenterait de se muer en un Clémenceau, le Père la Victoire des tranchées de 14-18.


Alors, mettant un terme à ma rêverie, je me suis tourné vers mon chêne et je lui ai doucement murmuré « Mon cher arbre, tu n’es plus le seul à produire des glands ».


Il a à peine frémi. Mon chêne, lui au moins, il a de la branche.

Dr Drefu



19 mars
Un vrai Kafka de conscience

Comme le sus
urrait naguère un chanteur à minettes, "souris puisque c'est grave, seules les plaisanteries doivent se faire dans le plus grand sérieux". Alors plaisantons, mais plaisantons sérieusement. La métamorphose qu'est en train de subir notre mode de vie en société peut nous en rappeler une autre de Métamorphose, celle d'un roman éponyme de Franz Kafka.
Kafkaïen, c'est sans doute l'adjectif qui se prête le mieux à cette période que nous sommes en train de vivre, une période où l'absurde se mêle à l'angoisse et ou le ridicule côtoie le pire et le meilleur, l'anxiété le dispute au rire.

Histoire brève datée covid-19 : Une jeune femme, d'allure sportive et un homme âgé, d'apparence valétudinaire, traversent la ville. La jeune femme a choisi le trottoir où il y a le moins de monde et de commerces et elle porte un masque de protection. L'homme, visage découvert, se fraie un passage parmi d'autres personnes venus faire leurs emplettes. Une patrouille de police effectue un contrôle. L'homme est autorisé à poursuivre son chemin en crachotant. Quant à la jeune fille, elle est contrainte de rebrousser chemin et la police lui dresse une contravention à 135 euros. Elle demande alors pourquoi elle ne peut pas poursuivre son parcours tandis que les policiers ont laissé l'homme d'en face continuer le sien. "C'est simple, répond le fonctionnaire, le monsieur il a son attestation, et vous, vous ne l'avez pas".
Heureux temps où un bout de papier rempli de sa propre main vaut certificat de bonne santé et de laisser passer!


L'univers de Kafka, c'est un peu la description de ce monde absurde, sinistre et dérisoire, où ce qui valait hier ne vaut plus aujourd'hui mais revaudra peut-être demain. Un monde ou l'arbitraire et la technocratie d'une administration impénétrable nous font perdre tout repère.
Le confinement que nous subissons avec plus ou moins de bonne grâce, c'est le moment, après s'être replongé dans La Peste de Camus, de relire les romans de Kafka: Le Procès, La Métamorphose ou Le Château. Et ne plus chercher à comprendre, en attendant que ça passe...
Souris, puisque c'est grave, seules les plaisanteries doivent se faire dans le plus grand sérieux.
D'après Chamfort
(Alain, pas Nicolas)



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