Témoignage d’un contrôle du confinement par les gendarmes.

Excès de zèle et arbitraire semblent devenir la norme.


Quand l’Etat ajoute la bêtise à l’incompétence.
Pendant la crise sanitaire et la catastrophe financière, les citoyens ont-ils, en plus, besoin de ça ?


Ci-après le témoignage d’un lecteur :


Hommage (au second degré) à nos courageux défenseurs de la loi et de l’ordre



Alors que les fameux réseaux sociaux ne cessent de dénoncer les abus d’autorité et les comportements prétendument excessifs des représentants de la loi, je tiens ici à rendre hommage à deux courageux membres d’un peloton d’intervention de la gendarmerie pour une scène dont j’ai été le témoin privilégié.


En cette fin d’après-midi là, nos deux vaillants sous-officiers sont en planque dans une voiture banalisée. Ils sont en pleine observation quand ils voient passer à quelques mètres d’eux un septuagénaire qui, l’air de rien, pédale sur un vélo au niveau du rond-point de Mac-Do. N’écoutant que leur courage et leur sens du devoir, nos deux militaires se lancent à la poursuite du dangereux individu qui s’éloigne à près de 20 km/heure en empruntant la voie de parking qui passe devant le cinéma multiplex. On se croirait dans un film.

Les deux gendarmes se tiennent prêts à intervenir. Aussi, dès que le cycliste regagne la route départementale en respectant hypocritement la bande cyclable, les militaires se portent à sa hauteur et le somment de s’arrêter. Ils stoppent leur voiture banalisée sur la partie gauche de la chaussée, très étroite à cet emplacement, ceci au péril de leur vie car des voitures et des camionnettes les doublent alors par la droite en les obligeant à refermer précipitamment leur portière. Et tant pis pour l’épouvantable cycliste qui, lui, risque sa vie en étant coincé sans échappatoire le long du terre-plein latéral droit. Il n’avait qu’à pas être là.


Une fois que la circulation est plus calme, les deux représentants des forces de l’ordre se précipitent vers le délinquant en puissance et l’entourent, toujours au péril de leur vie car ils n’ont pas de masque de protection et le cycliste non plus. Rien que pour cela le cycliste frôle déjà l’inculpation pour mise en danger de la vie d’autrui.
Mais nos gendarmes sont magnanimes, ce n’est pas la mise en danger de la vie d’autrui qui les préoccupent. Ils cherchent d’abord à savoir si derrière ce septuagénaire au faux air débonnaire ne se cache pas un redoutable hors la loi. N’écoutant que leurs sens du devoir et leur GPS, ils commencent par vérifier si l’individu n’a pas franchi la limite d’un rayon d’un kilomètre autour de son domicile pour s’évader. Après vérification, et revérification de son adresse sur sa carte d’identité, ils sont désormais persuadés que l’homme a quelque chose à cacher. La preuve, il n’est qu’à 320 mètres à vol d’oiseau de son domicile. Voilà qui doit dissimuler quelque méfait bien plus grave.
Preuve supplémentaire de sa mauvaise foi, le cycliste leur a fait valoir que demeurer ainsi au bord de la route alors que des voitures et des camions passent à leurs côtés à vive allure, cela peut représenter un danger. Par pure complaisance les deux gendarmes ont proposé alors de poursuivre l’interpellation à l’écart, sans quitter l'individu d’une semelle de peur qu’il ne s’échappe.


Enfin en sécurité de l’autre côté du terre-plein latéral, l’interrogatoire se poursuit, sans haine mais sans faiblesse. Les gendarmes veulent savoir pourquoi cet homme circule à vélo en un lieu et à une heure où il ne risque pas de rencontrer le moindre promeneur. Par pure provocation, c’est évident, le septuagénaire leur réplique que la loi, en l’occurrence le décret du 23 mars 2020 fixant les conditions de sortie des confinés a prévu une heure d’exercice physique par jour, à moins d’un kilomètre de chez soi, sans interdire que cet exercice puisse se faire en utilisant un vélo. Pire encore, le septuagénaire prétend leur mettre sous les yeux une copie intégrale du dit décret qui laisse les confinés libres du choix de leur exercice physique à condition que ce soit un exercice individuel et à l’écart des autres. 


Nos militaires ne sont pas nés de la dernière pluie. Ce serait trop facile de s’appuyer sur la loi pour essayer de tromper leur vigilance et ces deux là ne s’y laissent pas prendre. N’écoutant que leur sens du devoir, ils décident de re-contrôler l’identité du septuagénaire. Puis de le contrôler encore une troisième fois en l’obligeant à nouveau à tenir sa carte d’identité sous leurs yeux, donc à courte distance, au risque de s’échanger le virus Covid-19 car l’un des gendarmes n’a toujours pas de masque.

La scène va durer 28 minutes chrono. Elle prendra fin quand les courageux militaires verront arriver, marchant vers eux, une jeune femme à l’air si peu rassuré qu’elle doit manifestement cacher de noirs desseins. Ça ne va pas manquer.
La jeune femme prétendait en effet vouloir prendre un peu l’air pendant que sa voiture électrique de fonction se recharge sur les bornes prévues implantées à 100 mètres de là. Mais nos gendarmes ne sont pas dupes. Certes, la jeune femme est bien autorisée à travailler avec sa voiture électrique de fonction mais l’attestation qu’elle présente n’indique pas qu’elle a le droit de se promener à l’écart de cette voiture pendant que celle-ci se recharge. Alors, scrogneugneu, ils lui intiment l’ordre d’aller attendre juste à côté de sa voiture et de ne pas en bouger. La jeune femme obtempère et fait demi-tour. Elle échappe ainsi de peu à des représailles grâce à la magnanimité des militaires.

Eh, oui, car, dernier détail, avant de quitter le septuagénaire les gendarmes lui avaient dressé un PV…. Parce qu’il avait osé les contester, lui avaient-ils précisé. Sans doute en vertu de la loi de Pandore qui dit, article 1: le gendarme à toujours raison; article 2: si le gendarme a tort c’est l’article 1 qui s’applique.

Il était temps alors pour nos deux vaillants représentants de l'ordre d’aller reprendre leur voiture banalisée qui est restée, sans que ses feux d’arrêt d’urgence ne soient allumés, pendant plus d’une demi-heure garée sur la partie gauche de la chaussée étroite et fréquentée par toutes sortes de véhicules.


Ah, comme on peut être fier d’habiter un pays où l’on se sent aussi bien protégé, n’en déplaise à tous les pisse-froid. Espérons maintenant que, lorsque la guerre (dixit notre bien-aimé président) du coronavirus sera gagnée, la population reconnaissante se souviendra qu’elle l’a été grâce aussi, grâce surtout, à l’esprit d’abnégation et de perspicacité des forces de l’ordre dont les deux gendarmes mentionnés ici ne sont sans doute qu’une modeste expression.
Vive la France!


Note aux benêts: Plus sérieusement, le monde médical de proximité (pas nos sommités télévisuelles) se demande à quel point des mesures gouvernementales, pas toujours bien inspirées, interprétées sans discernement par des autorités répressives, parfois bornées et sans réflexion, vont créer de pathologies dans une population actuellement en sidération. Puissent les présumées autorités y réfléchir.


Il faut que tout change pour que rien ne change.


 En 1792, la Convention Nationale fonde la Première République.
(Rappel : Robespierre et la Terreur de 1793 à 1794.)
1795. Le Directoire.


Maximes et pensées (1794)- Nicolas de Chamfort.
‘’En voyant quelques fois les friponneries des petits et les brigandages des hommes en place, on est tentés de regarder la société comme un bois rempli de voleurs, dont les plus dangereux sont les archers préposés pour arrêter les autres.’’


BF

 


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