Chronique du Confinement:


On n'a sans doute pas fini d'en finir

Avec la fin programmée de ce deuxième confinement (et avant que n'en recommence un troisième?) il est temps de faire le point.
On ne saurait négliger de considérer ce qui se passe depuis des semaines comme étant étroitement lié en premier lieu à la personnalité de l'actuel président de la république.
Si, à l'évidence, rien ne préparait Emmanuel Macron à devenir chef de l'Etat, rien, non plus, ne préparait les Français à avoir comme président un monarque aussi mal entouré. De surcroît, force est aussi de constater que le personnage a joué de malchance. Qu'on en juge.
A peine élu il a eu à se justifier de la présence troublante à ses côtés d'un curieux garde du corps qui allait donner son nom à l'affaire Benala. On a connu situation moins embarrassante pour un jeune président.
Puis, après les cafouillages de sa majorité aveuglée par un succès qui lui était tombé dessus inopinément, il y eut les Gilets Jaunes et la façon pitoyable dont le pouvoir et sa police gérèrent la situation. Pendant des mois, chaque week-end ce fut l'émeute avec son cortège de blessés et ses destructions de biens publics ou privés. Une période insurrectionnelle qu'aucun président de la cinquième République n'avait connue, même en 68.
Ensuite, ce fut l'enchaînement avec ce virus au nom de code. Une affaire purement sanitaire que ce président et sa clique transformèrent d'abord en un fiasco lamentable puis en un drame à la fois sociétal, social, politique et économique.
Certes, avec tous ces évènements imprévus, on arriverait à trouver comme excuse que ce président a eu la poisse. Une vraie poisse.
Ce n'est pas tout à fait faux. Mais la chance n'est-elle pas l'alliée indispensable des grands hommes. Rien de grand ne s'est jamais accompli contre le destin, c'est une lapalissade.
Emmanuel Macron dans son rôle de président attire-t-il la poisse sur la France comme le paratonnerre attire la foudre?
Rien ne laissant vraiment prévoir des jours meilleurs d'ici la fin de ce quinquennat, il va bien falloir se poser la question.
Personnellement...

Jean Cérien



30 novembre

Les députés de la honte

Quel bonheur! Quel réconfort! Quel espoir aussi... Un premier vent de fronde s'est soulevé. Enfin!

En dépit des menaces et des rodomontades ils ont été des dizaines (centaines?) de milliers dans toute la France à se rassembler ce samedi pour protester contre la dernière entourloupe de ce gouvernement avec sa loi de sécurité globale et son article 24.
Trop, c'est trop. Dans les cortèges, où il n'était soudain plus question de distanciation sociale ou de gestes barrières, on a hué à gorge déployée (mais derrière un masque quand même) ces hurluberlus de la macronnerie.
Les caricatures des "388 députés de la honte" (En Marche et consorts) qui ont voté cette loi honnie ont été brandies sur des panneaux portés haut par les manifestants. Parmi ces portraits, celui de la députée de Savoie, l'insignifiante Typhanie Degois, tombeuse en 2017 de l'autre inconsistant Dord.

Ce sera sans doute pour T. Degois l'unique occasion de son mandat de prendre un peu de hauteur. (à noter que l'autre député de Chambéry, Patrick Mignola, sentant le mauvais vent venir, s'était abstenu lors du vote de cette loi liberticide).
Face au tollé que provoque une accumulation de décisions visant à restreindre, voire à supprimer, nos libertés, le gouvernement avait commencé à faire marche arrière en désignant une "commission indépendante du Parlement" pour réécrire l'article le plus litigieux de la loi. Ne reculant devant aucune palinodie, des députés En Marche ont alors protesté de voir ainsi une commission non élue retoquer une loi si facilement adoptée par une majorité de députés élus. Ces innocents ont même osé pleurer, si, si, qu'ils n'étaient pas des paillassons (sic) sur lesquels le gouvernement pouvait s'essuyer les pieds. Rions, rions.
Quand on sait que ce sont les mêmes députés qui depuis bientôt quatre ans votent (les yeux fermés et le nez bouché?) tout ce que le gouvernement leur demande de voter, on se dit que le terme "paillasson" devait être une forme d'euphémisme...

En attendant, encore un grand bravo à tous ceux qui ce samedi sont sortis dans les rues et sur les places (comme à Chambéry) pour enfin mettre le pouvoir macronien face à ses décisions irresponsables et tellement préjudiciables à l'équilibre et l'avenir de notre pays. Est-il prématuré de lancer: ce n'est qu'un début, continuons le combat..!

J. Cérien


Post-scriptum: comme on peut le voir sur les videos mises en ligne sur tweeter, des casseurs ont profité de cette manifestation pacifique pour ficher le bordel, comme d'habitude. Et le gouvernement a ainsi envoyé les policiers au vrai casse-pipe. Cela fera de belles images au 20 heures de Télé-Pouvoir afin de discréditer le mouvement légitime de protestation et de faire peur aux "braves gens". La tactique a fait ses preuves, c'est une vieille recette des pouvoirs.
Mais qui c'est qui a commencé, hein, à mettre le désordre? Les manifestants ou le gouvernement..?


JC


27 novembre

Quand te reverrai-je, pays merveilleux...
Oui, quand le reverrons nous? Quand vont-ils nous rendre la France que nous avons tous aimée et qui est en train de disparaître sous un monceau d'âneries prétentieuses.

Parce que là, on a atteint... des sommets.
C'est la dernière Castexerie qui court. Les stations de ski seront ouvertes à Noël, a annoncé le premier ministre mais... Mais on ne pourra pas faire de ski. 
C'est nouveau, ça vient de sortir. Le ski sans ski.
Dans la même lignée, ce redoutable faiseur d'oxymores va bientôt nous annoncer que les piscines vont être ré-ouvertes... Mais attention, sans eau. Faudra juste faire plus gaffe quand on sera sur le plongeoir.

On s'attend ensuite à ce que le Castex que le monde entier nous envie (mais que personne ne viendra nous arracher) nous fasse d'autres révélations aussi surprenantes. Comme l'arrivée d'un garde des sots à la justice? Ou que le ministre de la police prétend dénoncer les bavures policières tout en s'opposant à ce qu'elles soient filmées et révélées.
Ou encore que désormais nous aurons un Parlement croupion, sans parlementaires, et un gouvernement sans le moindre sens du ridicule?
Ah, non? Comment? Ça c'est déjà fait? On se disait aussi...
Avant l'arrivée au pouvoir de l'actuelle bande présidentielle la France était coupée en deux. Depuis les interventions de Jean Castex et de ses disciples, elle est pliée en quatre.
Maigre consolation.

Jean Cérien




25 Novembre

Le nouveau syndrome de Stockholm a frappé

29,1 millions de téléspectateurs ont écouté E. Macron lors de son intervention télévisée du 24 novembre leur annoncer qu'il allait bientôt les libérer... Du moins si ils continuaient à bien se tenir.


Voilà qui fait penser au syndrome de Stockholm.
Tout comme les virus, les syndromes peuvent aussi muter.

J.C.



23 novembre
A défaut d'être solaire, une présidence un peu Solère

En plein confinement  (qui ne va pas s'arrêter là) la bonne presse nous apprend (sans sourciller) que le député Thierry Solère, ex-chiraquien, ex-sarkoziste, ex-filloniste, ex-jupéiste et (futur ex?) macroniste, vient d'être appelé à l'Elysée par le président de la république pour conseiller ce dernier dans ces moments difficiles où le pays court à vau-l'eau, moralement et financièrement.

Que voilà une bonne nouvelle qui devrait réjouir tous ceux que la politique actuelle mène au bord du gouffre!

Est-il utile de rappeler que Solère est vraiment l'homme de la situation puisque, comme le soulignaient quelques titres de la presse voici juste quelques mois:

...Eh, oui! Le député Solère a été mis en examen pour fraude fiscale, détournement de fonds publics par dépositaire de l'autorité publique et trafic d'influence, des faits présumés commis entre 2003 et 2017. Rien de moins que tout cela!

Et après on s'étonnerait de constater que la Çolère monte dans le pays?

Que conclure de ce choix? Qu'il n'y a plus de gens réputés honnêtes pour se mouiller avec la présidence actuelle et qu'à l'Elysée on fait "les fonds de tiroirs"?
Ou quelle autre version encore plus incongrue?

J. Cérien

* Le professeur Jean Cérien est diplômé de la faculté des Sciences étranges, docteur honoris causa de la faculté de Se Taire (Wisconsin) ou encore membre éminent de la faculté Lipton Earl Grey. Il lui est parfois reproché de n'avoir fréquenté ni la faculté de médecine, ni celle de théologie pas plus que celle des Sciences Humaines. De là à prétendre que le professeur Jean Cérien n'aurait pas toutes ses facultés, cela reste à démontrer. Et en tout cas pas moins de facultés que ceux qui ont pignon sur écrans de télé.




22 novembre

Déclinaison n'est pas raison

J'ai connu (pas personnellement j'en conviens) tous les présidents de la cinquième république. Quand je les énumère de façon chronologique, je comprends le sens du verbe décliner.
Charles de Gaulle a combattu sur le front pendant la guerre 14-18 et a été fait prisonnier. Dans la guerre contre l'Allemagne nazie, il reste l'homme du 18 juin 1940. Celui qui permit à la France de se ranger parmi les vainqueurs en 1945. Il est aussi celui qui mit fin à la guerre d'Algérie.
Georges Pompidou a participé comme officier aux combats contre l'Allemagne nazie en 1940. Il sera plus tard décoré de la Croix de Guerre.
Valérie Giscard d'Estaing a participé, comme engagé volontaire, aux combats pour la libération de la France au printemps 1945. Il recevra lui aussi la Croix de Guerre.
François Mitterrand était officier au début de la guerre 39-45. Il fut fait prisonnier. Par la suite, après avoir reçu la Francisque, il entrera en résistance sous le pseudonyme de Morland.
Jacques Chirac, alors qu'il aurait pu y échapper, s'est volontairement engagé dans l'armée lors de la guerre en Algérie. Il a pu en mesurer les atrocités. Est-ce pour cette raison qu'en 2003 il s'opposa à la guerre en Irak?
Nicolas Sarkozy, à défaut d'avoir fait un vrai service militaire (il passait la cireuse à l'intendance) a été à l'origine du déclenchement de la guerre en Libye.
François Hollande, après avoir été réformé pour myopie, a fini par se faire accepter dans l'armée et obtenir le grade de lieutenant sans jamais avoir porté les armes. En 2015, après le Bataclan, il a réuni une vingtaine de chefs d'Etat autour de lui pour mener la guerre contre le terrorisme.
Emmanuel Macron n'a pas accompli de service militaire. En mars 2020 il a déclaré "Nous sommes en guerre". Il a désigné l'ennemi: un virus! Et il a enrôlé Jean Castex comme ministre désarmé.
La France de Macron est aujourd'hui le seul pays à exiger de ses citoyens une attestation de déplacement. Aucun chef d'Etat français avant lui n'avait jamais osé pareille restriction de liberté.

Décliner: 1) tendre vers sa fin. 2) s'affaiblir. (les dictionnaires).
Exemple: De Gaulle puis Pompidou puis Giscard puis Mitterrand puis Chirac puis Sarkozy puis Hollande et enfin Macron...
Fermez le ban.

J. Cérien


20 Novembre

Le jeu des citations célèbres:

Parmi ces dix citations, l'une est de Monsieur le Premier Ministre Jean Castex que le monde entier nous envie mais que personne ne vient nous enlever. Saurez-vous retrouver laquelle?
La réponse se trouve plus bas, sous la vidéo du professeur Raoult.


19 novembre

Les Fourberies de ...


- Que diable allaient-ils faire dans cette galère?
- Une méchante destinée conduit quelquefois les personnes.
(d'après Molière, Les Fourberies de Scapin)

Eh, oui, qu'allaient-ils faire dans cette galère, et, surtout, pourquoi nous ont-ils entraînés avec eux dans cette méchante destinée?
Pourquoi ces gens dont l'incompétence est désormais notoire, des gens qui n'avaient, pour beaucoup d'entre eux, aucune expérience de la vie réelle, pourquoi ces gens se sont-ils crus capables de prendre des décisions qui allaient engager pour longtemps le destin d'une nation, d'un peuple? Telle est la question.
L'Histoire, celle avec un grand H et une grande hache, tranchera un jour cette énigme. Hélas pas dans le vif mais dans ce qui sera alors le passé. Un passé bien décomposé.
On sait maintenant que tout cela finira mal et que c'est désormais la panique en ce pays d'Absurdie qu'on appelait jadis la France. Pour ceux qui prétendaient gouverner, il n'y a plus de solution, rien que des dilemmes. Au mieux, si l'on ose dire, des pis-allers. Sauf, bien sûr, à vouloir à tout prix confiner (sic) le pouvoir pour eux-seuls. Ce qui n'est pas le moindre danger.

En d'autres temps, en d'autres lieux, on aurait mené les mêmes du Capitole jusqu'au sommet de la Roche Tarpéienne.
Et leur sort en aurait été... jeté! Alea jacta est (rires)
C'était le bon temps de la démocratie.

J. Cérien


* Le professeur Jean Cérien est diplômé de la faculté des Sciences étranges, docteur honoris causa de la faculté de Se Taire (Wisconsin) ou encore membre éminent de la faculté Lipton Earl Grey. Il lui est parfois reproché de n'avoir fréquenté ni la faculté de médecine, ni celle de théologie pas plus que celle des Sciences Humaines. De là à prétendre que le professeur Jean Cérien n'aurait pas toutes ses facultés, cela reste à démontrer. Et en tout cas pas moins de facultés que ceux qui ont pignon sur écrans de télé.


18 novembre

Rendez-nous les choses de la vie

Les Choses de la Vie, c'était un film de Claude Sautet. Un film bouleversant.
Il apprenait, entre autres, à la génération vivant dans les années soixante-dix, à réaliser l'importance de ces multiples petites choses qui font le sel de l'existence. Le sourire de l'inconnu(e) qui passe, le plaisir d'une rencontre, la joie de se retrouver en terrasse avec les amis, ces longues soirées où l'on refait le monde, ces sorties à la campagne, ces roulades dans l'herbe, ces escapades au bord de mer, ce plaisir de pédaler en toute liberté. Cette sensation de humer l'air et de se sentir libre. De se sentir vivre, tout simplement.  Bref, toutes ces choses qui font le bonheur de la vie quotidienne, qui font aussi le sens d'une vie. Toutes ces choses dont on est en train de priver 60 millions de Français.

Il est vrai que pour les décideurs, les effets du confinement ne sont pas perceptibles. Ils continuent d
e vaquer à leurs occupations, ils se déplacent quand ils le veulent, comme ils le veulent. Ils invitent qui ils en ont envie à la table de leur ministère. Sans doute même retrouvent-ils, le temps d'un week-end, leur maison de campagne, loin des  citoyens ordinaires. Probablement, ou possiblement, n'ont-ils aucune idée des dégâts que leurs décisions absconses sont en train de provoquer chez nombre de gens simples. Encouragés par des faiseurs d'opinion stipendiés dont le revenu mensuel dépasse bien souvent le revenu annuel de la majorité des citoyens, nos gouvernants s'imaginent peut-être qu'ils sont au-dessus du lot. Meilleurs que les autres. Supérieurs. La science infuse incarnée dans leur personne.

Toutefois, pour un peu qu'ils prêtent l'oreille, ceux-là ne pourront plus plus douter longtemps que le pays est au bord de l'implosion. L'on ignore encore quand et comment cela se produira. Ce que l'on sait c'est que la situation que ce gouvernement imprévoyant a créée (avec la pénurie de lits et le re-confinement) ne pourra pas durer éternellement.
L'homme qui saute du quarantième étage peut bien se dire en passant devant le vingtième niveau que "jusqu'ici, tout va bien"... Plus dure sera la chute!

Il faut être sacrément imbécile ou outrageusement trop sûr de soi pour avoir laissé s'installer une telle situation sans avoir prévu auparavant comment en sortir.
Avant qu'il ne soit trop tard, qu'on nous rende vite le goût des choses de la vie.

J. Cérien



17 novembre

Arrêtons d'avoir peur


..

Sans commentaire.
Quand des gens intelligents parlent de ce qu'ils connaissent le mieux, les imbéciles font mieux de se taire.

 J.C.


Solution du jeu des citations: toutes sont de Coluche, sauf la numéro 8 qui est bien de Jean Castex à propos du confinement. A défaut de rester dans les mémoires comme premier ministre, il pourra y rester comme comique.



16 novembre
Quand on lui coupe les pattes la grenouille...


par le professeur Jean Cérien*


Avant propos: Le scientifique prit la grenouille, la posa sur la table et lui dit "saute". Et la grenouille sauta. Après lui avoir coupé une patte antérieure, le scientifique ordonna à la grenouille "saute!". Et la grenouille sauta. Il lui coupa la seconde patte antérieure et réitéra l'ordre. Et la grenouille sauta, plus difficilement, mais elle sauta. Il lui coupa une patte postérieure et cria "saute!". Et la grenouille sauta, de travers, mais elle sauta. Le scientifique lui coupa alors la dernière patte et relança son ordre. "Saute!". Il cria plus fort "Saute!". Mais la grenouille ne bougeait plus. Alors le scientifique prit son cahier d'observations et nota: quand on lui coupe les quatre pattes, la grenouille devient sourde.

L'histoire du jour
Les membres du CNPS (Conseil National Pseudo Scientifique) se retrouvaient en ce lundi matin dans la salle qui leur était réservée sous l'immeuble de la présidence. A l'ordre du jour une seule question: après avoir fait admettre aux citoyens du pays qu'ils devaient remplir une attestation pour s'autoriser à quitter leur domicile pendant une heure et à moins d'un kilomètre, qu'est-ce qu'on allait bien pouvoir inventer comme autre mesure absconse pour vérifier la docilité de ces braves gens.
Comme toujours -lors de l'ouverture des débats- les idées les plus farfelues destinées à faire rire les membres du Conseil fusèrent. Et si on les obligeait à remplir leur attestation en caractères gothiques et à l'encre de Chine, lança l'un. Ou à les remplir sur des billets de 100 euros qui seraient confisqués en cas de contrôle, lança un autre. Et pourquoi pas à se tatouer les dates de sorties autorisées sur le bras pour qu'il n'y ait plus de tricherie, dit encore celui-ci. Ou à les obliger à se déplacer à cloche pied... surenchérit un autre. Ce fut un vrai festival d'hilarité mais bientôt il fut temps de passer aux choses sérieuses.
Une heure plus tard tous étaient tombés d'accord sur une nouvelle loi à programmer.
Considérant que les excès alimentaires conduisaient à des risques graves pour la santé, - obésité, maladies cardiaques, diabètes, cholestérol, et caetera, toutes pathologies entraînant la surcharge des hôpitaux-, désormais les Français devraient se limiter à ne prendre qu'un seul repas par jour. Ils devraient en outre rédiger une attestation précisant la quantité de graisse, de sucre, de sel, de féculent, de produits laitiers ou autres lipides qu'ils s'apprêtaient à consommer. Un décret en fixerait les normes. Cette attestation devrait alors être transmise par voie électronique aux autorités désignées avant de pouvoir passer à table. Les contrevenants seraient punis d'une amende de cinquième classe et d'une peine de prison en cas de récidive.
Après avoir relu le texte retenu par ses collègues, le secrétaire de séance prit la parole: "Ne craignez vous pas que ces mesures soient jugées inacceptables par les Français..." Les autres partirent dans un grand éclat de rire que le président de séance conclut par ces mots: "Qu'est-ce que des gens qui ont accepté de remplir et de signer une attestation pour être autorisés à quitter leur domicile pendant une heure afin de se rendre à moins d'un kilomètre de chez eux pourraient bien refuser de faire par la suite..."

Quand on leur coupe les pattes, les Français deviennent-ils sourds?

J. Cérien



14 novembre

L'improbable scénario devenu réalité

C'était en octobre 1990. Ludo venait d'épouse Aline. Une petite foule les avait accompagnés à la mairie. La salle était trop petite pour contenir tout le monde. Après la cérémonie il s'était formé un cortège. Les voitures étaient décorées de fleurs blanches. Les mariés avaient donné rendez-vous dans une auberge, à la sortie de la ville. Ils étaient une bonne cinquantaine d'invités à prendre place autour des grandes tables dressées dans une salle décorée de guirlandes et parsemée de fleurs. Tousétaient heureux de se retrouver. Certains des convives avaient fait plusieurs centaines de kilomètres pour la circonstance. Un cousin de la mariée et son épouse étaient même venus d'Australie. L'ambiance était chaleureuse. Le champagne et les vins fins faisaient bientôt rougir les joues et sauter les barrières. Entre les plats un orchestre invitait à danser sur la piste. Les corps se rapprochaient, se serraient. Vers minuit une folle farandole avait entrainé tout le monde à l'extérieur. Chacun reprenait à tue-tête le refrain à la mode "à la queue-leu-leu- à la queue-leu-leu".
Une voiture de police était passée près de là. Ses occupants avait regardé le spectacle en souriant. Pendant que certains des fêtards faisaient le tour du véhicule en continuant de chanter, un des convives avait pris une bouteille de champagne et avait offert une coupe aux trois policiers. Ils avaient trinqué à la santé des mariés avant de reprendre la route. Vive la mariée, avait même lancé un des policiers! Tout le monde était joyeux. Tous étaient heureux, insouciants. Confiants en l'avenir.
Quand ils sont revenus dans l'auberge ils ont aperçu un vieil homme qui était resté assis dans un fauteuil en osier et qui les regardait d'un air triste. Ludo, le marié, s'est approché de lui pour lui demander pourquoi il ne participait pas à la liesse.
Le Papy le regarda d'un air las et lui déclara: "Tu vois mon gars, dans trente ans, quand tes enfants se marieront, ils ne pourront pas avoir plus de six personnes autour d'eux, ni à la mairie, ni pour la réception. D'ailleurs, il n'y aura pas de réception. Et tu n'en seras même pas étonné. Tu ne seras pas étonné parce que cela fera déjà des semaines, des mois, que toi et les autres seraient privés de liberté. Tu te seras habitué à t'enfermer chez toi. Habitué à ne plus sortir à plus d'un kilomètre de ton domicile. Habitué à ne pas profiter de cette autorisation pendant plus d'un heure. Habitué à devoir te munir d'une attestation pour avoir le droit d'errer pendant une heure maximum. Habitué à voir des policiers armés jusqu'aux dents vérifier que tu obéis bien aux nouvelles règles. Habitué à ne plus pouvoir aller chez le coiffeur, à ne plus pouvoir te rendre à la librairie. Ta femme se sera habituée à ne plus pouvoir se rendre chez son esthéticienne. Autour de toi les élèves, les collégiens, les lycéens se seront, tout comme toi pour aller au boulot, habitués à se rendre en cours avec des masques chirurgicaux sur le visage. Vous vous serez tous habitués à ne plus vous arrêter pour entreprendre un dialogue avec les autres. Habitués à ne plus avoir le droit de vous rassembler, à ne plus vous retrouver en famille. A ne plus vous étreindre. Vous vous serez habitués à ce que l'Etat menace
de lourdes peines d'amende et de prison ceux qui ne respecteraient pas ces règles..."

En entendant cela, tous les convives sont partis d'un grand éclat de rire. Ils ne l'ont pas laissé finir. Nul n'en doutait, Papy déraillait complètement. Il avait sûrement abusé de l'alcool. Jamais une telle situation ne pourrait se produire dans ce pays dont les Lumières avaient éclairé le monde. Ce pays des Droits de l'Homme et dont la devise était "Liberté, Egalité, Fraternité". En ce mois d'octobre 1990, tous en auraient mis leur main au feu.

Ouille, ouille, ouille, ça brûle!

J. Cérien




13 novembre
Le silence des agneaux.

Vous entendez leur silence? Il est assourdissant. Il en fait mal aux oreilles.
Il est passé où le Martinez, la grande gueule de la CGT? Et qu'est devenu le bon Berger de la CFDT? Et le Veyrier de la prétendue Force ouvrière? Et les autres? Tous les autres défenseurs de la classe ouvrière?

Il n'y a donc rien qui les gène? Non? Même pas le fait que les droits des travailleurs qu'ils sont censés défendre sont bafoués, foulés aux pieds. Quasi enterrés.
Ils vivent peut-être ailleurs, nos leaders syndicaux? Alors on va leur raconter ce qui se passe dans ce pays.

On va leur apprendre qu'en Fr
ance, en cet automne 2020, on oblige (oui, oui, on oblige) les travailleurs à se rendre à l'usine, au bureau (sauf pour les rares qui peuvent télétravailler), sur les chantiers ou encore dans les super ou hyper marchés. Ou dans les établissements hospitaliers. Et pour cela, on les oblige à prendre des métros, des bus, des trains, surpeuplés. Ou bien à faire des kilomètres en voiture. A l'aller avec retour dans les mêmes conditions. Entre temps ces travailleurs auront passé sept ou huit heures à proximité (malgré la fameuse distanciation) de leurs autres collègues ou des clients. Ou des patients. C'est leur vie, laborieuse.
Mais quand arrivent le week-end ou autres jours de repos hebdomadaires, alors là, plus question pour ces travailleurs de prendre la voiture ou un transport en commun pour aller respirer un peu d'air pur. Plus question de profiter de plus d'une heure de loisir, plus d'une heure de détente ou de sport en dehors de chez soi et à plus d'un kilomètre.Quant à ceux qui auraient sacrifié leur vacances d'été en pensant profiter du mois de novembre pour s'offrir un dépaysement, pour ceux-là, c'est la double peine. Congés payés mon cul, aurait dit une héroïne de Raymond Queneau.
C'est quand même curieux. On croyait que le repos hebdomadaire et le droit aux congés payés faisaient partie des luttes sociales revendiquées par les syndicats. Et voilà qu'un gouvernement a décidé que le repos hebdomadaire se passerait at home, même si ce n'est pas un très sweet home. Et que les congés payés ce serait à domicile. Do mi si la do ré, on connaît la musique. Et puis, rien, rien que le silence?
Et on n'a toujours pas entendu un leader (rires) syndical se prononcer à propos de ces ukases gouvernementaux. Tant il est vrai que qui gouverne ment tôt. Ou tard...
Il est vrai aussi que l'on n'a pas davantage entendu les syndicats de police...
Mais on en parlera plus tard de ceux-là.

J. Cérien





11 novembre


Vivre et laisser mourir

Selon des statistiques officielles il y a eu un peu plus de 600.000 morts en France en 2019. Soit près de 2.000 par jour. Ou 12.000 par semaine. Ou 63.000 par mois. Et cela n'effrayait personne. Il faut dire qu'on n'en tenait pas une comptabilité au jour le jour répercutée par des médias.
Ce nombre est en constante augmentation depuis des années compte tenu que la population n'a cessé d'augmenter et en même temps de vieillir. Ainsi, s'il  y a davantage de morts en 2020 que les années précédentes ce sera essentiellement dû à la démographie.

Parmi ces morts, on en dénombre chaque année quelque 70.000 dont le décès serait dû au tabagisme. Et pourtant, en ces temps de confinement, on continue de vendre des cigarettes dans des emballages où il est imprimé en gros caractères "Fumer Tue!"
On en compte à peu près 45.000 qui auraient succombé en raison d'une trop grande consommation d'alcool. Pendant le confinement on continue de vendre dans les super-marchés des bouteilles de pastis, de rhum ou de whisky, breuvages qui seraient, paraît-il, des fournitures essentielles. De fait, au lieu de boire un verre ou deux au bistrot, on peut juste se péter la gueule peinard chez soi à moindre coût. Et tant pis pour l'entourage.
Chaque année on dénombre aussi près de 12.000 morts par suicide. Des suicides souvent dus à la solitude, à l'angoisse, à l'absence de lien social, au désespoir financier ou autre perte d'emploi ou de reconnaissance. Des situations rendues plus extrêmes encore par le confinement.
A ceux-là on peut ajouter une vingtaine de milliers de morts par accidents dits domestiques, du latin domesticus, à la maison. C'est sans doute pourquoi notre gouvernement oblige actuellement les gens à rester chez eux.
Enfin, on notera une autre statistique incontournable: la durée de vie moyenne des Français tourne autour de 85 ans. C'est une moyenne. Mais c'est aussi la moyenne d'âge des morts par Covid comme on oublie de nous le rappeler.
En résumé, une seule évidence s'impose: la vie est une maladie mortelle.
Il faut donc se hâter d'en profiter. Pleinement. Sans contrainte excessive. En liberté.
Alors, messieurs du pouvoir, arrêtez de faire peur et d'enfermer vos concitoyens. Arrêtez d'emmerder les Français comme disait Georges Pompidou. 

Ou encore, VIVRE ET LAISSER MOURIR comme le proclamait l'agent 007


J. Cérien
 



10 novembre

Soudain, la nostalgie de la RDA


Dans les années soixante dix l'auteur de ces lignes a eu l'occasion, pour des raisons purement professionnelles, de se déplacer au sein de feue la République Démocratique allemande (RDA). Tout, ou presque, dans ce pays y était contraste avec ce que l'on vivait dans notre monde occidental.

Cela commençait à la frontière. Côté Ouest, des militaires américains débonnaires contrôlaient les passeports et s'assuraient que nous avions tous un visa en règle. Et ils nous souhaitaient bon courage en nous laissant partir après avoir levé une simple barrière. Après la traversée d'un "no man's land" d'une centaine de mètres, c'était changement de décor. Côté Est le comité d'accueil semblait avoir revêtu les uniformes, les casquettes ou les casques de sinistre mémoire. Nous qui n'avions connu la guerre qu'à travers des films, on aurait pu se croire revenus trente ans en arrière. Nous étions bientôt entourés d'une patrouille en arme qui faisait d'abord le tour de la voiture comme pour compter le nombre de passagers. On aurait voulu forcer le passage que, devant nous, d'imposantes barrières hérissées de pointes métalliques nous auraient retenus. Et puis les autres n'avaient pas l'air de rigoler avec leur arme dirigée en notre direction. Bientôt on nous réclamait nos ausweiss, en l'occurrence nos passeports qui allaient être contrôlés. Méticuleusement. Longuement. En s'assurant, de près, que la photo correspondait bien à son porteur. Puis un engin roulant, genre de cric de mécanicien mais muni de miroirs, se baladait sous la voiture pour vérifier que personne ne s'y était caché. Après la vérification de la durée de notre séjour sur le visa, nous étions invités à changer nos marks ouestcontre des marks est. A l'époque le mark est n'avait aucune valeur reconnue dans le monde occidental. La somme ainsi échangée était, nous disait-on, destinée à pourvoir à nos besoins pendant que nous serions sur le territoire de la RDA. Nous n'allions pas tarder à découvrir que certains commerçants de l'est acceptaient d'autant plus volontiers nos marks de l'ouest qu'ils savaient comment les utiliser. Il existait en RDA quelques magasins appelés Intershop et réservés en principe aux oligarques et aux étrangers. C'étaient les seuls commerces où l'on pouvait se procurer des produits de l'ouest alors inaccessibles aux citoyens locaux de base. A condition de payer avec des devises étrangères. Faut-il dire aussi que notre Opel Kadett de base faisait un rude effet au milieu des Traban..?

Pendant toute la durée de notre séjour nous avons été régulièrement contrôlés et surveillés. Dans les hôtels il y avait même une sorte de police secrète, souvent tenue par des matrones, des chaisières plutôt. Elles étaient chargées de veiller à ce que les Allemands (et surtout les Allemandes en ce qui concernait notre équipe de mâles) ne viennent pas se corrompre en notre compagnie. Cela ne nous a pas empêchés de faire de belles rencontres et de découvrir que le voeu le plus cher de ces gens c'était d'aller vivre à l'ouest.
En RDA personne ne manquait du nécessaire. Les transports publics étaient quasiment gratuits. Les écoles formaient des têtes bien faites. Il y avait des logements et du travail pour tous, pas de chômage. Pas non plus de problèmes de vandalismes. Sur les bords de la Baltique il faisait bon se prélasser au soleil ou se baigner. Les citoyens de l'est qui le souhaitaient pouvaient (presque librement) traverser le pays dans tous les sens. Ceux qui en avaient les moyens pouvaient même voyager dans les autres pays de la galaxie soviétique.

Et pourtant il régnait en RDA une forme de tristesse et de résignation qui nous a tous marqués et q
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