L'édito du dimanche: le poisson pourrit par la tête

Michel Audiard nous avait prévenus


Voici quelques infos que nous ont épargnées nos joyeux médias subventionnés.

La première scène se passe en Eure et Loir. Le compagnon de la préfète, un honorable policier de la direction des renseignements, emprunte (sic) une voiture préfectorale pour se rendre dans les Hauts de Seine. En cours de route il provoque un accident entraînant des blessés. Ce remarquable citoyen choisit de prendre la fuite. Manque de chance, après une course poursuite il se fait arrêter par une patrouille de police. Décidément la malchance est de son côté puisqu'il est contrôlé deux fois positif. Une fois à l'alcool, une fois à la drogue.


On résume: vol (?) de voiture, conduite dangereuse, blessures involontaires, délit de fuite, conduite sous l'empire d'un état alcoolique, conduite après avoir pris des stupéfiants... L'homme est laissé en liberté. Quant à la préfète, qui bien sûr ignorait tout du comportement de son compagnon (il lui avait sans doute volé les clefs de la voiture pendant son sommeil) elle se dit très affectée. Il est vrai qu'elle est mise sur la touche par notre irréprochable ministre de l'intérieur, celui-là même qui est honteusement poursuivi, alors qu'il clame son innocence, pour une minable affaire de harcèlement sexuel ou de viol par personne ayant autorité. Bref, revenons à la préfète qui voit sa carrière d'Enarque... Ah, non, la préfète n'est pas énarque! C'est une ancienne éducatrice de rue en Seine Saint Denis qu'un ancien ministre de l'intérieur, l'espagnol Manuel Vals, avait recrutée et nommée préfète à l'égalité des chances. Et au nom de l'égalité de ses chances, sous Macron 1er l'ex-éducatrice était devenue préfète du cinquième département (par rang de population) français...

L'autre scène se passe dans le département des Ardennes. Une sous-préfète, elle aussi méritante, fête sa promotion dans un autre département. Pour célébrer cet évènement elle organise une joyeuse cérémonie avec champagne et petits-fours, aux frais des contribuables bien sûr. Le ban et l'arrière ban de la bonne société ardennaise y sont conviés, en tout quelque 75 invités, maires, préfet, procureur. Soit soixante quinze personnes autour d'un buffet alors que les bars et les restaurant sont fermés depuis des mois et que partout en France il est interdit, par ukase gouvernemental, de se retrouver à plus de six à table dans une même pièce. Faites ce que je dis et non pas...


Il est possible aussi que certains de ces nobles invités étaient sortis d'une grande école politique au sein de laquelle excellait jusqu'à il y a peu un éminent professeur de droit constitutionnel. Ce vaillant conseiller sous tous les régimes était encensé autant qu'admiré par toute l'intelligentsia parisienne. Ce grand homme est plus connu encore aujourd'hui pour ses amours pas vraiment clandestines avec un jeune garçon pas consentant... Quoiqu'à l'âge de consentir comme le disent désormais nos sénateurs primesautiers. Ce monde est merveilleux.

Pendant ce temps et pendant la pandémie, les affaires continuent à Aix-les-Bains aussi. La nouvelle municipalité (qui ressemble à s'y méprendre à la précédente) dépense l'argent sans compter. Quelques millions d'euros vont encore être engloutis dans le gouffre financier des Anciens Thermes. Lesquels, rappelons-le, n'appartiennent plus à la Ville mais à Bouygues et consorts. Le délire financier, entièrement supporté par les contribuables, a dû atteindre, sinon dépasser, les 20 millions d'euros. L'homme qui est à l'origine de ce scandale coule des jours heureux. Il le peut. Bien qu'il ait rarement exercé une vraie profession, son seul parcours politique pourrait lui assurer une retraite entre 5.000 et 6.000 euros mensuels. Sans oublier les biens immobiliers qu'il a accumulés pendant ses mandats politiques. Quant à son successeur, il n'est pas à plaindre non plus. Le foyer qu'il constitue avec une cadre municipale (eh oui) dépasse les 10.000 euros de revenus mensuels hors avantages (cf sa déclaration tardive d'intérêts à la HATVP).

Pour conclure cet édito, laissons la parole à Michel Audiard. Voici ce qu'il faisait dire à l'un de ses personnages dans un film qui remonte déjà à quatre décennies et intitulé Mort d'un pourri:

« Les combinards d’aujourd’hui occupent le temple, dirigent les journaux, subventionnent les campagnes électorales. Ils font élire ceux qui ensuite leur distribueront les marchés, leur accordant tous les passe-droits. Ils forment une nouvelle élite. Leurs descendants constitueront l’aristocratie de demain. Nous allons vers l’époque du voyou de droit divin. ».

Le poisson pourrit par la tête.

Bon re-re-con-con-confinement à tous

Jean Némar

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