C'est la combine à Nanard

Les Guignols avaient tout compris même si rien n'a changé aujourd'hui. Sinon que...


C'est un film édifiant. Il mérite qu'on s'installe confortablement et qu'on le regarde de bout en bout.
Ce film c'est le récit de la vie publique de Bernard Tapie. Il a été réalisé deux ans avant sa mort.

Cette saga commence dans les années soixante dix pour s'achever en 2019. Autant dire que c'est une biographie qui a traversé une bonne partie de notre cinquième république, qui a côtoyé six présidents de la république et bien davantage de gouvernements.

Au fil de ce récit pas vraiment hagiographique (Tapie était loin d'être un saint) on découvre les petitesses morales et les grandes largesses financières des gens qui ont dirigé ce pays pendant ce demi-siècle.
On y découvre les fourberies de F. Mitterrand et de ses proches qui ont utilisé l'homme d'affaires (l'homme des "affaires") pour, entre autres, régler des comptes politiques et se maintenir au pouvoir.
On découvre ces charlatans de la politique sous un autre jour, tel ce Pierre Mauroy faisant un jour l'apologie d'un Tapie qu'il soutient comme candidat à une élection régionale pour mieux le descendre en flamme quelque temps plus tard en jurant que ce personnage n'a rien à faire avec la gauche.
On apprend comment un Pierre Bérégovoy, homme issu de la gauche sociale et fraternelle, s'est commis en permettant à Tapie d'emprunter, auprès des banques publiques, des sommes pharamineuses qu'il était incapable de rembourser.
On comprend comment Balladur et Sarkozy ont, un temps, encouragé Tapie à se présenter à l'élection présidentielle (en 1995) avant de le plomber presque définitivement. Même si c'est sous la présidence de ce même Sarkozy que Tapie a pu ensuite rafler plus de 400 millions d'euros (d'argent public!) accordés généreusement par un conseil arbitral bien choisi.

Bref, on découvre toutes les médiocrités et les magouilles du monde politico-financier qui a régné sur la France pendant ces décennies.
Et l'on ne pourra s'empêcher de se demander si quoi que ce soit a changé depuis.

Pourtant, si, quelque chose a changé. Tapie, avec tous ses défauts et ses combines, était un homme, un vrai. Pas un "genré" des temps modernes. Un macho qui s'assumait et qui, en sortant d'une assemblée au cours de laquelle il venait, par son charme, de rouler dans la farine des personnels féminins d'Adidas, se faisait applaudir par elles. Et qui, hilare, n'en tirait que cette conclusion devant les journalistes: "Elles sont belles, hein!".
Ouais, Nanard, c'était un "vrai", un mec, un dur, dont nos actuels paltoquets à la tête du pays ne sont que des pâles copies, même si leurs moeurs politiques et morales sont tout aussi dégradées
Oui, mise à part la personnalité sans commune mesure de Tapie, il est à craindre que rien n'a changé, sinon en pire, dans les moeurs politiques françaises.
Et que c'est bien pour cette raison que notre pays s'enfonce un peu plus chaque jour vers un déclin irrémédiable.

Oui, ce film sur la vie de Bernard Tapie mérite bien qu'on s'installe confortablement pour le regarder de bout en bout grâce au lien ci-dessous. Et qu'à sa lueur on tente de mesurer ce qui se passe actuellement dans notre France où l'argent continue de mener la danse.

Le film: https://www.youtube.com/watch?v=wk0B7afgTXM

Post-scriptum: En fait, c'est les Guignols des années 1990 qui avaient tout compris de "la combine à Nanard". (voir aussi l'autre vidéo avec le lien plus bas).

Allez, salut l'artiste!

Les Guignols: https://www.dailymotion.com/video/x2wb5qz

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