Epilogue judiciaire de la curieuse agression du maire d'Aix les Bains

La haine n'était pas du côté du prévenu...


C'était le samedi 13 novembre dernier. Quatre policiers, lourdement armés, procédaient à l'arrestation d'A.B., un dangereux terroriste qui avait attenté à la vie ou à l'intégrité physique du vénérable maire d'Aix-les-Bains, et le conduisaient en cellule. (voir aussi notre article du 13 novembre)
Le lundi, après une garde à vue de 48 heures AB était assigné à résidence loin de son domicile aixois avec interdiction d'y remettre les pieds en attente du jugement. Il faut dire que ce jour-là, à l'exception des affirmations de la "victime" et d'une photo où l'on voyait A.B. tenir le bras de Beretti, il n'existait aucune preuve de l'agression.

Une telle agression supposée commise sur un élu à la réputation sans tâche (?) aurait sans doute justifié la désignation d'un juge d'instruction, lequel aurait pu exiger d'obtenir les bandes vidéos enregistrées par les deux caméras de surveillance qui entouraient le lieu de l'agression présumée. Mais que nenni.... L'affaire était simplement renvoyée à six semaines, le temps pour l'accusation de fourbir ses preuves et au mis en cause de préparer sa défense.

Et c'est ainsi que ce 23 décembre, l'accusation et l'avocat de Beretti retrouvèrent A.B. et son défenseur devant les magistrats du tribunal de grande instance de Chambéry pour juger cette affaire au fond. Et au fond, comme à l'ouest, il n'y avait toujours rien de nouveau. Etrangement, l'accusation et la partie civile étaient infichues de présenter un extrait des vidéos prises par les deux caméras de surveillance... Des caméras gérées par la Ville et donc sous l'autorité de... Beretti. Il paraît que ces caméras "tournent" sur elles-mêmes et, pour cette raison, elles n'ont pas pu filmer la scène qui se déroulait sous leurs objectifs. Est-ce très crédible?
Pour juger cette affaire, les magistrats n'avaient donc que les affirmations de Beretti. D'autant plus que les présumés témoins de la scène (présentés par le maire d'Aix les Bains) n'ont pas été en mesure d'affirmer qu'ils avaient assisté à une agression.


Tout cela n'a pas empêché le parquet de réclamer contre AB une peine de six mois de prison. C'était après que l'avocat de Beretti (avocat royalement payé par les contribuables aixois bien entendu) en ait rajouté une louche en réclamant une sanction exemplaire (prison ferme?) pour le présumé coupable ainsi que des dommages intérêts pour la non moins présumée victime. Sans oublier de demander au tribunal d'interdire désormais à AB d'habiter ni même de séjourner à Aix-les-Bains au motif que Monsieur Beretti craignait non seulement pour son intégrité physique mais aussi pour celle de son petit enfant auquel le dangereux AB aurait pu également s'en prendre (sic). A l'issue de cette plaidoirie détonante, un spectateur non engagé aurait facilement conclu que, dans cette affaire, la haine et la mauvaise foi n'étaient pas du côté du prévenu.

En l'absence de preuve formelle d'une réelle agression et d'une vraie menace pour Beretti et sa famille, le tribunal a refusé de trancher le noeud gordien. D'un côté il n'a pas donné suite aux réquisitions et plaidoirie de la partie civile réclamant, outre une peine de prison, une interdiction de séjour à Aix, de l'autre il a considéré que la "rencontre" entre le maire et AB suffisait à condamner ce dernier à une peine... avec sursis, sans interdiction de séjour. Une sorte de jugement de Salomon que l'on pourrait expliquer ainsi: en ne condamnant AB qu'à une peine légère et non applicable, le tribunal pouvait espérer que le condamné ne ferait pas appel de la décision. Et ce sera le cas.

De cette histoire on en tirera trois conclusions. La première, tirée d'une fable de La Fontaine, c'est que la raison du plus fort est toujours la meilleure, comme nous l'avons montré tout à l'heure. La seconde c'est que contrairement à ce que prétend Beretti, les caméras de vidéos surveillance, qui coûtent une fortune aux contribuables, ne servent à rien puisque elles ne sont même pas fichues d'enregistrer une agression qui se passe sous leurs objectifs. Et enfin, on adressera une mise en garde aux Aixois: ne tendez plus jamais la main (ou le poing!) pour saluer Renaud Beretti! En présentant une unique photo de ce geste et un certificat médical de complaisance il pourrait vous entraîner devant un tribunal et vous faire condamner.

Nous reviendrons bien sûr plus en détail dans quelques jours sur les circonstances qui ont fait que AB,s'est retrouvé dans cette situation fâcheuse du fait de Renaud Beretti. Et l'on se demandera aussi pourquoi le parquet s'est montré aussi sévère envers AB. Surtout quand on sait que AB, en tant que président d'une association de défense des intérêts aixois (duralaix), a déposé une plainte, bien étayée, pour des faits délictueux qui pourraient impliquer le maire actuel et son prédécesseur, et que  le même parquet semble s'être endormi sur le dossier. On y reviendra dès l'an prochain.



D'ici là, joyeux Noël à tous.




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