L'accusateur Beretti face à la question qui tue

C'est à la justice chambérienne de trancher ce dilemme


D'abord des faits, rien des faits, avérés et incontestés.

Première affaire: La semaine dernière devant le tribunal judiciaire de Chambéry ont comparu des policiers municipaux chambériens qui furent opposés nuitamment à un quidam sous l'emprise de l'alcool. Un quidam que les municipaux ont interpellé violemment après l'avoir copieusement gazé.
Pour justifier cette violence prétendument légitime, les municipaux ont prétendu dans leur rapport que l'homme les avait menacés avec un gourdin et que la seule façon de le maitriser avait été le gazage et la violence.

Devant les juges, le procureur de la république n'est pas de cet avis et pour cause: il a visionné les films enregistrés par les caméras de vidéo protection (qui pour une fois portent bien leur nom) et il a constaté que les municipaux avaient menti dans leur rapport officiel. Il a constaté que si le quidam avait bien été en possession d'un bâton une fois devant les policiers il l'avait jeté à terre et avait levé les mains. Bref les images vidéo ont démontré que des municipaux avaient sciemment menti pour faire condamner un innocent qu'ils avaient violenté.
Pour ce motif le procureur a réclamé et obtenu des peine de prison (avec sursis) et autres sanctions administratives contre les municipaux menteurs.

Seconde affaire: la même semaine, devant la cour d'appel judiciaire de Chambéry a comparu un quidam poursuivi pour violence contre... Contre un élu... municipal. En l'occurrence l'actuel maire d'Aix-les-Bains.
Les faits étant censés s'être déroulés en plein centre ville d'Aix, l'avocat du quidam a demandé à ce que soient produits les films enregistrés par les trois caméras qui vidéosurveillent l'emplacement présumé du délit. Pas de chance, lui a-t-on répondu, les films n'existent pas. Selon la mairie, les caméras n'ont enregistré que trois ou quatre images arrêtées où l'on aperçoit le quidam et le maire très proches (physiquement parlant) l'un de l'autre mais sans pouvoir dire si ils ont juste une discussion amicale et animée ou si l'un des deux a commis des gestes de violence sur l'autre.

Voilà pour les faits.

Passons aux commentaires.

Une première évidence: à en croire le procureur et les juges chambériens il existe en Savoie des policiers municipaux véreux.
Deuxième évidence: s'il n'y avait pas eu les films enregistrés par les caméras de vidéo protection, le quidam, sur le seul témoignage de ces policiers municipaux, aurait été sévèrement condamné.
Troisième évidence: à Chambéry les caméras sont capables de produire des images mouvantes (film en continu). A Aix-les-Bains, ville pourtant, et depuis des lustres, à la pointe de la vidéosurveillance, les caméras ne pourraient produire par minute que quelques images fixes d'un même site.

Et maintenant la question qui dérange:

Dans la mesure où ils ont acquis la certitude que les assertions d'agents municipaux peuvent être démenties par des images filmées par la viéosurveillance, le procureur et les juges chambériens peuvent-ils faire confiance en la parole du sieur Beretti, patron d'une police municipale qui serait incapable de fournir les images mouvantes d'un délit aussi grave qu'une agression d'élu?
Ici, on pose seulement la question, rien de plus.

Le tribunal, lui, apportera la réponse courant janvier.
Il sera alors temps de commenter.

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